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Poutine conserve toutes ses options et regarde les Occidentaux gesticuler

Publié par MaRichesse.Com sur 11 Mai 2014, 00:11am

Catégories : #NEWS

L'appel du président russe à reporter leur référendum d'autodétermination n'a pas été entendu par les prorusses du Donbass ukrainien. Mais il a permis à Poutine de gagner du temps sur d'éventuelles nouvelles sanctions économiques. Et de garder les mains libres.

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«Poutine ne commande pas le Donbass.» Telle était, jeudi après-midi, la une du site Internet russe gazeta.ru. Passant outre la consigne de Vladimir Poutine, les séparatistes de la «République populaire de Donetsk» ont voté jeudi le maintien du référendum d'autodétermination prévu dimanche. Le Kremlin n'a pas souhaité réagir immédiatement. «Il y a de nouveaux développements. Il nous faut le temps de les analyser», s'est contenté d'indiquer Dmitri Peskov, le porte-parole du président russe. 


Que le référendum se tienne ou non, l'effet escompté par le Kremlin est déjà là. «Jusqu'ici, les Occidentaux accusaient Moscou de soutenir les organisateurs du référendum séparatiste pour empêcher la présidentielle en Ukraine. Les propos de Vladimir Poutine privent les partisans d'une ligne dure contre Moscou de prétexte pour lancer un troisième train de sanctions», relève le quotidien de référence Kommersant. Pour le journal, ce changement de ton de Vladimir Poutine est le signe «d'intenses tractations avec les Occidentaux», et notamment avec les Allemands. 

 

Car à Moscou, le business russo-allemand, c'est sacré. Si le Kremlin se gausse facilement des menaces américaines, il raffole moins des mises en garde de Berlin. C'est Angela Merkel qui a ouvert une brèche en brandissant, en fin de semaine dernière, la menace de sanctions économiques. C'est également elle qui a mis en avant l'OSCE comme outil de sortie de crise. Rassuré, le ministre allemand des Affaires étrangères salue maintenant le «ton constructif» de Vladimir Poutine. «Nous sommes peut-être à un moment décisif», a même déclaré Frank-Walter Steinmeier. 


Cette embellie est trop timide pour restaurer durablement la confiance, mais elle peut déjà permettre à Moscou de reporter plus aisément la responsabilité d'un échec sur Kiev et Washington. Sans même prendre le temps d'étudier la feuille de route négociée par le président de l'OSCE, le gouvernement de Kiev s'est empressé de dénoncer une «moquerie». De son côté, le secrétaire d'État adjoint William Burns, en déplacement au Kazakhstan, a une nouvelle fois dénoncé la politique «dangereuse et irresponsable» de la Russie. 


L'équation est posée. Moscou reprend langue avec Berlin - du point de vue de l'élite russe, c'est la priorité - tout en laissant Kiev et Washington gesticuler. Cela déporte aussi l'attention de la Crimée, où le président russe est attendu ce vendredi pour les célébrations de la Victoire, à l'issue du défilé sur la place Rouge. «Soyons réalistes. La Crimée, il faut s'asseoir dessus. On n'en est plus là», confirme une source diplomatique européenne. 


Reste que Vladimir Poutine a, lui, toujours les mains libres. En insistant sur la nécessité d'un «dialogue pan-national» pour garantir les intérêts des citoyens du Sud-Est, il conserve toutes ses options. Selon le site Internet gazeta.ru, «on peut toujours revenir en arrière, y compris aux scénarios de force». Hasard du calendrier, le président russe supervisait jeudi plusieurs tirs de missiles. Le message est clair: la Russie est puissante. Et la mansuétude de son chef, conditionnelle. 

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