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Le grand dilemme des Etats-Unis. Faut-il sacrifier la Syrie ou Israël ?

Publié par MaRichesse.Com sur 24 Mars 2014, 22:31pm

Catégories : #NEWS

Il ne faut pas être Nostradamus pour se rendre à l'évidence : oui, les évènements de 2014 seront cette dernière goutte qui fera déborder le calice.

Drapeau_americain_et_israelien.jpg

Il est à se demander maintenant QUI boira le calice ? Jusqu'à la lie. Il y a cinq jours, Obama a reçu le roi de Jordanie, soi-disant pour négocier sur les conditions d'un "processus de paix" en Syrie. Dans un même temps, le "hasard" étant un facteur parfois commode en géopolitique, on apprend qu'une nébuleuse djihadiste issue de la Jordanie voisine est en train de se former dans le Sud du pays. Son objectif: lancer une offensive décisive contre Damas au printemps. Même à supposer que l'assaut de la capitale ne lui réussisse pas, la possibilité d'installer un gouvernement provisoire dans le Sud, là où quelque chose "de très grave se prépare" selon les dires du docteur Chebib, semble parfaitement réaliste. Qui plus est, l'EIIL (Etat Islamique en Irak et au Levant) exhorte ses miliciens takfiris à "libérer" la Syrie en la soumettant enfin à la Charia. Comment ne pas y pavenir avec de tels renforts humains et notamment avec le précieux appui de Washington ?

En réalité, deux tendances à ce stade exclusives l'une de l'autre règnent dans les rangs des élites politiques américaines. Synthétiquement parlant, celle du clan Michael Scheuer et celle, à pemière vue contradictoire, d'Henry Kissinger.

Entendu le 9 octobre 2013 par le Comité sur la sécurité nationale du Congrès, Michael Scheur, ancien directeur d'opération à la CIA, a évoqué le coût exorbitant de l'interventionnisme US. Il s'agit d'un coût que les Américains n'auraient certainement pas approuvé s'ils savaient que ces dépenses visaient notamment à renforcer la sécurité d'Israël. En quoi est-ce que la sécurité de ce dernier pourrait déterminer celle des USA, se demande-t-il avec une lucidité osée ? Bien au contraire : les guerres menées depuis le milieu des années 90 sont auto-génératrices et ne sauraient être justifiées par les menaces qui émaneraient de la part du monde arabo-musulman. Il faudrait arrêter d'agiter la bannière d'Al-Qaïda qui fait tantôt office d'épouvantail, tantôt office de bouclier et, s'il le faut, des deux. Le fait que les alliés des USA soient depuis 50 ans "des totalitaires" n'est plus un secret pour personne, il convient d'en tirer toutes les conséquences tirables et de les assumer une bonne fois pour toutes. Cinq raisons majeures motivent les agissements d'Al-Qaïda et des organisations qui lui sont affiliées. Les voic i: soutien indéfectible du bloc atlantiste accordé à Israël, nette augmentation de la population israélienne et, comme suite, évincement des Palestiniens ghettoïsés, soutien de la tyrannie islamiste pendant 50 ans facilitée par la présence américaine dans la péninsule arabe et plus largement, dans l'ensemble du monde musulman, capacité d'obtention du pétrole à des prix très en-dessous du marché.

Même si les arguments de M. Scheur mélangent causes et conséquences, il n'en font pas moins contraste avec la facticité théâtrale de ce qu'on a pu entendre du côté de ses détracteurs. Et en effet, que n'a-t-on pas entendu ! Que de collaborer avec Al-Qaïda, il serait préférable de collaborer avec Israël, un "élément positif" qu'il convient de défendre juqu'au bout pour ne pas être soupçonné de lâcheté. Remarquez donc à quel point la tournure de cette phrase est symptomatique, car comment peut-on parler, ne serait-ce que par simple allusion, de collaboration avec Al-Qaïda et de préférence quelconque en la matière ? Quels mensonges n'a-t-on pas entendu, d'ailleurs, puisque l'un des membres du Congrès a prétendu que "la seule fois où les Américains ont utilisé la force à l'étranger, c'était pour défendre les musulmans contre les chrétiens en Bosnie et au Kosovo". Et ces ingrats, ces traîtres aux valeurs mondialistes ont osé orchestrer le 11.09 en réponse, quelle horreur ! S'il s'agissait d'un scénario hollywoodien, nul doute que les spectateurs fondraient en larmes. Mais personne, plus personne ne fond aujourd'hui en larmes, car même l'intervention de M. Scheur est teinte d'un opportunisme étranger à toute considération humaine : pourquoi les Américains doivent-ils mourir au nom d'Israël, lance-t-il au Congrès ? Il ne lui vient pas à l'esprit d'apostropher ses auditeurs en leur demandant pourquoi sont-ce des Syriens qui devraient mourir, victimes d'une doctrine pro-israélienne vieille de 60 ans?

Le message véhiculé par Henry Kissenger semble l'emporter sur l'exaspération de l'ex-agent de la CIA. Ce message, il est vieux de presque 45 ans. Souvenons-nous des évènements du "septembre noir", lorsque Kissinger, secrétaire d'Etat sous Nixon, donna les pleins pouvoirs à Israël. Le roi Hussein de Jordanie avait demandé l'aide des USA pour réprimer une révolte palestinienne à l'époque vigoureusement soutenue par la Syrie. Après moultes concertations, le soin en fut confié à Tel-Aviv avec, pour résultat, le retour des forces syriennes au pays et le massacre des insurgés palestiniens. Depuis, la politique menée par Kissinger, personnalité extrêmement influente aux USA, visait essentiellement à asseoir le prestige d'Israël au Moyen-Orient dans une optique dont on peut dire qu'elle relève de la religion d'Etat. L'invasion du Liban en 1982 en fait partie tout comme le démantèlement actuel de la Syrie avec, en guise de "dernier clou pour fermer le cercueil", l'Iran. Et, reprenant la sinistre métaphore du cercueil je ne fais que citer M. Kissenger dans une interview datant de 2012 et récemment publiée sur le site de globalresearch. Le modèle westphalien prôné par l'ancien secrétaire d'Etat est tellement opportuniste qu'il rejoint plutôt les impératifs d'une realpolitik exempte de tout Principe.

En somme, il apparaît pour le moment que les USA ne soient pas prêts à se défaire de leur engagement auprès d'Israël. Néanmoins, comme les dogmes de la realpolitik se confondent à un attachement des plus religieux à Israël, il n'est pas exclu que les intérêts financiers de Washington finissent par avoir le dessus. Mais ne sera-t-il pas trop tard pour les pays musulmans non-alignés ? 

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