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L'UE est un jeu qui a permis à la France et l'Allemagne de coloniser les pays de l'Europe du Sud

Publié par MaRichesse.Com sur 26 Avril 2014, 20:30pm

Catégories : #NEWS

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« Six ans après le début de la crise financière, l’Europe n’a toujours pas apporté de solution à son  chaos du secteur bancaire »,

écrit Philippe Legrain, ancien conseiller à la Commission européenne, dans une tribune du New York Times.

« Jeudi dernier, le Parlement européen a finalement approuvé un mécanisme pour restructurer  et fermer les banques en faillite dans la zone euro, mais ce mécanisme ne sera pas mis en place avant 2015, il ne pourra pas fonctionner en raison de sa complexité et il donne à chaque gouvernement national un droit de veto», affirme Legrain.

En dépit de la bonne santé des marchés boursiers, les problèmes fondamentaux en Europe demeurent. Les banques zombies limitent toujours l’octroi de crédit aux entreprises du sud de l’Europe, des millions de gens ont perdu leur emploi ou doivent se débrouiller avec des salaires réduits, une hausse de leurs dettes et des impôts pour financer des services publics de mauvaise qualité. « Beaucoup ont perdu ce bien des plus précieux : l’espoir que l’avenir sera meilleur », écrit Legrain. Et les prochaines élections européennes menacent de causer un séisme politique.

L’imprudence des banques allemandes et françaises, qui ont financé directement ou indirectement les emprunteurs espagnols et irlandais qui cherchaient à acheter un bien immobilier, les consommateurs portugais et le gouvernement grec est la première cause de cette crise. Mais sous la pression d’Angela Merkel, Bruxelles a  protégé les intérêts des banques allemandes et françaises au dépends des contribuables grecs, irlandais, portugais et espagnols qui ont dû payer pour les erreurs de ces banques, analyse Legrain.

Berlin, qui a toujours été réticente à reconnaître l’existence des prêts défaillants de ses banques, et qui a empêché qu’on leur trouve une solution, a tout fait pour bloquer l'union bancaire proposée dans la zone euro. Le gouvernement allemand, de concert avec la Commission et la BCE, a mis en cause la prodigalité budgétaire du Sud de l'Europe comme étant à l’origine de la crise. Pour Legrain, cette erreur de diagnostic  a porté un préjudice économique et politique significatif et durable qui a servi à justifier que l’on impose une politique d’austérité massive. Celle-ci a provoqué de graves récessions et une montée en flèche du chômage, tout en déstabilisant « de façon perverse » les finances publiques.

L’économie de la zone euro a été stabilisée grâce à l’action de la BCE, et à l’assouplissement des politiques d’austérité.

La décision de mai 2010 de porter secours aux banques allemandes et françaises en prêtant de l’argent à une Grèce insolvable, plutôt que d’annuler ses dettes, a laissé des cicatrices profondes dans la zone euro, affirme Legrain. « Elle a violé la base légale sur laquelle l’euro a été formé, seon laquelle un gouvernement en difficulté ne devait pas être secouru par ses homologues », écrit-il.

Comme Merkel avait contrevenu à cette règle, les contribuables allemands ont redouté de devoir payer pour les pays du Sud de l’Europe. Le gouvernement allemand a donc exigé un plus grand contrôle sur la politique budgétaire des autres pays, avec le concours de la Commission européenne, trop heureuse de prendre encore plus de pouvoir à cette occasion. Désormais, elle applique une « camisole de force fiscale », pense Legrain.

« Cette centralisation des pouvoirs fiscaux n’est pas seulement économiquement dangereuse ; elle est aussi politiquement toxique», estime-t-il. Il blâme l’insistance d’Olli Rehn à demander aux nouveaux élus des Etats-membres de poursuivre les politiques d’austérité qui avaient été engagées par leurs prédécesseurs. « Qu’un bureaucrate de Bruxelles non élu, non responsable et distant puisse dénier aux électeurs le droit de décider légitimement de la politique fiscale et des dépenses budgétaires est antidémocratique, et cela aliène les peuples de l'Union européenne », juge Legrain. Il conclut son analyse de la façon suivante :

« Une crise qui aurait pu unir l’Europe dans un effort commun de limiter le pouvoir des banques a en fait divisé la zone euro entre des nations créancières et des nations emprunteuses, et converti les prêts irrécouvrables des banques en obligations intergouvernementales. Les institutions européennes sont devenues des instruments pour permettre aux créanciers d’imposer leur volonté sur les emprunteurs, subordonnant la « périphérie » du Sud au « noyau dur » du Nord, dans une relation quasiment coloniale ». Source

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