Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


Les étranges sources de revenu de la Reine d'Angleterre

Publié par MaRichesse.Com sur 25 Mars 2014, 01:37am

Catégories : #RICHESSE

Souvent classée parmi les personnes les plus riches du monde, la reine Elisabeth II est en réalité dépendante d’un système très complexe de subventions publiques. Un chroniqueur britannique décortique les sources mystérieuses de ses revenus. 

reine-elisabeth-2-lors-celebrations-jubile-diamant.jpg

La reine d’Angleterre n’a plus que quelques centimes en poche. Enfin, je devrais plutôt dire quelques millions de centimes. En janvier, le comité parlementaire des comptes publics, chargé de surveiller les dépenses de l’Etat, a publié un rapport accablant sur l’état des finances royales. La reine a utilisé presque tout le “fonds de réserve”, un compte épargne alimenté grâce à des années de subventions publiques excédentaires : il a atteint le record historique de 1 million de livres [1,2 million d'euros], contre 35,3 millions [43 millions d'euros] en 2001.

 

Chercher à comprendre les finances royales revient à vouloir manger des spaghettis avec une cuillère. La reine Elisabeth II est souvent classée, selon les listes, parmi les personnes les plus riches du monde. Son patrimoine immobilier privé comprend notamment le château de Balmoral et son parc de 20 200 hectares, une propriété située dans les Highlands que le prince Albert a acheté pour la reine Victoria en 1848. La reine Elisabeth a aussi des haras, une collection d’art et des bijoux de luxe. Selon le magazine Forbes, sa fortune atteint 500 millions de dollars [365 millions d'euros].

 

Si la reine est si riche, comment peut-elle être sur la paille ? En 2010, il a été révélé qu’elle avait même fait une demande de prêt en son nom auprès d’un fonds public habituellement réservé aux familles modestes, et ce, pour contribuer au paiement des factures de chauffage du palais de Buckingham. Alors que cette demande a été refusée, un fonctionnaire précisait : “Je redoutais un peu la réaction négative des médias si la royauté obtenait une subvention aux dépens d’un hôpital, par exemple.” Pourquoi la reine est-elle réduite à agir comme si elle vivait dans un logement social appartenant à l’Etat ?

 

Elisabeth II vit bel et bien dans un logement public 

 

Techniquement, elle vit bel et bien dans un logement public – il se trouve qu’il est particulièrement majestueux. Le palais de Buckingham n’appartient pas à la reine, mais à la nation. Ainsi, malgré sa fortune, elle ne s’estime pas responsable de l’entretien de la résidence, puisqu’elle n’y vit qu’en raison de ses fonctions officielles. Cette bataille sur la responsabilité des différentes dépenses cache l’ambiguïté fondamentale d’une démocratie parlementaire dirigée par un monarque héréditaire.

 

La confusion a commencé en 1760. Le roi George III avait accumulé une dette de 3 millions de livres – une somme colossale qui équivaudrait aujourd’hui à 500 millions de livres [soit 605 millions d'euros]. Pour s’en sortir, il a remis au gouvernement la gestion de presque tous ses biens ainsi que les revenus qui en étaient issus. En retour, il recevait une dotation annuelle fixe, appelée liste civile. C’est ainsi que le gouvernement britannique a pourvu aux besoins de la famille royale pendant deux cent cinquante ans. En 2012, le Parlement a aboli la liste civile et l’a remplacée par une “subvention de soutien au souverain”.

 

Plutôt que d’accorder à la reine une somme fixe et une série d’aides, il lui a été remis une enveloppe correspondant simplement à 15 % des profits tirés du domaine royal. Ce nouvel arrangement est rémunérateur, puisqu’il a rapporté 37,9 millions de livres [46 millions d'euros] en 2014, une augmentation non négligeable par rapport aux 36,1 millions [43,7 millions] de 2013. Malgré un nom au singulier, le domaine royal comprend un vaste ensemble de propriétés qui appartiennent à la royauté en tant qu’incarnation de l’Etat, mais pas au souverain en tant qu’individu. Parmi les biens appartenant à la nation se trouvent le palais de Buckingham, le château de Windsor, une collection royale d’art réputée dans le monde entier et les joyaux de la Couronne. La reine pourrait, si elle le désirait, vendre le château de Balmoral sans préavis car il lui appartient ; ce n’est pas le cas de Buckingham.

 

La monarchie est une entreprise rentable

 

Il existe par ailleurs des revenus cachés. Les duchés de Lancaster et de Cornouailles, par exemple, représentent un patrimoine immobilier colossal “détenu en fiducie” par la souveraine et l’héritier du trône, respectivement, outre le domaine royal. En 2013, la reine a reçu 12,7 millions de livres [15,3 millions d'euros] grâce au duché de Lancaster et le prince de Galles a obtenu 19,1 millions de livres [23,7 millions d'euros] du duché de Cornouailles.

 

Dans l’ombre de ces subventions publiques extravagantes accordées à la monarchie se trouve l’austérité, imposée par le gouvernement depuis 2010 avec un programme qui a engendré une grande colère populaire. Les privilèges sociaux accordés aux ministres du gouvernement suscitent également une certaine hostilité.

Et pourtant, ce courroux n’a presque jamais dégénéré en un scandale sur le financement de la royauté. Moins de 20 % des Britanniques souhaitent l’avènement d’une république, un chiffre qui n’a pas évolué depuis cinquante ans. Au contraire, un sondage de 2013 a révélé que 45 % des citoyens britanniques étaient “très favorables” à la monarchie, contre 27 % en 2006.

 

Pour les royalistes, qui font valoir que l’économie bénéficie du tourisme lié au folklore royal, la monarchie est une entreprise rentable. Et selon eux, mieux vaut un chef d’Etat sans affiliation politique qui sait unir la nation qu’un politicien élu susceptible de créer des divisions. Pourtant, la notion de monarchie en tant qu’institution apolitique est grotesque. Son existence même proclame que le hasard d’une naissance a plus d’importance que la volonté démocratique. Si les royalistes ont raison sur un point, c’est bien que leur mépris pour la démocratie reflète l’humeur des populations, qui voient les politiciens d’un œil cynique et les jugent cupides et corrompus. Autrefois, le respect pour la monarchie était ancré dans un sentiment de déférence et une acceptation de la hiérarchie. Aujourd’hui, cette déférence est remplacée par le cynisme, mais tant que le public méprisera les politiciens et soutiendra la royauté, l’une des familles les plus riches au monde continuera de vivre avec faste à la charge des contribuables. 

Source

Commenter cet article

Archives