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Conseils, science, sante et bien-être


Pourquoi avons-nous tendance à remettre les corvées et les prises de décisions pénibles à plus tard?

Publié par MaRichesse.Com sur 20 Janvier 2014, 01:08am

Catégories : #DEVELOPPEMENT

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Pour le philosophe britannique Derek Parfit, nous n’avons pas une vision continue de notre identité dans le temps, mais nous nous voyons plutôt comme une succession de personnes différentes. Cela explique pourquoi parfois, nous prenons des décisions désastreuses, ou pourquoi nous ne nous projetons pas assez dans l’avenir. Le petit garçon qui commence à fumer ne pense pas qu’il sera un jour un adulte dépendant de la cigarette. « Son attitude à l’égard de lui-même est, d’une certaine manière, similaire à son attitude à l’égard des autres personnes », écrit Parfit dans son ouvrage controversé « Reasons and Persons ». Les psychologues commencent à lui donner raison.

Ils ont découvert que nous voyons nos futurs nous-mêmes comme de parfaits étrangers, et que ceci amoindrit notre capacité à prendre de bonnes décisions. Lorsque nous ne respectons pas nos bonnes résolutions du Nouvel An, c’est peut-être parce que nous les ressentons comme une promesse faite par quelqu’un d’autre.

Le professeur Hal Hershfield et ses collègues de la Stern School of Business de New York ont étudié les changements dans l'activité cérébrale de personnes à qui l’on avait demandé d’imaginer leur avenir, puis de penser à leur présent. Ils ont découvert que les régions du cerveau qui sont associées à la conscience de soi étaient beaucoup moins actives lorsque ces personnes pensaient à elles dans leur avenir.

De plus, les chercheurs ont constaté que l'idée du «futur moi dans une décennie » provoquait la même activité cérébrale que lorsqu’on demandait aux sujets de penser à des acteurs comme Matt Damon ou Natalie Portman. « Sur un plan psychologique et émotionnel, nous considérons nos futurs nous-mêmes comme une personne totalement différente», explique Hershfield.

Cette déconnexion entre notre présent et notre vision de nous-mêmes dans l’avenir a des implications sur la façon dont nous prenons nos décisions. Nous pouvons être incités à procrastiner, et avoir la tentation de laisser notre autre nous-mêmes s’arranger seul avec les problèmes ou les corvées, ou n’envisager que le plaisir d’une activité, sans penser à ses conséquences futures sur notre santé, par exemple.

Mais le contraire est vrai aussi : nous pouvons améliorer cette relation entre le nous d’aujourd’hui et celui de notre avenir pour prendre des décisions plus rationnelles. Une recherche menée par Anne Wilson, une psychologue de l’université Wilfrid Laurier au Canada, a montré qu’il était possible de manipuler la perception du temps des gens en modifiant les dates de leurs agendas pour rapprocher, ou au contraire éloigner deux échéances. « Utiliser une échelle du temps plus longue favorise une plus grande connexion des gens avec leur avenir », conclut-elle. Les participants à une étude de Hershfield avaient l’intention de placer plus d’argent dans un fond de pension lorsqu’on leur présentait des photos numériquement vieillies d’eux-mêmes.

Les résultats de ces travaux ont inspiré des compagnies d’assurance. Le géant de l'assurance Allianz finance maintenant un projet pilote au cours duquel on va montrer des portraits d’eux-mêmes numériquement vieillis à des fonctionnaires en charge des allocations de retraite. Merrill Edge, une filiale de Bank of America, propose à ses clients un service appelé Face Retirement, dans lequel on montre au client des photos vieillies de lui-même décennie après décennie, accompagnées de projections concernant le coût de la vie et de suggestions d’investissement. Quant au professeur Hershfield, il cherche à savoir si des photos modifiées d'eux-mêmes peuvent aider des gens à perdre du poids. 

Source 

 

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