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L’intervention française en Centrafrique est-elle plus difficile qu’au Mali?

Publié par MaRichesse.Com sur 10 Décembre 2013, 18:41pm

Catégories : #NEWS

L’opération a déjà fait deux victimes – les premières – parmi les soldats français déployés dans le pays... 

Une-patrouille-francaise-a-Bangui.jpg

La France déplore déjà deux premières victimes parmi ses 1.600 soldats déployés en Centrafrique, cinq jours après le début officiel jeudi soir de son intervention «Sangaris», lancée dans la foulée du feu vert de l’ONU. Les deux hommes du 8ème régiment de parachutistes d'infanterie de marine de Castres (sud), «sont morts au combat la nuit dernière à Bangui», a annoncé l’Elysée. Au Mali, depuis le début de l’opération Serval le 11 janvier 2013, sept soldats français ont été tués. L’intervention française en Centrafrique (RCA) s’annonce-t-elle plus difficile que celle au Mali ?

En quelques jours, le ton et les objectifs de la France en RCA ont déjà largement évolué, laissant présager une opération plus longue et délicate que prévu. Au début, les autorités parlaient d’une intervention courte – environ «six mois» - dans un but «humanitaire». Or, il s’agit désormais de mettre fin aux massacres, de «désarmer toutes les milices et groupes armés qui terrorisent les populations», de ramener la stabilité dans un pays totale décomposition et d’organiser des élections libres «avant 2015» en remplacement du régime actuel - une coalition rebelle à dominante musulmane, arrivée au pouvoir par les armes en mars 2013 après avoir renversé le président François Bozizé. Le temps de la mission a lui aussi été revu à la hausse: les militaires français resteront dans le pays «autant que nécessaire», a déclaré François Hollande.

Le général Vincent Desportes, professeur associé à Sciences-Po et spécialiste des affaires militaires, en est convaincu: «l’intervention français en Centrafrique sera beaucoup plus compliquée qu’au Mali» D’abord parce qu’«au Mali, il y avait un ennemi identifié et identifiable [les djihadistes] qu’il fallait détruire, alors qu’en RCA la France intervient au milieu d’une guerre civile où il n’y a pas d’ennemi mais des parties en conflit [les milices] à séparer, ce qui est plus difficile». 


Milices incontrôlées

Si, contrairement aux djihadistes au Mali, les miliciens qui terrorisent la population en RCA ne sont pas prêts à mourir au combat, ils n’en restent pas moins une cible difficile. «On ne sait pas qui est qui, si les villageois en armes sont des alliés ou des ennemis, relève François Géré, historien et directeur de l’Institut français d’analyses stratégiques. Les milices sont incontrôlées et non structurées. L’opération française est épouvantable car la confusion est totale, le pays est en proie au chaos politique et militaire».

La confusion est d’autant plus grande que l’Etat centrafricain est quasi-inexistant, tandis que lors de l’opération Serval, la France pouvait malgré tout compter sur la coopération d’un Etat certes affaibli mais existant.

La configuration du terrain elle-même est différente et devrait rendre l’opération française plus compliquée en Centrafrique. Au Mali, les soldats français devaient affronter la chaleur, mais le désert leur permettait de voir l’ennemi de loin. En Centrafrique, les Français opèrent en zone urbaine ou en brousse avec une végétation subtropicale qui permet aux miliciens de se cacher facilement ou de tendre des embuscades. 


Un nombre «insuffisant» de soldats

Le nombre d’hommes déployés est lui aussi différent. Ils étaient 4.500 au plus fort des combats au Mali, contre 1.600 en Centrafrique – François Hollande a assuré que ce chiffre n’irait pas au-delà. Un nombre «insuffisant», selon Pascal Le Pautremat, spécialiste des questions de défense et auteur des Guerriers de la République (Ed. Choiseul). Regrettant que l’intervention française n’ait pas eu lieu «plus tôt pour pouvoir endiguer la poussée des milices et éviter la catastrophe», il déplore le «décalage ahurissant entre la vision technocratique» de ces interventions militaires et la «pauvreté des moyens» octroyés sur le terrain. A la différence du Mali, la France est toutefois censée venir «en soutien» à la force africaine en RCA, la Misca (2.500 hommes) - même si, dans les faits, elle reste en première ligne. 

Source 

 

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