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Conseils, science, sante et bien-être


VIDEOS. Drague: Les trois règles à suivre pour envoyer un sms

Publié par MaRichesse.Com sur 9 Octobre 2013, 07:49am

Catégories : #HOMME-FEMME

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En conférence de rédaction, j’ai parlé de « l’enfer du texto », ou de la difficulté de trouver les mots au début d’une histoire. Les journalistes de Rue89 ont trouvé que c’était exagéré, de parler d’enfer. Mais écrire un texto, l’envoyer, c’est bien un saut dans le vide, non ?

 

Cela provoque des petits frissons dans le dos et parfois des picotement à l’intérieur de la tête. C’est un risque que Chloé, 26 ans, ne prend jamais :

 

« Cela me met à l’abri de toute humiliation de type absence de réponse du mec alors que tu as envoyé un : “Salut, c’était cool de faire ta connaissance chez JB, ça te dit qu’on se pacse demain ?” »

 

Ceux qui ont plus de courage que Chloé – elle est une « control freak » – suivent souvent des règles bancales.


 

1. La « technique du mercredi »

Ou « technique des trois jours », ou « fais-le(a) mariner ».

 

Avant d’envoyer un SMS, il faut laisser passer un peu de temps. Combien de jours ? Quand j’étais adolescente, on me parlait de la « technique du mercredi », celle qui consiste à attendre trois jours avant de se faire remarquer (la rencontre a eu lieu le samedi).

 

« Avant, tu ne bouges pas. » Je ne bougeais pas. D’autres l’appellent la « technique des trois jours », ou disent seulement, « fais le mariner ». Barney Stinson, l’archétype de l’homme a-romantique de la série américaine « How I met your mother », explique pourquoi il faut attendre trois jours.

 

Jésus a inventé cette règle : s’il était réapparu le lendemain de sa mort, personne n’aurait remarqué sa disparition.

LA « RÈGLE DES TROIS JOURS », DANS « HOW I MET YOUR MOTHER », AVEC NEIL PATRICK HARRIS (BARNEY STINSON), CBS

En anglais.

 

 

La presse féminine américaine dit la même chose que Barney.

 

Myriam, 25 ans, qui habite à Clichy, a des intuitions concordantes. Mais le texto – moins risqué qu’un coup de fil – permet d’aller un peu plus vite :

 

« Je réponds le lendemain voire le surlendemain soir, plus tôt ça fait trop genre j’ai pas de “life”. Je dois maintenir ma réputation de fille indépendante et “busy”. »

 

Le site de rencontres Match.com a commandé une étude : les « couples » attendent 1,52 jour avant de reprendre contact, après un rendez-vous.

 

En réalité, selon les personnes interrogées pour ce sujet, quand on aime vraiment bien quelqu’un, on a le droit d’envoyer un texto le soir même (« J’ai passé un moment très agréable. A très vite »), puis le lendemain soir, par exemple.

 

Pourquoi faut-il attendre ?

 

Gisèle Harrus-Revidi, psychanalyste et directrice de recherches à l’université Paris VII-Denis-Diderot, spécialiste de la séduction, s’étonne de la question :

 

« Le désir s’exhale avec la durée. Il faut lui laisser le temps de grandir, évidemment. Vous ne pouvez pas savoir ce que mes patients disent des femmes qui se donnent trop vite... »

 

Vieux jeu ? Elle ne pense pas à Stinson, mais à Stendhal (pauvre écrivain qui se retrouve dans ce papier si léger de week-end) et à son livre « De l’amour ». Il y décrit le processus de cristallisation, qui prend sa source dans la distance et le doute :

 

« Aux mines de sel de Salzbourg, on jette dans les profondeurs abandonnées de la mine un rameau d’arbre effeuillé par l’hiver ; deux ou trois mois après, on le retire couvert de cristallisations brillantes […]. Ce que j’appelle cristallisation, c’est l’opération de l’esprit, qui tire de tout ce qui se présente la découverte que l’objet aimé a de nouvelles perfections. »

 

Matthieu, 34 ans, dans un langage moins soutenu :

 

« Ouais, faire attendre, ne pas répondre, ça marche bien. C’est comme faire semblant de draguer la copine de la fille qui t’intéresse. Mais c’est tellement triste, ces techniques. Il faut que la fille doute de son pouvoir de séduction. »

 

C’est l’essence même de l’amoureux, d’attendre. Roland Barthes (pauvre de lui, également), dans « Fragments d’un discours amoureux » :

 

« Suis-je amoureux ? – Oui, puisque j’attends. »

 

Sur Facebook après (pendant) notre première nuit

 

Le mot d’ordre : ne pas mettre l’autre sous pression. Celui qui envoie 1 200 textos, le lendemain de la rencontre, se tire une balle dans le ventre. François, 26 ans, à propos d’une fille d’un soir :

 

« Après notre première nuit, on s’ajoute sur Facebook. Evidemment, je mate son profil. Et là je me rends compte qu’elle a “updaté” son statut à midi : “Aurélie P. se réveille ailleurs...” ( suivi de dix commentaires “où ça ?” “ c’est qui ?” “lol” ). Et je calcule qu’elle a fait ça alors qu’elle était dans mon lit... Horrible. »

 

Une trentenaire célibataire se souvient, encore tendue :

 

« A peine une heure après les au-revoirs, je reçois un SMS de l’homme. Soit. C’est agréable. Le SMS est suivi d’un appel quelques minutes après. Agréable mais moins. Le lendemain, c’est le feu d’artifice. Le SMS, l’appel manqué, le message sur répondeur, le deuxième appel et la demande sur Facebook. Anxiogène. »

 

« Moi, j’ai jamais compris ce truc d’attendre »

 

Mathilde, 27 ans, fait partie de la famille des oppresseurs :

 

« Moi je n’attends pas. Je n’arrive pas à me retenir. Le gros risque c’est quand on a un BlackBerry, et son système de messagerie, on peut vite s’enflammer dans la discussion et tu sais pas comment mais tu te retrouves à faire des blagues sur des prénoms d’enfant alors que t’as couché deux fois avec le mec. Bon ben là trop tard, le mec ne répond plus. »

 

Mathilde vit avec quelqu’un, preuve que les « collants » peuvent aussi arriver à leurs fins (ils sont attachants). Le monde est bien fait.

 

Et puis, il y a ceux qui sont au-dessus de tout ça. De la stratégie en amour ? On aura tout entendu. Simon, 30 ans :

 

« J’ai jamais compris ce truc d’attendre, comme si la meuf allait réaliser soudainement et grâce à ton long silence que, oui, le mec qu’elle a rencontré samedi dernier était bien l’homme de sa vie. Soit elle le pense le soir-même soit elle ne le pense pas, et elle ne le pensera pas plus tard. »

 

 

2. Soyez spontané (mais pas trop), évitez les fôtes et patientez

 

Le contenu du message ne doit pas mettre l’autre sous pression non plus :

 

il doit être drôle, « un peu de second degré, c’est toujours bien » ;

pas trop long et naturel (vous n’y avez pas passé des heures) ;

il est conseillé de ne pas y mettre de formes interrogatives, il faut envoyer des textos comme si on lançait des petits cailloux derrière son épaule.

Sarah, 28 ans, raconte :

 

« Une fille trop “pushy” est rayée direct de la liste. Exemple : un pote a dragué une meuf en boîte. le lendemain, elle lui a envoyé un texto qui commençait par “ça va mon chat ?” Grillée direct. Il ne l’a jamais revue. Tout le monde en parle encore. »

 

Pour les exigeantes, dont elle fait partie, les peu travaillés « qu’est-ce que tu fais de beau ? » et « quoi de neuf ma belle ? », ainsi que les fautes d’orthographe trop flagrantes, sont « rédhibitoires ».

 

« Dsl, t ki ? g pa ton num dan mon tel »

 

Avant l’envoi, les mots sont décortiqués, surinterprétés, soupesés comme des sacs d’haricots (entre amies, dans une sorte de délire collectif). Entre copines, on se fait relire, alors qu’on a largement dépassé 20 ans. Natacha :

 

« Emulation générale, remise en question du texto, parti-pris, conseil, partage de cas similaires, empathie, agacement… Quelques verres plus tard, l’enjeu vous paraît moins important. Le texto est envoyé, vous reprenez la conversation, tout en jetant régulièrement un regard sur votre portable. Et soudain : “Han, t’aurais jamais dû envoyer ça, tu es folle !” »

 

Les hommes interrogés disent que c’est un truc typiquement féminin de « brainstormer » sur le contenu des textos. Mais cela n’est sûrement pas vrai. Rofold, riverain français vivant à New York, au sujet du texto :

 

« Ecrire un texto, c’est passer une heure à hésiter entre mille tournures marrantes ou désinvoltes, pour finir par écrire : “Hey ! un café un de ces 4 ?” Et le regretter juste après.

 

Dans le pire des cas, on se réveille le lendemain matin avec un “dsl, t ki ? g pa ton num dan mon tel” qui donne envie de rester au lit. »

 

Il ne faut jamais envoyer un second texto (« Tu t’es noyée dans une piscine ? », « Tu es morte ? ») à quelqu’un qui n’a pas répondu au premier. C’est un acte désespéré. C’est comme tomber à genoux. Florence Foresti en parle dans son sketch sur le SMS.

FLORENCE FORESTI SUR LE SMS

 

 

3. Ordre ou poésie ?

 

Alexandre adore les textos en forme d’ordre, du type « Viens. Maintenant ». « Ça fait un toujours un choc. »

 

Marie, 45 ans, nous raconte qu’elle est allée passer une nuit à Londres en semaine, en réponse à un SMS de ce type. Partie à 20 heures de Paris, revenue le matin pour bosser.

 

Plus tard, les textos changent de dimension. Ils deviennent poétiques, drôles, électriques, stimulants. Ils se relâchent.

 

Selon Corinne Martin, maître de conférence à l’université de Metz, qui a écrit un essai sur le téléphone portable dans les relations amoureuses, le texto sert dans un premier temps à séduire en se cachant (écran-tampon). Il est maîtrisé. Dans un deuxième temps, il permet au contraire de se découvrir :

 

« Ce sont des messages qui sont l’équivalent d’échanges épistolaires enflammés. Certains peuvent être d’un érotisme fou. Ces messages sont recopiés dans des petits cahiers, relus. »

 

Hélène se souvient d’un SMS « tu sais, je crois que je suis en train de tomber amoureux de toi » qui lui a retourné le coeur. C’était en juin dernier, à 23h32.

 

Et vous ?

 

Dans cette chanson, « Brandt Rhapsodie », Benjamin Biolay et Jeanne Cherhal s’échangent des messages sur un réfrégérateur Brandt.

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