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Comment l'utopie mène au crime: une nouvelle enquête sur le nazisme

Publié par MaRichesse.Com sur 13 Avril 2014, 14:18pm

Catégories : #LIVRES-A-LIRE

Le caractère monstrueux du nazisme prend racine dans l'utopie. Tel est le propos du dernier livre Crime et utopie, de Frédéric Rouvillois. L'écrivain y montre comment le rêve d'un homme parfait a entraîné la Shoah et mis l'Europe à feu et à sang.

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Votre thèse est à première vue déconcertante: le nazisme, une utopie! Qu'y a-t-il de commun entre l'utopie de Thomas More, l'Abbaye de Thélème de Rabelais, le socialisme utopique d'un Fourier et la barbarie nazie?

L'utopie, ce n'est pas seulement un gentil projet difficile à réaliser, une amélioration impossible. Ce n'est pas passer des 35h aux 22h. Si on s'en tenait à cette définition simpliste, on ne pourrait évidemment pas parler d'utopie nazie. Mais il faut rappeler que cette acception de l'utopie, où l'adjectif «utopique» s'oppose simplement à «scientifique», est assez tardive, ayant été popularisée par Marx et Engels au XIXème siècle dans leur combat contre les socialismes utopiques à la française.

 

 

 

L'utopie, c'est la disparition du conflit et du hasard: c'est un monde intégralement fluide, ce qui suppose une mainmise sur les choses, les êtres, la nature et l'histoire. Or, le noyau dur du nazisme, c'est moins le racisme que cette dimension utopique.

 

 

 

Mais si on prend le mot au sérieux, dans sa véritable définition, qui est celle des grands textes fondateurs et en particulier de l'Utopia de Thomas More, le dénominateur commun aux utopies est leur ambition de construire ici et maintenant, par la science et la technique, une société parfaite, une cité idéale, à la mesure et au service de l'homme nouveau. Un paradis terrestre qui se traduira par une réconciliation générale: réconciliation entre l'homme et la nature, réconciliation des hommes entre eux. Si la thématique de l'égalité y est omniprésente, ce n'est pas que l'égalité est un bien en soi, c'est parce qu'elle permet d'effacer les causes et la possibilité du conflit. L'utopie, c'est la disparition du conflit et du hasard: c'est un monde intégralement fluide, ce qui suppose une mainmise sur les choses, les êtres, la nature et l'histoire.

Or, le noyau dur du nazisme, c'est moins le racisme que cette dimension utopique. 


Mais alors, quelle est la spécificité de l'utopie nazie?

Il y a différentes familles d'utopies: par exemple, celles qui insistent sur la dimension morale, celles qui se focalisent sur la dimension économique, comme les utopies socialistes, ou celles qui se développent autour d'une thématique eugéniste, voire raciste. Parmi ces dernières, on peut citer la cité du soleil de Campanella au début du XVIIème siècle, où se manifeste la volonté de construire scientifiquement une humanité parfaite: une perspective que l'on retrouve dans des textes utopiques inspirés du darwinisme au XIXème siècle, comme Looking Backward, le best seller utopique de l'américain Edward Bellamy, ou sur un mode inversé, dans Le Meilleur des mondesd'Aldous Huxley, dont je souligne dans mon livre qu'il est traduit en allemand en 1932, à la veille de la prise de pouvoir d'Hitler… L'utopie nazie est l'héritière de cette tradition eugéniste, de cette volonté de construire la perfection, non seulement dans les rapports sociaux, mais dans l'homme lui-même.Jusque dans son corps. Cette importance de la biologie est telle, que certains observateurs de l'époque qualifiaient l'utopie hitlérienne de «biocratie» - indiquant qu'il s'agissait d'un système où la dimension biologique est la colonne vertébrale de l'Etat. 


De quelles traditions et mythes s'inspire l'utopie nazie?

L'utopie nazie a deux modèles . Le premier est celui de la Germanie primitive telle qu'elle est décrite et imaginée par Tacite dans son De Germania. Un système d'hommes libres qui vivent sur un mode intermédiaire entre l'autogestion et le «Führerprinzip». L'autre modèle, plus important encore, car c'est celui d'Hitler (personnellement assez peu porté sur l'archéologie germanique), est celui de l'Antiquité. Hitler est obsédé par l'Antiquité grecque. Et dans la Grèce, ce n'est pas Athènes qui l'intéresse, c'est Sparte. Le philosophe des nazis, ce ne sera pas Aristote, mais Platon. Et chez Platon, les nazis mettent en avant un texte en particulier, la République, où se trouve ébauchée pour la première fois l'idée d'une cité parfaite… Autant d'indices qui nous montrent bien que l'on a affaire à des utopistes, non pas revendiqués, certes, -les utopistes ne disent (presque) jamais qu'ils le sont - mais bien assumés. 


Vous mettez en évidence dans votre livre les racines utopiques du nazisme. Ne peut-on pas les dissocier de la réalisation effective du projet nazi, ou bien le rêve et sa réalisation sanglante sont-ils indissociables?

On ne peut dissocier l'utopie de sa réalisation, ni dans le cas du nazisme, ni dans le cas du communisme. Dans les deux cas, elles sont indissociables, et de façon évidente pour le nazisme: c'est en tant qu'utopie qu'il va établir un système de contrôle total de la société, qu'il va reconstruire les différentes institutions de l'Etat nazi, qu'il va éliminer les «poids morts» et s'engager avec une parfaite bonne conscience dans la Shoah - au motif que l'objectif visé est tellement sublime, tellement merveilleux, et qu'il se projette à si long terme, que tous les moyens sont bons pour y parvenir.

Pour répondre à la question, on pourrait dire que soit une utopie a les moyens de sa réalisation, et elle est alors nécessairement totalitaire, voire génocidaire, soit elle ne les a pas, et elle tourne en eau de boudin et en catastrophe ridicule.

 

 

 

Au fond, seule l'utopie peut susciter le génocide, car seule une entreprise ayant pour objectif la perfection absolue, l'accès de l'Homme à un état supérieur et quasi divin, pourra se permettre de déployer des moyens aussi terribles pour y parvenir. Toute utopie est ainsi génocidaire en puissance - et réciproquement, tout génocide cache une dimension utopique.

 

En quoi la logique utopiste et la logique génocidaire sont-elles intrinsèquement liées?

Le but de l'utopie est si merveilleux que tous les moyens disponibles sont bons pour le mener à bien. Au fond, seule l'utopie peut susciter le génocide, car seule une entreprise ayant pour objectif la perfection absolue, l'accès de l'Homme à un état supérieur et quasi divin, pourra se permettre de déployer des moyens aussi terribles pour y parvenir. Toute utopie est ainsi génocidaire en puissance - et réciproquement, tout génocide cache une dimension utopique. Cela se vérifie sur un plan logique ( la fin justifie les moyens), idéologique ( de nombreux «romans utopiques» évoquent, parfois explicitement, le recours au meurtre de masse) et historique ( le tragique destin du XXème siècle).

L'un des éléments constitutifs de l'utopie est l'homogénéité, ou l'unité. Selon l'angle adopté par l'utopie, cette homogénéité sera raciale (nazisme), socio-économique (communisme) ou politico-religieuse (Révolution française). Que l'on massacre les juifs, les koulaks ou les vendéens et les prêtres réfractaires, la logique à l'œuvre est toujours plus ou moins la même: faire l'unité par la violence au nom d'un idéal tellement supérieur qu'il justifie les pires exactions et l'oubli de la morale ordinaire. L'idéal autorise tous les crimes: d'où le choix du titre de mon essai. 


Existe-t-il selon vous une forme d'utopie démocratique?

La Révolution française, dans sa phase la plus sanglante, celle de la Terreur, est (en partie) une tentative de réalisation d'une République parfaite, qui commence par faire table rase de tout le passé, et de tous ceux qui s'y rattachent. Il y a à donc l'époque une forme d'utopie républicaine, que l'on retrouve de manière implicite chez le rousseauiste halluciné qu'est Robespierre, et de façon explicite chez Saint-Just, dans ses ( terrifiantes) Institutions républicaines. L'Ange de la Terreur y décrit une démocratie absolue où les hommes sont devenus ces êtres parfaits qu'évoquait Rousseau dans Le Contrat social, lorsqu'il expliquait qu'il n'y aura pas de démocratie véritable tant que les hommes ne seront pas des dieux. Mais si on part du principe qu'on doit transformer les hommes en anges, cela implique qu'il faut subvertir leur nature, les surveiller sans cesse pour s'assurer qu'ils ne retombent pas dans leur condition initiale, et exterminer sans pitié ceux qu'on ne peut transformer.

L'épisode confirme que l'utopie, en tant qu'agression contre la réalité au nom de la perfection, est toujours violente et potentiellement mortifère. 


Poursuivons- nous aujourd'hui une utopie?

C'est l'un des messages subliminaux que j'essaie de faire passer dans mon livre. Nous sommes évidemment loin d'être aujourd'hui dans une utopie totalement assumée ou cohérente, comme dans les systèmes soviétique ou nazi ou khmer, mais il me semble qu'il y a en effet des «fragments», ou plutôt des «bouffées» d'utopie, dans notre société, qui justifient d'ailleurs certaines atteintes massives aux libertés.

Même si il faut toujours rester méfiant face aux coïncidences, il y a quand même certaines choses dans le nazisme qui semblent des prémonitions de ce qui se passe aujourd'hui: je rappelle par exemple la guerre des nazis contre le tabac au nom de l'hygiénisme, leur obsession de la propreté, la thématique de la transparence, l'eugénisme et l'euthanasie, etc. 


Changer l'homme est-elle une constante de l'utopie?

L'offensive contre la famille traditionnelle, qui est un thème récurrent dans la littérature et la pratique

 

 

 

Il existe aujourd'hui une notion de perfection dans l'égalité ou la liberté, que l'on retrouve à l'arrière plan de la loi sur le mariage pour tous, dans la « théorie du genre », dans cette volonté non dite de forger un homme nouveau libéré du poids de l'histoire et du passé, des préjugés et des déterminismes.

 

 

 

utopiques, en témoigne. On y voit la condition de la perfection. Or, il existe aujourd'hui une notion de perfection dans l'égalité ou la liberté, que l'on retrouve à l'arrière plan de la loi sur le mariage pour tous, dans la «théorie du genre», dans cette volonté non dite de forger un homme nouveau libéré du poids de l'histoire et du passé, des préjugés et des déterminismes. 


Vous consacrez un chapitre de votre livre au «bonheur dans la fête» et à l'omniprésence de la célébration dans le régime nazi. Quelles formes prenait cette dimension du bonheur obligatoire et collectif?

L'aspect festif est un élément essentiel dans la construction de la société idéale nazie. Dès le départ, on note la volonté des hiérarques nazis, et en particulier d'un proche d'Hitler, le docteur Ley, le patron du Front allemand du travail, de prendre en charge non seulement le travail mais également l'ensemble des loisirs des Allemands: ce qui se traduit par la création d'un organisme gigantesque, Kraft durch Freude (KdF, «la force par la joie») qui prétend, par le divertissement, endoctriner la population et la rendre plus conforme et plus réceptive aux idéaux du régime: théâtre, cinéma, voyages, croisières, automobiles pour tous, sport à outrance, tout cela a pour but de faire régner un bonheur collectif dans le «Paradis allemand». Le Troisième Reich se veut une fête permanente, scandée tout au long de l'année par des passages obligés: en janvier, l'anniversaire de l'arrivée au pouvoir d'Hitler, au mois d'avril l'anniversaire du führer, le Congrès de Nuremberg au mois de septembre, la fête des agriculteurs au mois d'octobre, la fête de la culture allemande, etc.

L'une des caractéristiques les plus saisissantes de l'utopie est cette volonté d'instaurer un bonheur obligatoire et collectif, à travers la célébration du «Nous». 


Peut-on rapprocher cette vision du festivisme contemporain?

Le festivisme contemporain est intrinsèquement individualiste. C'est une fête qui est d'abord celle de l'individu, perdu dans la «foule solitaire». A cet égard, il n'y a pas grand-chose de commun entre la fête de la musique et le Congrès de Nuremberg! Mais malgré tout il y a de part et d'autre cette volonté d'instaurer un bonheur permanent, même si les moyens d'y parvenir sont opposés.

 

 

 

Pour le nazi, la vie n'est pas un absolu intangible et sacré, elle n'est pas un bien en soi, elle n'est bonne que lorsqu'on la vit dans la perfection biologique et raciale, dans la dignité mentale et physique.

 

 

 

Vous parlez du concept de «gnadentod» «mort infligée par pitié», au centre de l'utopie eugéniste nazie...

L'idée, ici, est que ce bonheur auquel tout homme à droit, le handicapé ne peut y prétendre, et qu'il empêche les autres, les «sains», d'y accéder: c'est pourquoi mettre fin à sa vie, c'est lui enlever quelque chose de mauvais, c'est lui épargner d'interminables souffrances. C'est se montrer pitoyable… Pour le nazi, la vie n'est pas un absolu intangible et sacré, elle n'est pas un bien en soi, elle n'est bonne que lorsqu'on la vit dans la perfection biologique et raciale, dans la dignité mentale et physique. C'est en se réclamant de la tradition grecque et du précepte «mens sana in corpore sano» que les nazis vont développer cette pratique de l'euthanasie.

Une tendance que l'on retrouve à certains égards dans les thématiques contemporaines de l'avortement et de l'euthanasie: c'est au nom de ce canon utilitariste que l'on réclame le droit de se débarrasser d'un enfant à naître handicapé, ou d'une personne malade, au nom d'une vision de l'être digne comme être sain, être complet, être-qui-ne-souffre-pas. On établit un canon, et ceux qui ne rentrent pas dans le modèle sont susceptibles d'être éliminés. «Par pitié», prétend-on. 


En voulant instaurer le paradis sur terre, l'utopie n'est-elle pas l'opposé exact de la promesse chrétienne d'un au-delà?

L'utopie singe le christianisme sur tous les plans. Mais elle part du principe qu'on peut établir une société parfaite sans l'aide de la grâce. Un grand nombre d'hérésies chrétiennes sont à l'œuvre dans l'utopie, et notamment le pélagianisme, l'idée selon laquelle il n'y a pas eu de péché originel. L'homme n'est pas pécheur, il n'est pas fautif, et le Christ n'est donc pas venu pour racheter le péché de l'homme. Dès 1935 le juriste René Capitant expliquait que les nazis ne croient pas dans le péché originel, et qu'ils estiment que l'homme peut accéder lui-même à la perfection, par son effort, sa raison et son travail. En ce sens le nazisme est très exactement le contraire du christianisme, qui se fonde sur l'idée d'un homme pécheur et imparfait, devant ici bas se résigner à cette imperfection, et ne pouvant espérer la surmonter que dans l'au delà. Le noyau dur de l'utopie va donc à l'encontre du noyau dur du christianisme. Au fond, l'utopie n'a pas besoin de Dieu, elle se suffit à elle-même. C'est d'ailleurs ce que développe Hitler dans ses conversations avec Rauschning, un conservateur chrétien au départ proche des nazis: il se vante de pouvoir faire disparaître le christianisme et lui explique que son objectif est de faire de l'homme aryen, de l'homme véritable, une sorte de Dieu. 


Quels ont été les rapports entre nazisme et christianisme sous le Troisième Reich?

Toutes les utopies, qu'elles soient littéraires ou pratiques, ont un rapport très tendu avec les religions existantes: soit elles les éliminent, soit elles les autorisent, mais en les transformant et en les soumettant à leurs principes. C'est ce que va tenter de faire le nazisme, notamment avec le groupe des Deutsche Christen, les chrétiens allemands, qui se constituent au début des années 1930 et adoptent un drapeau rouge avec un cercle blanc, avec au milieu une croix noire au centre de laquelle figure la croix gammée. Leur Christ à eux n'est plus un Christ souffrant, mais conquérant, triomphant, et bien sûr…aryen! Ce nouveau christianisme est d'ailleurs épuré de toute référence à l'Ancien testament, ainsi que des épitres de Saint Paul, que les nazis jugent infectées de «juiverie» et d'universalisme, et de ce qui semble relever de la «superstition». On ne veut garder du christianisme que ce qui reste conforme à la «raison», car le nazisme se veut moderne, et «scientifique».

 

 

 

Le ventre fécond, c'est la démesure et la folie de l'homme, la conviction toujours vivace qu'il peut devenir une sorte de Dieu et réaliser la perfection ici-bas. C'est la tentation éternelle, telle qu'elle a été formulée dans la bouche du serpent de la Genèse « Vous serez comme des dieux ».

 

 

 

Votre livre nous invite à «rester sur nos gardes». En d'autres termes, croyez-vous, comme Brecht, au «ventre toujours fécond d'où est sorti la bête immonde»?

Le ventre fécond, c'est la démesure et la folie de l'homme, la conviction toujours vivace qu'il peut devenir une sorte de Dieu et réaliser la perfection ici-bas. C'est la tentation éternelle, telle qu'elle a été formulée dans la bouche du serpent de la Genèse «Vous serez comme des dieux».

La meilleure preuve que ce ventre est fécond, c'est que les génocides et les utopies ne sont pas éteints avec le procès de Nuremberg. On a eu le Cambodge, le Rwanda, la purification ethnique en Yougoslavie, le drame de Guyana. Cette folie de l'homme qui pense qu'il peut singer Dieu sera toujours présente, car le mot de Pascal est de tous les temps: «qui veut faire l'ange fait la bête». Le piège de l'utopie serait de nous faire croire qu'elle n'est plus dangereuse. 


Vous citez dans votre livre Berdiaeff qui en appelait à «éviter les utopies et retourner à une société non utopique, moins «parfaite» et plus libre» . Est-ce à dire que la politique doit renoncer à avoir un horizon régulateur, un idéal?

Cela ne signifie pas que la politique doit renoncer à améliorer les choses, mais simplement, qu'elle doit renoncer à aller au-delà du possible, qu'il lui faut renoncer à la perfection et à l'absolu qui ne sont pas de ce monde. Lorsque la politique se mêle d'absolu, au mieux elle échoue, au pire elle bascule dans le totalitarisme. Il ne s'agit pas de tomber dans une forme de cynisme pragmatique, mais de renoncer à faire de l'homme un ange, en sachant ce qui arrive toujours lorsqu'on s'y essaie. 


L'envers du renoncement à l'utopie au nom de l'expérience totalitaire ne serait-elle pas le relativisme généralisé?

Quand les philosophes antiques (Aristote notamment) ou chrétiens (Saint Thomas d'Aquin) parlent de perfection humaine ils ne disent pas pour autant que c'est à l'Etat de réaliser cette perfection. Le christianisme ne renonce pas à la poursuite de la sainteté. Mais la sainteté est individuelle. L'Etat n'est pas là pour créer un peuple de saints ou de purs de manière artificielle et selon ses propres critères. C'est là toute la différence entre la démarche utopiste et une forme d'essentialisme chrétien. La perfection et le salut sont d'ordre individuel, il n'y a pas de salut collectif. C'est à cela qu'il faut se résigner: ce qui laisse tout de même une grande marge de à la liberté humaine. 

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