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Virginité à vendre: Le capitalisme est-il à la porte des «chattes»?

Publié par MaRichesse.Com sur 1 Avril 2014, 10:06am

Catégories : #HOMME-FEMME

Mettre sa défloraison en vente sur la Toile ou se préserver jusqu’au mariage ? La virginité, cet état fantasmé par l’homme, revient sur le devant de la scène. Mais cette fois, ce sont les filles qui mènent la danse.

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Elizabeth Raine, une étudiante américaine de 27 ans, vient de mettre sa virginité aux enchères sur un site aux allures de catalogue de lingerie fine. En septembre 2008, une autre jeune femme, Nathaly Dylan, avait rencontré un succès fulgurant en s’adonnant au même exercice dans l’espoir d’obtenir une bourse universitaire. Elle avait reçu quelque 10 000 propositions à la suite d’une émission de radio. Interrogée sur la signification de sa démarche, Nathaly Dylan avait répliqué : « Nous vivons dans une société capitaliste. Pourquoi ne serais-je pas autorisée à capitaliser sur ma virginité ? ». Ces dernières années, une dizaine de jeunes femmes ont marchandé leur « première fois » sur la Toile. Leur motivation ? Susciter la polémique, financer leurs études, attirer l’attention sur elles, mais également sur un concept toujours fantasmé par les hommes, celui de la virginité.

Dans le même temps, les « bals de la pureté » aux États-Unis font fureur. Le principe : des adolescentes font le serment, devant leur père, de se préserver jusqu’au mariage. Monnaie d’échange ou acte « sacré », les femmes s’emparent de la virginité, à tort ou à raison. Analyse du phénomène avec Yvonne Knibiehler, historienne et auteure de la Virginité féminine aux éditions Odile Jacob.

 

Madame Le Figaro. – Quel est le regard porté par les femmes sur la notion de virginité aujourd’hui ?

 

Yvonne Knibiehler. – Autrefois, l’un des arguments qui donnait le plus de valeur à la virginité était celui de la grossesse. Lorsque l’acte sexuel était principalement associé à un acte de procréation, se préserver pour le mariage permettait de maîtriser sa descendance, sa lignée. Cette justification a été écartée par la démocratisation des moyens de contraception, et son caractère symbolique avec. Mais la virginité revêt une importance encore très forte pour les hommes. Déflorer une fille, c’est en faire une femme, c’est une façon de déployer sa force masculine, d’exercer une forme de domination. La gent féminine s’empare aujourd’hui de cette virginité fantasmée par les hommes pour servir sa propre cause. Alors que la peur et l’inquiétude physique de la première fois ne sont souvent plus primordiales, les femmes ont bien compris qu’elles pouvaient encore s’en servir pour manipuler « le sexe fort ». Derrière ces ventes aux enchères, se cachent la désacralisation de la virginité, la prise de conscience du pouvoir sexuel de la femme mais également une question de moralité, propre à chacune. C’est aussi une manière, qui peut être maladroite, de dire « Je fais ce que je veux de mon corps ».  

 

D’où vient la sacralisation de la virginité par les hommes ?

C’est du christianisme que naît l’idée de la virginité comme valeur morale avant le mariage. Deux arguments étaient alors valables : protéger sa descendance et assurer la fidélité de sa femme, en exerçant une forme de domination, d’assujettissement par la sexualité. La figure de la Vierge Marie incarne parfaitement ce fantasme masculin. Les psychanalystes s’accordent à dire qu’elle renvoie à une exigence de virginité du fils envers sa mère, qui se répercutera au moment où il devra lui-même trouver une femme. Un désir qui se développe alors que le bébé est encore dans l’utérus et qu’aucun rival n’existe encore. Après la naissance, cette aspiration se prolonge avec le complexe d’Œdipe, lorsque le petit garçon projette son désir amoureux sur sa mère. L’idée principale est alors celle de l’appartenance.

Plus tard, elle se trouve reportée sur le concept de défloraison. Dans le psychisme de l’homme, être le premier à pénétrer l’intimité d’une femme, correspond, à s’approprier l’être convoité. Par l’acte sexuel, elle devient sienne. Mais cela peut aussi être un appel à l’aide : l’homme va chercher à s’éloigner des tentations lorsqu’une femme choisit de s’offrir à lui pour la première fois. Il peut l’envisager comme un don qui va lui permettre de s’écarter de ses pulsions. 

 

 

Comment expliquez-vous le retour en force des vœux de chasteté et autres bals de pureté aux États-Unis ?

Les adolescentes parlent souvent de « se débarrasser de leur virginité », comme quelque chose d’encombrant, qui pèse sur leurs épaules. Mais si la valeur morale de la virginité tend à disparaître, la première fois représente tout de même le passage de l’enfance à l’âge adulte. Aux Etats-Unis, le vœu de chasteté peut être un argument pour attirer l’attention des jeunes filles sur l’importance de respecter leur corps et de se respecter en général dans une société où tout, ou presque, relève de la sexualité. L’idée est de parvenir à la maitrise de son propre corps, de parvenir à le dominer pour être plus disponible aux autres. Lors de ces bals de chasteté, le père avertit sa fille, lui recommande d’apprendre à maitriser le désir physique pour devenir plus forte. Tout banaliser au principe de la liberté sexuelle et de la libération des mœurs, c’est peut-être faire preuve de faiblesse. Le plus fort impose toujours sa sexualité au plus faible. Faire vœu de chasteté s’apparente donc à un moyen de « contrôler » ses pulsions.  Mais c’est aussi une autre manière de miser sur sa virginité, cette fois dans le but de trouver le compagnon idéal. Finalement, dans les deux cas, le fantasme masculin se trouve alimenté, qu’il s’agisse de vendre sa défloraison sur la Toile ou de l’ériger comme valeur absolue. 

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