Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


Pourquoi les passagers du vol MH370 ne se sont-ils pas servi de leurs téléphones pour appeler à l'aide?

Publié par MaRichesse.Com sur 18 Mars 2014, 17:43pm

Catégories : #NEWS

On se souvient tous du vol 93 United Airlines et de ses passagers qui avaient passé des communications téléphoniques avec le sol après le détournement de leur avion, le 11 septembre 2001

femmes d’affaires

Une des questions qui revient le plus souvent parmi nos lecteurs est la suivante: pourquoi les passagers à bord du vol Malaysia Airlines MH370 ne se sont-ils pas servi de leurs téléphones pour appeler à l'aide? On se souvient tous duvol 93 United Airlines et de ses passagers qui avaient passé des communications téléphoniques avec le sol après le détournement de leur avion, le 11 septembre 2001. Vue la notoriété planétaire de l'événement, on a du mal à comprendre pourquoi aucun passager du vol de la Malaysia Airlines n'a tenté quelque chose de comparable.

Un élément de réponse réside dans la possibilité que, du moins au départ, la majorité si ce n'est la totalité des passagers n'a pas eu conscience d'un quelconque problème à bord de l'avion. Rien ne dit que le détournement se soit fait avec violence; l'hypothèse de plus en plus crédible parmi les enquêteurs, c'est que le commandant de bord s'en soit lui-même chargé. A ce moment-là, il était plus d'une heure du matin, et le gros des passagers était sans doute endormi. A part quelques lueurs occasionnelles provenant de bateaux, la mer en-dessous de l'appareil devait être totalement noire. Et dans une telle situation, sans référents visuels ni instruments de navigation, il est quasiment impossible de déterminer son orientation.

La seule façon pour un passager de détecter un changement de direction aurait été de suivre le plan de vol sur les écrans individuels installés en cabine –un système que le cockpit peut très facilement désactiver. «Il y a des disjoncteurs pour tous ces trucs», explique Gerard Baer, commandant de bord de Boeing 777, aujourd'hui à la retraite.

Selon certaines sources, après avoir coupé son transpondeur et bifurqué vers l'ouest, l'avion serait brutalement monté à une altitude de 13.700 mètres, pour effectuer ensuite une descente encore plus violente. Si c'est exact, une telle manœuvre a très probablement alerté les passagers. 


Aucune couverture réseau

Mais difficile de savoir quelle crédibilité accorder à de telles données, vu qu'il semble assez peu probable qu'un Boeing 777-200ER en pleine charge ait pu atteindre une telle altitude, et tout bonnement impossible qu'il ait effectué une descente aussi rapide. Ces mesures pourraient donc être le fait d'instruments défectueux.

Dans tous les cas, dès qu'un avion dépasse les 10.000 mètres, les téléphones portables ne fonctionnent plus. «A 1.000 mètres, vous pouvez passer un appel, mais au-dessus, oubliez, explique Wouter Pelgrum, professeur-adjoint en génie électrique à l'Université de l'Ohio.Vous n'avez aucune couverture réseau.» Une partie du problème, poursuit-il, c'est que les antennes-relais sont pointées vers le bas, vers le sol, pas vers le ciel. Si vous survolez une ville, avec une couverture réseau dense, là vous aurez peut-être une chance, mais pas si vous êtes au-dessus d'une zone rurale, et encore moins d'un océan.

Quid alors des passagers du vol United 93? La plupart de leurs appels ont été passés avec des GTE AirFones, une technologie qui n'est plus en service et qui utilisait les ondes radios pour communiquer avec le sol. Malaysia Airlines offre pour sa part un service de «téléphonie air-sol» à ses passagers de première classe, qui leur permet aussi d'envoyer des courriels –là aussi très facilement désactivable par le commandant de bord. Ce n'est qu'aux derniers moments du vol United 93, quand l'avion s'approchait de Washington en passant en-dessous des 3.000 mètres, que quelques appels téléphoniques classiques ont pu être effectués.

Il a récemment été question de l'autorisation accordée par la FAA aux téléphones portables à bord des avions, mais il faut pour cela que les compagnies aériennes équipent leurs appareils d'une autre technologie, les «pico-cellules», soit fondamentalement des antennes-relais miniatures disséminées au sein de l'avion et redirigeant le signal vers le sol. Le vol MH370 n'était visiblement pas équipé d'un tel système –et même si c'était le cas, vous l'avez maintenant compris, le commandant de bord aurait très bien pu le désactiver.

Mais un téléphone aurait pu être utile

Ce qui ne veut pas dire que, dans un tel scénario, un téléphone portable aurait été complètement inutile. S'il n'est pas en mode avion, un téléphone envoie toutes les vingt secondes environ un signal pour tenter de localiser l'antenne-relais la plus proche (et c'est pour cela qu'il est pertinent de mettre son téléphone en mode avion pendant un vol, même si vous n'avez pas peur de causer des interférences avec les instruments de navigation: le processus, aussi constant qu'infructueux, siphonne au bout d'un moment votre batterie).

Même si votre téléphone ne se connecte pas à un réseau, c'est une source de radiations électromagnétiques détectable par des oreilles indiscrètes. «Si vous avez 200 téléphones qui émettent à tout de rôle un signal de 6/10e de watt, ça vous fait un sacré concert», explique Paul Czarnecki, pilote et technicien de réseaux mobiles. «Les Etats-Unis ont des stations d'écoute partout dans le monde qui enregistrent et numérisent le moindre signal aérien. Je suis totalement stupéfait qu'on ne sache toujours pas où se trouve l'avion.»

Une raison expliquant cette absence de signaux pourrait être que tous les passagers avaient leurs téléphones en mode avion et que personne n'a décelé de problème dans la trajectoire de l'appareil. Si l'avion s'est finalement posé près du Kirghizstan, il a sans doute atterri à l'aube, laissant aux passagers très peu de temps pour saisir, grâce au paysage défilant à l'extérieur de leurs hublots, que quelque chose n'allait pas –et, au moment de le comprendre, ils se seraient situés dans une zone très peu peuplée, avec une couverture réseau quasi inexistante et/ou à une altitude basse où toute transmission électronique est difficilement détectable.

15 minutes d'oxygène

Et dans le cas où, plus tôt dans le trajet, des passagers auraient décelé un problème et tenté de faire quelque chose, il est aussi possible que le pilote ait rapidement réagi pour les arrêter. «Le pilote peut augmenter l'altitude de la cabine [ie. réduire la pression pour qu'elle corresponde à une certaine altitude au niveau du sol] jusqu'à son altitude de croisière», explique Rick Solan, pilote de Boeing 777.

En substance, le pilote peut dépressuriser la cabine, ce qui, à une altitude de 10.000 mètres, peut faire s'évanouir les passagers en quelques secondes s'ils n'attrapent pas leur masque à oxygène (qui se déploient automatiquement en deçà d'une certaine pression). Mais en étant obligés d'aspirer l'air d'un tube, les passagers sont immobilisés à leur siège et, dans tous les cas, l'oxygène généré chimiquement s'épuise au bout de 15 minutes.

C'est un scénario cependant bien sombre et il y a de bonnes raisons de penser que la personne, quelle qu'elle soit, qui a pris possession du MH370 a tout fait pour l'éviter. Si le motif le plus évident au détournement d'un avion rempli de ressortissants chinois –c'est-à-dire obtenir un moyen de pression politique via la demande d'une rançon– s'avère être le bon, les tuer signerait l'échec de toute la mission.

Compte-tenu de la subtilité de la stratégie déployée, il est plus probable (si on estime que l'avion n'a pas fini sa course au fond de l'océan Indien) que les passagers soient restés calmes et silencieux grâce aux techniques que mettent en œuvre quotidiennement tous les pilotes d'avion du monde: en exerçant leur autorité de commandant de bord et en offrant une explication a priori plausible au retard et au changement de trajectoire.

Jeff Wise - Source

Commenter cet article

Archives