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Kepler-186f, la nouvelle planète Terre

Publié par MaRichesse.Com sur 18 Avril 2014, 00:10am

Catégories : #NEWS

Pas d'affolement ! Les ovnis ne vont pas débarquer. Chez les astronomes, la quête d'une planète vivante tourne à l'obsession. Dès que les télescopes terrestres ou spatiaux pêchent dans l'espace une planète qui pourrait ressembler à la Terre, ils s'empressent de publier des communiqués de victoire. Et les journalistes de leur emboîter le pas, n'hésitant pas à en rajouter dans leur enthousiasme. "Tu comprends, ça fait vendre, coco..." Ou plutôt : "Tu comprends, ça fait des clics, coco..." 

Kepler-186f.JPG

 Vue artistique depuis la planète Kepler-186f


Cette fois-ci, c'est Elisa Quintana, astronome à la Nasa, et ses collègues qui annoncent triomphalement la découverte de la première planète vraie jumelle de la Terre, baptisée Kepler-186f. Effectivement, des 1 780 exoplanètes déjà enregistrées, celle-ci est la seule à être rocheuse, d'une taille similaire à la Terre, et à tourner autour de son étoile dans la fameuse zone habitable. La zone habitable ! Rien que ce mot fait rêver. On imagine déjà un monde où grouillerait la vie. Stop ! Remettons les choses en place. Il faut d'abord préciser qu'Elisa Quintana et ses collègues - dont trois Français du CNRS et de l'université de Bordeaux - n'ont absolument pas vu Kepler-186f. Éclairée par une étoile froide et peu lumineuse, située à 400 millions d'années-lumière, Kepler-186f est complètement invisible à tous les télescopes, fussent-ils spatiaux. Sa présence n'est que le résultat d'extrapolations mathématiques déduites de minuscules clignotements lumineux de l'étoile. 


Vous avez dit habitable ?

Ces clignotements réguliers sont interprétés comme le passage d'une ou de plusieurs planètes entre le soleil observé et le télescope. Dans un premier temps, les astronomes ont estimé que Kepler-186 possédait cinq planètes, mais tellement proches d'elle que la température de surface y était bien trop élevée pour autoriser la vie. Ils ont alors persisté deux ans dans leur observation, ce qui leur a permis d'observer un clignotement beaucoup plus lent. La conséquence probable d'une sixième planète, Kepler-186f, beaucoup plus éloignée de l'étoile que les cinq autres, avec une année de 130 jours. D'après les informations tirées du clignotement, Quintana et son équipe en concluent que cette planète serait rocheuse, d'un volume très légèrement supérieur à celui de la Terre, mais surtout qu'elle se situerait dans cette fameuse zone habitable qui fait tant rêver.

Il faut bien comprendre ce que les scientifiques entendent par habitable. Cela signifie uniquement que s'il y avait de l'eau sur Kepler-186f (notez bien le conditionnel), elle pourrait exister sous la forme liquide, condition indispensable à l'existence d'une vie semblable à la nôtre. Seulement, les astronomes n'ont, actuellement, aucun moyen de savoir si cette supposée jumelle possède vraiment de l'eau. Par ailleurs, l'eau ne suffit pas à la vie, l'existence d'une atmosphère est également nécessaire pour plein de raisons. Là encore, aucun moyen de s'assurer de son existence. À vrai dire, dans leur article publié par la revue Science, les chercheurs doutent même de l'existence d'une couche d'hydrogène autour de Kepler-186f en raison de sa faible densité. Ce n'est pas tout, Emeline Bolmont, de l'université de Bordeaux, qui a cosigné l'article, précise qu'"il existe une certaine probabilité pour que la planète soit synchrone". Cela signifie que Kepler-186f présenterait toujours la même face à son étoile. D'où une face archi-cuite par le rayonnement solaire, et la deuxième glacée, ce qui n'est pas très favorable à la vie. Sauf si une atmosphère dense permet une répartition de la chaleur par les vents. Encore des si...

Bref, la découverte est intéressante, mais pas la peine de tirer des plans sur la comète. La présence d'une vie tiendrait du miracle. En revanche, il faut s'attendre dans les années qui viennent à la découverte de dizaines, de centaines et même de milliers de Terres bis. En attendant, préoccupons-nous plutôt de ne pas laisser filer la vie sur Terre, menacée par le réchauffement climatique... 

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