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Marichesse.com

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Conseils, science, sante et bien-être


La méthode de travail de cet ex bobo-chômeur va vous surprendre

Publié par MaRichesse.Com sur 25 Mars 2014, 09:39am

Catégories : #LIVRES-A-LIRE

le-bomeur.jpg

Parfois il suffit d'un mot. C'était un octobre 2012 et nous découvrions le bomeur.

Bobo + chomeur = bomeur. Derrière le néologisme un peu trop facile se dissimulait un blog à la plume efficace, mais aussi une réalité: celle d'un "petit con" à la réussite arrogante... jusqu'à ce que la vie lui donne une bonne baffe en plein milieu de la vingtaine.

Fini la pub et ses jolies stagiaires, bienvenue dans le monde du chômage. Actualisation mensuelle du statut sur pole-emploi.fr statut social stigmatisé, trois ans - et une adaptation de son blog en livre - plus tard, nous avons voulu prendre des nouvelles du Bomeur. 

 

D'abord parce qu'il publiait ses chroniques sur Le HuffPost, mais surtout pour comprendre ce que sa période de chômage lui avait appris.

Mauvaise question. La conversation prendra une autre direction. Et pour cause, ça roule pour le Bomeur. La preuve, lorsqu'il décroche son téléphone pour l'interview, Nathanaël Rouas est sur son scooter. Normal.

 

"J'ai souvent de très bonnes idées sur mon scooter"

"Attends, t'es bien installé là?" se sent-on en droit de l'interroger. Il n'en fallait pas plus pour le lancer. "Ouais ouais, je suis bien. Je travaille de n'importe où, même quand je suis sur mon scooter."

Le trentenaire est parti au quart de tour, impossible de l'arrêter, Nathanaël continue. "Il se passe quelque chose quand tu conduis. Tu ne penses à rien d'autre, l'inconscient reprend le dessus, j'ai souvent de très bonnes idées sur mon scooter".

Première nouvelle donc, le bomeur a un travail: directeur de la création, dans une agence de communication. La sienne: 5duMAT, "Parce que c'est en plein sommeil, à 5heures du matin que l'on a eu nos meilleures idées".

Son métier donc: "avoir des idées". Les marques veulent faire leur promotion sans débourser des millions en campagnes publicitaires, il crée l'opération qui le leur permettra.

C'est peu ou prou la même chose que ce qu'il faisait lorsqu'il travaillait dans la pub. Seulement, maintenant, c'est lui le patron:

"J'avais assez d'expérience pour me lancer alors il fallait le faire. À 29 ans, c'est le moment de se lancer, d'essayer. C'est plus facile de manger des pâtes et d'être en galère à cet âge que lorsque t'as une femme et deux enfants".

À défaut de trouver un job donc, Nathanaël a opté pour créer le sien. Avec ses méthodes, pas très orthodoxes pour le commun des mortels. 


"Aujourd'hui, ça ne me sert plus à rien d'aller au bureau"

Car sa journée type est impossible à décrire, ou plutôt si, avec un mot qui commence par un "B" et se termine par "L" et que la bienséance nous interdit de publier.

Les horaires? Nathanaël connait pas. "Ça change tout le temps, un jour j'ai un rendez-vous à 9h avec un client, le lendemain à 11h, parfois je vais me coucher à 4h du matin après avoir rédigé un brief en sortant d'un dîner. En fait, mon bureau n'est jamais fermé".

Son bureau justement. Il répond aux mêmes règles, légèrement décousues. Certes, il y a une adresse où l'on trouve une table, un fauteuil et un ordinateur, mais c'est aussi la terrasse de n'importe quel café, les couloirs d'un musée, le canapé de son salon.

"Aujourd'hui, avec le portable ça ne me sert plus à rien d'aller au bureau", explique-t-il. "Si je suis en vacances à l'autre bout du monde et que j'ai la bonne idée, je m'y mets et c'est réglé". 


"Ça ne s'arrête jamais"

L'inconvénient? "Ça ne s'arrête jamais", confesse Nathanaël. L'ex-chomeur serait-il devenu un workaholic en puissance? Pas forcément.

Prendre son temps, remettre les choses au lendemain, boire une bière, traîner... Nathanaël Rouas a été formé à l'école de la procrastination propre aux créatifs des agences de communication: dure à gérer en période de chômage mais parfaite quand il s'agit de trouver l'idée qui va marcher.

"Le stéréotype des créatifs de la boîte de pub avec sa table de ping pong, c'est vrai, c'est comme ça que ça marche", raconte-t-il, "l'important est de savoir déplacer cette culpabilité de la glandouille".

Et ça s'apprend. "Les premiers mois je me forçais à aller au bureau, ou lorsque je n'y allais pas, je culpabilisais. C'est un peu le syndrome de l'énième match de Roland Garros que tu regardes alors que tu devrais réviser tes partiels".

"Tout dépend de l'histoire que tu te racontes", analyse Nathanaël, bon communicant:

"Tu peux dire que t'es un gros loser de te lever à 11h et que t'arriveras à rien dans ta vie, ou tu peux te dire que c'est génial. S'il y a une chose dont m'a fait prendre conscience le chômage, c'est que c'est un luxe que c'est de pouvoir faire ce que tu veux quand tu veux". À condition d'avoir un métier qui le permette. 

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