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Conseils, science, sante et bien-être


La fièvre, amie ou ennemie ?

Publié par MaRichesse.Com sur 17 Avril 2014, 00:05am

Catégories : #APPRENDRE-ANGLAIS

Une température corporelle qui grimpe, c'est fréquent. Mais ce n'est pas une raison pour vouloir l'abaisser à tout prix.

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« La fièvre est une élévation de la température au-delà de 38,3 °C, le plus souvent d'origine infectieuse. Mais, comme la température corporelle fluctue au cours de la journée, il faut la prendre le matin au réveil ou après trente minutes de repos, pour éviter toute erreur d'interprétation», rappelle le Pr Jean-Paul Stahl, chef du service d'infectiologie du CHU de Grenoble.

En outre, selon l'endroit où elle est prise, des variations peuvent être observées, notamment aux endroits en contact avec l'extérieur. La température prise sur la peau n'a guère d'intérêt car elle dépend trop de l'air ambiant. Ce qui compte, c'est la température centrale et le meilleur moyen de l'obtenir est de positionner la sonde du thermomètre à proximité d'un vaisseau artériel. C'est aussi pourquoi les prises auriculaires ou rectales sont sans doute les plus justes. 


Un mécanisme de défense?

Il est possible (mais non prouvé) que la fièvre soit un mécanisme de défense en rapport avec une agression infectieuse. «En cas d'invasion par un agent microbien, les cellules de défense de l'organisme produisent des molécules inflammatoires (cytokines, interleukines, etc.) afin d'informer le cerveau de ce qui se passe. En réponse, l'hypothalamus, une petite glande du cerveau en charge de réguler la température du corps, envoie l'ordre de réagir par une vasoconstriction et des contractions musculaires, d'où l'impression d'avoir froid et de grelotter, dans le but de faire grimper la température centrale», précise le Pr Lionel Piroth, infectiologue au CHU de Dijon. Objectif probable: altérer le fonctionnement des bactéries et des virus, grâce à cette température accrue.

Pour autant, ce n'est pas toujours bien efficace et d'autres symptômes peuvent apparaître, signe que l'infection suit son cours. «Il faut aussi bien comprendre que la fièvre n'est qu'un point d'appel parmi d'autres. Elle n'a d'intérêt que si elle est analysée avec les autres symptômes et c'est pourquoi une consultation s'impose. En effet, la fièvre en soi est un indicateur de tout et de rien: il peut d'agir d'une simple virose bénigne comme d'une redoutable méningite à méningocoque. Or l'intensité de la fièvre n'a aucune valeur!», rappelle le Pr Stahl. 


Toujours recommandé de consulter

Selon la durée, la rapidité d'installation d'une fièvre, son caractère récurrent ou pas, sa chronicité, etc., il est parfois possible d'avoir une idée sur ce qui l'a provoquée. Par exemple, le paludisme en phase initiale d'invasion ne donne pas de fièvre typique, mais, en phase d'état, la fièvre est associée à des décharges des parasites dans le sang: elle revient donc tous les deux ou trois jours, selon le parasite du paludisme en cause. Mais le plus souvent, rien ne ressemble plus à une fièvre qu'une autre fièvre et, pour poser son diagnostic, le médecin doit s'appuyer sur la présence d'autres symptômes, voire d'un bilan biologique.

Hormis les cas évidents où la fièvre s'accompagne de signes bénins et parlants comme un nez qui coule et une gorge qui gratte, annonçant une rhinopharyngite, il est donc toujours recommandé de consulter et ce, de préférence avant la prise d'un quelconque médicament susceptible de fausser les résultats. «Si la fièvre est mal supportée, mieux vaut donner du paracétamol, dont l'action se limite à faire baisser la température, plutôt qu'un anti-inflammatoire qui va aussi casser les autres réponses de l'organisme à l'agression infectieuse. Il a d'ailleurs été montré que la prise d'anti-inflammatoires dans certaines infections (notamment cutanées et pulmonaires) pouvait conduire à une aggravation de ces infections», insiste le Pr Piroth. 


La respecter tant qu'elle est bien supportée

Lorsque la fièvre est le marqueur d'une infection, elle a enfin un autre mérite: celui de permettre de mieux suivre l'évolution de cette infection. Il faut donc la respecter tant qu'elle est bien supportée, sous peine de brouiller le diagnostic et le suivi. «Il existe des exceptions, notamment chez les jeunes enfants de 0 à 5 ans, où des températures élevées peuvent provoquer des convulsions. Les personnes âgées sont aussi particulièrement sensibles aux fièvres trop élevées, qui provoquent chez elles une possible et grave déshydratation. Dans ces cas, il faut utiliser un traitement antifièvre et des moyens physiques pour lutter contre la fièvre», confirme le Pr Piroth.

Des propos approuvés par le Pr Stahl: «L'une des erreurs les plus fréquemment commises est de couvrir celui qui présente une augmentation de sa température: or s'il a déjà une hyperthermie, on ne fait qu'aggraver son problème! Au contraire, il faut le découvrir afin de faciliter la baisse de sa température corporelle: c'est un moyen physique simple et facile à utiliser.»

Il existe enfin quelques urgences à connaître: «Par exemple, un choc septique d'origine bactérienne peut entraîner une hypothermie par vasoconstriction pour protéger le cœur et le cerveau: dans ce cas, c'est une température très basse, inférieure à 35,5 °C, qui peut donner l'alerte. Il faut savoir décoder ces chiffres et appeler les secours d'urgence», conclut le Pr Jean-Paul Stahl. 

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