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La montée des 'pauvres riches': des familles aisées qui vivent au jour le jour

Publié par MaRichesse.Com sur 25 Mars 2014, 09:22am

Catégories : #RICHESSE

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Les membres de près d’un foyer américain sur trois vivent au jour le jour, selon une nouvelle étude (.pdf), et ils dépensent tout leur revenu disponible. Pourtant, les deux tiers d'entre eux ne sont pas pauvres. Cette découverte a des implications importantes pour le débat sur l'impact macroéconomique des politiques fiscales.

L’étude, menée par Greg Kaplan et Justin Weidner, tous deux de l’Université de Princeton), ainsi que Giovanni Violante de l’université de New York, révèle que près de 38 millions de familles américaines  sur 117 millions vivent au jour le jour, en dépit du fait que les deux tiers d'entre elles ne sont techniquement pas pauvres.

Ces familles sont plus âgées (généralement autour de quarante ans), elles figurent dans la tranche de revenu plus élevé, elles possèdent un patrimoine important de biens qui ne sont pas liquides d’une valeur moyenne de 50.000 dollars (maison, voiture, fonds de pension...) En général, leur situation financière complexe est transitoire et ne dure que 2 ans et demi en moyenne. Ce phénomène n’est pas l’apanage des Etats-Unis ; au Royaume-Uni, en Allemagne, en France, en Espagne, en Australie et au Canada, on constate aussi qu’une grande partie des personnes qui vivent au jour le jour ne sont pas pauvres. En Europe occidentale, le phénomène est moins flagrant parce que les Européens ont tendance à économiser davantage.

Ces familles vivent au jour le jour, comme les familles pauvres, car elles ne peuvent recourir à leurs actifs pour atténuer les effets des chocs économiques.

Ceci est important quand il s'agit de calculer l'effet des politiques de relance économique. Selon les économistes keynésiens, les dépenses budgétaires pour stimuler la demande sont importantes pour la relance. Autrement dit, plus on donne de l’argent aux gens, et plus ils le dépensent. Mais pour Milton Friedman, ce postulat est faux, car il ne prend pas en compte les anticipations de long terme des individus, de sorte qu’une augmentation de leur revenu disponible sur la période courante n’aura pas forcément un impact sur la consommation immédiate. Cet argument remet en cause l’efficacité supposée des stimuli chers aux keynésiens.

La réponse des keynésiens, c'est que les politiques de relance fonctionnent tout de même, parce  que certains groupes de populations, en particulier les pauvres, vivent au jour le jour (« de la main à la bouche »). Ces groupes sont dans l’incapacité de planifier leurs finances, ils dépensent immédiatement tout ce qu’ils gagnent. Tout revenu additionnel qui leur est attribué est donc dépensé immédiatement en consommation.

Mais comment raisonnent les gens qui ne sont pas pauvres, mais qui vivent au jour le jour parce que leurs actifs ne sont pas facilement liquides ? Lors de crises, cette catégorie de personnes peut être restreinte dans sa consommation, et elle se comporterait alors comme les pauvres qui vivent au jour le jour, en dépensant immédiatement tout revenu additionnel qu’elle pourrait percevoir, bien que cet effet serait de plus courte durée.

Selon les auteurs, la stratégie keynésienne est donc plus efficace qu'on ne le pensait auparavant, mais elle doit être adoptée d’une manière différente. 

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