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Conseils, science, sante et bien-être


La lubrification féminine et la sécheresse vaginale

Publié par MaRichesse.Com sur 2 Avril 2014, 16:18pm

Catégories : #HOMME-FEMME

secheresse-vaginale.jpg

Dans une enquête française de 2003 plus d'une femme sur six déclare souffrir de sécheresse vaginale. Après la ménopause, 27 % des femmes sont concernées, surtout en l'absence de THS. Et nous connaissons actuellement de nombreux arrêts de traitement substitutif de la ménopause par crainte du cancer du sein. 

 

Tableau 1: Les dysfonctions sexuelles la femme 

Le rapport ACSF sur 2 178 femmes interrogées en 1992 rapporte qu'à la question : “Avez-vous des rapports sexuels douloureux ?”, 5 % des femmes répondent “souvent” et 19 % “parfois”.Les résultats de l'étude du National and Social Life Survey (1992) sur 1 622 femmes donnent à peu près 20 % de troubles de la lubrification (Tableau I).

 

Dysfonctions sexuelles chez la femme

 

Items Problème de désir Anorgasmie Dyspareunie Sexe non agréable Anxiété Lubrification
Totaux 1486 1477 1479 1479 1482 1475
18-29 32% 26% 21% 27% 16% 19%
30-39 32% 28% 15% 24% 11% 18%
40-49 30% 22% 13% 17% 11% 21%
50-59 27% 23% 08% 17% 08% 27%

 

Mais la littérature concernant la lubrification a souvent des résultats contrastés :

#. une étude de 1988 aux USA, pour 394 femmes avec 82 % de réponses : 41 % déclarent des problèmes de lubrification et 13 % des dyspareunies ;

#. une autre étude de 1993 à 1997 sur 2 011 femmes de plus de 55 ans, mais avec seulement 61 % de réponses : seulement 8 % de problèmes de lubrification et 2 % de dyspareunies. Mais qu'en est-il des 39 % de non répondeuses ?;

#. en Islande, des femmes interviewées de 55 à 57 ans rapportent des chiffres élevés de dyspareunies, pour 30 % elles sont déclarées légères et pour 70 % sévères. Toutes les femmes de cet échantillon souffrent pendant leurs rapports.

 

Tableau 2: Les dysfonctions sexuelles des femmes actives sexuellement

Une étude plus récente en 2003 sur 423 femmes de 40 ans et plus, au Chili, montre bien l'augmentation de tous les symptômes sexuels avec l'âge. Les femmes avec l'âge ont besoin de plus de temps et de plus de stimulations pour être excitées (Tableau II).Dysfonctions sexuelles des femmes actives sexuellement

 

Ages (ans) Nombre Désir Excitation Orgasme Dyspareunie
40-44 27 14,8 % 00 % 07 % 11,1 %
45-49 145 26,2 % 20 % 17,2 % 24,1 %
50-54 136 47,8 % 44,9 % 30,1 % 43,4 %
55-59 68 39,7 % 44,1 % 35,3 % 45,6 %
60-64 47 55,3 % 46,8 % 38,3 % 40,4 %

 

Tous ces chiffres parfois déroutants nous semblent refléter deux problèmes ; d'abord la méconnaissance ou plutôt le manque d'outils fiables d'évaluation dans la sexualité féminine. Ainsi, les définitions des différents troubles féminins sont méconnues ou différentes suivant l'évaluateur. Le deuxième problème est l'assimilation 2 symptômes souvent intriqués : le manque de lubrification et la sécheresse vaginale. Il s'agit de 2 problèmes différents, car relevant de mécanismes physiologiques indépendants. 

 

Les troubles de l'excitation sexuelle

La lubrification est une des composantes physiques de l'excitation féminine, avec la tumescence clitoridienne, et la vasodilatation responsable de la transsudation créant la lubrification, ainsi qu'une réponse musculaire modifiant la lumière vaginale — ballonisation du tiers proximal et rétrécissement du tiers distal. De nombreuses causes psychogéniques personnelles ou relationnelles peuvent être retrouvées ; le plus souvent elles vont s'additionner et se renforcer.Des travaux récents montrent que les perceptions subjectives de l'excitation sexuelle ne sont pas toujours corrélées à l'excitation physique créée par le stimulus sexuel, ainsi des femmes se plaignant de troubles de l'excitation contrôlés par photoplétysmographie ont les mêmes signes physiques d'excitation que celles qui perçoivent leur excitation. Ainsi les nouvelles définitions internationales des troubles sexuels féminins, rapportées par Rosemary Basson différencient 3 troubles de l'excitation féminine: trouble de l'excitation physique, trouble de l'excitation subjectif (avec conservation de tous les signes physiques, mais la femme ne perçoit pas son excitation) et un trouble combiné génital et subjectif.La sécheresse, perception subjective de la patiente, est le plus souvent corrélée à un aspect pâle et atrophique de la muqueuse vulvaire et vaginale, à une perte d'élasticité, à des sécrétions vaginales faibles lors de l'examen gynécologique.Ces causes sont essentiellement l'hypo-estrogénie transitoire comme dans le post-partum et l'allaitement, les suites d'infections à Candida, la prise de certains médicaments asséchants (acide tétrinoïque, antidépresseurs tricycliques, neuroleptiques). Et surtout l'hypoestrogénie de la ménopause ou celle, iatrogène, causée par la prise de tamoxifène après un cancer du sein, ou par les agonistes de la GnRH.

 

Les traitements de l'excitation sexuelle

Toutes ces causes transitoire, iatrogène ou définitive, nécessitent de privilégier une prise en charge étiologique pas toujours possible. Ainsi l'utilisation de lubrifiants sera souvent nécessaire pour améliorer le confort, permettre des relations sexuelles eupareuniques et ainsi ne pas augmenter le problème avec tous les cercles vicieux individuels qui vont s'installer (perte de féminité ressentie, donc perte de désir par peur des douleurs, problèmes conjugaux…).Une éducation sur les modifications sexuelles avec l'âge devrait être dispensée par les gynécologues et les médecins généralistes. C'est assez simple et peu chronophage d'expliquer qu'un homme et une femme, l'âge avançant ont besoin de stimulations plus directes et plus longues pour obtenir une excitation satisfaisante. Sortir des stimulations routinières et courtes est une des nécessités de cet âge et peut être vécu comme une chance pour les couples anciens.Les rassurer en expliquant que ces problèmes sont fréquents et ont des solutions. Penser à poser des questions sur la sexualité pour les femmes à risque (ménopause, post chirurgie, dépression et maladie chronique).Les lubrifiants pour réduire l'irritation vaginale et vulvaire durant la stimulation et le rapport lui-même sont d'une aide incontournable.Des travaux montrent que des pénétrations régulières augmentent la lubrification.Les estrogènes locaux paraissent aussi efficaces pour les symptômes vaginaux que les traitements oraux.La sexualité féminine, dans la période de milieu de vie et après, est un nouveau champ d'intérêt pour de nombreux acteurs de la santé. Nous pensons que des travaux doivent continuer à éclaircir la compréhension de ces facteurs afin que la qualité de vie des femmes et leur bien-être s'améliorent, créant ainsi une meilleure qualité de vie sexuelle du couple. 

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