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Guerre Mondiale: Théorie des dominos de la mer Noire à la mer de Chine

Publié par MaRichesse.Com sur 7 Mai 2014, 00:13am

Catégories : #NEWS

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Barack Obama avait à peine terminé sa tournée en Asie que le ministère chinois de la Défense annonçait l’organisation avant la fin du mois de mai de manœuvres navales communes avec la Russie en mer de Chine. Les deux pays veulent officiellement «augmenter leur capacité à coopérer pour réagir aux dangers venant de la mer». Ce n’est pas la première fois que Moscou et Pékin font de telles manœuvres communes.

Elles ont commencé en 2005 dans le cadre du «groupe de Shanghai», une organisation créée dans les années 1990 pour rassembler des Etats d’Asie et d’Asie centrale. Mais celles de cette année prennent un relief particulier. Pour deux raisons: d’une part la crise en Ukraine oppose la Russie et les Occidentaux; d’autre part, la tension est vive dans la mer de Chine entre Pékin et les pays voisins qui se disputent la souveraineté sur des îlots, souvent inhabités.

La Russie et la Chine ont donc un intérêt majeur à faire une démonstration de force. La première va montrer qu’elle n’est pas isolée, contrairement à ce que pourraient laisser croire les sanctions imposées par les Occidentaux à la suite de l’annexion de la Crimée et des troubles dans l’est de l’Ukraine.

Moscou a bien besoin de cet affichage. Car l’Union eurasienne que Vladimir Poutine cherche à opposer à l’Union européenne ne fait pas recette. La réunion qui vient de se tenir à Minsk, capitale de la Biélorussie, n’a rassemblé, outre ce pays, que la Russie et le Kazakhstan. Le président russe n’est certes pas très sensible aux créances démocratiques de ses alliés mais il aimerait certainement avoir avec lui des régimes plus recommandables que la dictature ubuesque d’Alexandre Loukachenko ou le despotisme familial de Nursultan Nazarbaiev.

L’Arménie va sans doute se joindre à l’Union douanière de Poutine, mais elle le fait contrainte et forcée parce qu’elle est totalement dépendante de la Russie dans son conflit avec l’Azerbaïdjan sur le Haut-Karabakh. Ce qui ne l’empêche pas d’essayer de mettre en œuvre les réformes exigées par l’Union européenne pour signer l’accord d’association. Pour parer à toute éventualité.

Soutien tiède de la Chine à la Russie sur la question de la Crimée

Manifester sa proximité avec la Chine est donc essentiel pour le Kremlin. D’autant plus que dans l’affaire ukrainienne, le soutien de Pékin aux positions russes a été tiède, c’est le moins qu’on puisse dire. Ni au Conseil de sécurité, ni à l’Assemblée générale des Nations unies, la Chine n’a soutenu la Russie au sujet de l’Ukraine. Elle s’est prudemment abstenue.

Les dirigeants communistes n’ont aucune sympathie pour les soulèvements populaires contre les autocrates mais ils n’apprécient pas non plus la modification des frontières par la force et la sécession de régions sur une base ethnique. Que celles-ci soient le fait des «impérialistes» occidentaux ou des postsoviétiques.

Ils n’aimeraient pas que les mêmes principes d’autodétermination soient invoqués pour Taïwan, le Tibet et le Xinjiang qui font partie de leurs «intérêts fondamentaux».

Cette divergence avec la manière dont la Russie agit dans son «étranger proche» étant marquée, la Chine est intéressée à montrer, elle aussi, qu’elle a des soutiens dans le face-à-face qui s’annonce dans le Pacifique avec les Etats-Unis et leurs alliés. Elle a protesté, en grande partie pour la forme, contre la tournée qui a mené Barack Obama au Japon, en Corée du sud, en Malaisie et aux Philippines.

Elle considère que le «pivotement» de la stratégie vers l’Asie, réaffirmée par le président américain, constitue en fait une politique «d’endiguement» (containment) dirigée contre elle.  C’était la politique menée par les Etats-Unis vis-à-vis de l’Union soviétique pendant la guerre froide.

Les manœuvres communes avec la Russie en mer de Chine orientale sont donc une manière de démontrer que la Chine aussi est une puissance maritime en devenir, ce qu’elle n’a jamais été dans son histoire. Dans son budget militaire qui connait d’année en année avec une progression à deux chiffres, la marine est une priorité.

La Chine veut devenir une puissance maritime

La Chine vient de se doter de son premier porte-avions en rachetant, à l’Ukraine justement, un vieux bâtiment qu’elle a modernisé. Et elle s’apprête à en acquérir un second. Elle n’est certainement pas en mesure de rivaliser avec la flotte américaine mais elle veut être en mesure, à moyen terme, de faire valoir ses droits dans le Pacifique, ou ce qu’elle considère comme tels.

Car elle avance des revendications sur des territoires également convoités par ses voisins, que ce soit le Japon, la Corée du sud, les Philippines ou le Vietnam. Les incidents sont fréquents. Ces pays, dont certains ont été des ennemis des Etats-Unis dans un passé pas si lointain, recherchent maintenant la protection américaine. Barack Obama s’est déplacé afin de la leur promettre. Mais il s’est exprimé avec prudence. D’une part parce qu’il ne veut pas que le «pivotement» stratégique vers l’Asie suscite une forme d’escalade de la part des Chinois.

D’autre part parce que les Etats riverains du Pacifique sont également pris dans un dilemme. S’ils recherchent le soutien américain ils ne souhaitent pas que celui-ci soit trop appuyé et offre à Pékin un prétexte pour accroitre ses prétentions. La plupart de ces pays veulent d’ailleurs soigner leurs relations économiques et commerciales avec la Chine qui est, avec le Japon, la grande puissance de la région.

Si l’on ajoute qu’entre les alliés des Etats-Unis, les rapports bilatéraux ne sont pas toujours au beau fixe, notamment entre la Corée du sud et le Japon en proie à une montée du nationalisme, on comprend que Barack Obama ait veillé à maintenir un équilibre subtil.

Le président américain a voulu montrer que la montée de la tension en Europe ne le détournait pas de la priorité donnée à l’Asie. Russes et Chinois veulent laisser croire qu’ils se préparent à relever ce défi, ensemble le cas échéant.

Daniel Vernet 

 

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