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Marichesse.com

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Conseils, science, sante et bien-être


"Les femmes doivent travailler 77 jours de plus pour gagner autant que les hommes"

Publié par MaRichesse.Com sur 8 Avril 2014, 06:09am

Catégories : #HOMME-FEMME

Ce lundi, les femmes gagnent autant que les hommes. Mais ce lundi seulement: elles ont dû travailler 77 jours de plus pour toucher le même salaire annuel. Les explications de Christiane Robichon, présidente en France de BPW, l'association à l'origine de la journée de l'égalité salariale. 

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Où en est-on de l'égalité salariale?

On estime qu'en moyenne, les femmes gagnent 28% de moins que les hommes, selon une étude de l'Insee publiée en mars 2013. Nous avons donc choisi la date du lundi 7 avril pour organiser la journée de l'égalité salariale, car les femmes ont dû travailler 77 jours de plus que les hommes pour toucher le même salaire annuel. Le chiffre de 28% concerne les salariés du privé, à compétences égales. Une partie de l'écart s'explique par le recours au temps partiel: 80% des salariés qui y ont recours sont des femmes. Quand on supprime ce biais, la différence fluctue entre 11 et 20% selon les statuts. D'après les derniers chiffres publiés par le ministère des Droits des femmes, on peut toutefois penser qu'il y a une légère tendance à l'amélioration. 

 

Comment la France se situe-t-elle par rapport à ses voisins?

Globalement, la situation est la même partout. Aux Etats-Unis, l'écart est de 23%. Dans les pays européens où notre association est présente, comme l'Allemagne, la Suisse, l'Italie ou le Royaume-Uni, la fourchette est à peu près la même aussi: les journées "Equal pay day" s'échelonnent entre le 15 mars et le 15 avril. Le pays où l'écart de salaire est le plus faible est la Suède, avec 13,9%. Les pays nordiques sont plus avancés sur les questions d'égalité homme-femme, notamment grâce à des lois incitatives qui ont permis d'augmenter la présence des femmes dans les conseils d'administration. 

 

En France aussi, les lois se sont multipliées. Comment expliquez-vous que les inégalités se résorbent si lentement?

L'arsenal législatif est déjà fourni, mais les lois sont complexes, difficiles à appréhender et mal connues par les entreprises. Autre explication: l'absence de sanctions effectives. Mais elles ne doivent pas être que financières. Lorsque de notre audition dans le cadre de l'élaboration du dernier projet de loi sur l'égalité homme-femme, nous avons proposé que les entreprises qui ne respectent pas leurs obligations soient contraintes à suivre des formations sur l'égalité salariale ou encore les stéréotypes, à destination des employés comme des managers. On peut sanctionner, mais il faut aussi impulser une dynamique de sensibilisation. 

 

Pourquoi avoir choisi de mettre cette année l'accent sur la place des femmes dans l'artisanat?

En période de chômage élevé, la France dépend encore trop des grosses entreprises et souffre d'avoir un tissu de PME et de TPE beaucoup plus faible que ses voisins. L'artisanat est le secteur qui offre le plus d'emplois, et pourtant, seuls 23% des artisans sont des femmes. Nous voulons travailler à identifier les freins qui les empêchent d'accéder à ces métiers. Ils sont en partie liés aux stéréotypes dans l'orientation des jeunes vers le travail manuel. On conseille aux filles les métiers des services à la personne, de l'esthétique et du bien-être, moins souvent les métiers de bouche ou du bâtiment, alors que les métiers "d'hommes" restent mieux payés. Aujourd'hui, des femmes réussissent pourtant à être reconnues dans des secteurs masculins comme la mécanique de précision. Il faut valoriser ces modèles-là. 

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