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Législatives allemandes: Merkel tape dans les testicules de ses rivaux

Publié par MaRichesse.Com sur 22 Septembre 2013, 20:16pm

Catégories : #NEWS

Angela Merkel a nettement remporté dimanche 22 septembre les élections législatives allemandes et sera reconduite pour un troisième mandat de chancelière pendant 4 ans, mais elle devra sans doute gouverner avec ses adversaires sociaux-démocrates, selon les premières estimations des télévisions.

La chancelière allemande Angela Merkel après son vote aux élections législatives, le 22 septembre à Berlin.

Suivre les élections en direct : En direct : les élections législatives en Allemagne

A 59 ans, la chancelière allemande a confirmé son statut de femme la plus puissante du monde, en devenant le premier dirigeant européen à être reconduit à la tête d'un pays depuis la crise financière et monétaire qui a secoué l'Union européenne. Elle a permis à son parti conservateur, le CDU, de recueillir son score le plus élevé depuis la Réunification du pays en 1990 avec 42,5 % des voix, en hausse de près de 9 points par rapport à la dernière élection de 2009, selon des chiffres diffusés par la chaîne publique ZDF.

 


 

LE FDP ÉJECTÉ DU GOUVERNEMENT ?

Son parti arrive très loin devant le parti social démocrate (SPD) 26,5 % (+ 3,5) qui reste proche de son plus bas historique d'il y a quatre ans. Mais l'allié libéral de Mme Merkel, le FDP, a été éjecté du parlement pour la première fois de l'après-guerre, avec son plus faible score jamais enregistré, 4,5 %, d'après ces premières estimations.

Un nouveau mouvement anti-euro, récemment créé au printemps, et qui plaide en faveur d'une dislocation ordonnée de la monnaie unique européenne, a réussi un bon score, à 4,8 %, inférieur toutefois aux 5 % nécessaires pour avoir des députés. L'AFD ("Alternative für Deutschland") espérait peser davantage en rassemblant un vote protestataire en surfant sur l'hostilité de nombreux Allemands aux plans de sauvetage des pays européens en crise.

Les Verts sont en baisse sensible à 8 % (-2,7 points), victimes d'une mauvaise stratégie de campagne et d'une polémique sur la tolérance passée du mouvement envers la pédophilie. La gauche radicale, Die Linke, a baissé de 3,4 points, à 8,5 %. Le total des scores de gauche, à 43%, est plus faible que lors des législatives de 2009 (45,6).

 


MERKEL PLÉBISCITÉE

Avec son deuxième plus mauvais score de l'après-guerre, le SPD semble avoirsouffert de la campagne globalement ratée de son leader Peer Steinbrück qui a enchaîné les gaffes et polémiques : tout récemment un doigt d'honneur du candidat en Une du magazine Süddeutsche Zeitung a fait de l'ombre au parti.

Mme Merkel a donc été plébiscitée par les 62 millions d'électeurs allemands, qui la créditent d'avoir bien géré la crise de l'euro et d'avoir su protéger la première économie européenne. Elle a vanté durant la campagne la bonne tenue desfinances publiques et la baisse du chômage, à seulement 6,8% de la populationactive, quand ce même indicateur explosait dans beaucoup de pays européens.

Aucun de ses homologues en Espagne, en France, en Italie, ou au Royaume-Uni, ne s'est fait réélire depuis le début de la crise financière. Dans l'Allemagned'après-guerre, seuls Konrad Adenauer et le chancelier de la Réunification Helmut Kohl ont réussi à remporter trois mandats de chancelier.

Cependant, Angela Merkel ne devrait avoir d'autre choix que de former un gouvernement avec le SPD, selon les analystes. Une telle "grande coalition", entre les deux partis de masse du pays, comme lors de son premier mandat (2005-2009), laisse présager des bras de fer tendus, notamment sur les questions fiscales et sociales. Avec un programme considéré comme le plus à gauche depuis longtemps, le SPD a fait campagne pour des hausses d'impôts pour les plus riches et l'introduction d'un salaire minimum universel de 8,50 euros.


 DES PARTENAIRES CORIACES ?

Pouvant s'appuyer sur une majorité des partis de gauche (SPD, Verts, Linke) au Bundesrat (chambre haute du parlement), les sociaux-démocrates pourraient s'avérer être des partenaires coriaces pour Angela Merkel. D'autant plus qu'ils restent traumatisés par leur première expérience de grande coalition qui s'était soldée par leur plus mauvais score historique en 2009.

Malgré des indicateurs flatteurs, l'Allemagne doit relever de nombreux défis: le pays compte l'un des plus grands nombres de bas salaires en Europe, une situation sociale dégradée qui menace les retraites de millions d'Allemands. Le pays souffre aussi d'une natalité parmi les plus faibles au monde, véritable bombe à retardement pour son économie. Par ailleurs, la crise de la zone euro, qui n'est pas encore terminée, pourrait continuer de peser sur sa conjoncture et finir parminer ses comptes publics.

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