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France: Le gynéco André Hazout condamné à 8 ans de prison pour viols et agressions sexuelles

Publié par MaRichesse.Com sur 23 Février 2014, 18:15pm

Catégories : #NEWS

Andre-Hazout.jpg

Après trois semaines d'audience, le gynécologue André Hazout a été condamné à huit ans de prison, jeudi 20 février, pour des viols et agressions sexuelles sur six de ses patientes. La cour d'assises de Paris a également sanctionné le praticien de 70 ans, déjà radié de l'Ordre des médecins en 2013, d'une interdiction définitive d'exercer.

Après quatre heures de délibéré, la cour d'assises a répondu oui à toutes les questions sur la culpabilité de ce spécialiste mondialement reconnu de la procréation médicalement assistée (PMA). André Hazout comparaissait libre, mais après l'énoncé du verdict, les gendarmes lui ont immédiatement passé des menottes.


Des femmes vulnérables...

Cinq patientes du docteur Hazout s'étaient constituées partie civile, aux côtés du Conseil de l'ordre des médecins et du Collectif féministe contre le viol. Une trentaine d'autres patientes avaient également porté plainte, mais les faits étaient prescrits dans leur cas. 

A la barre, les victimes racontent toutes la même histoire. Leur couple éprouve "un désir d'enfant", mais la femme se sent "fragile", "seule face à la lourdeur du traitement" de la fécondation in vitro et à un conjoint qui a parfois du mal à le comprendre. Et elle est"subjuguée" par ce médecin "rassurant", voire "très aimant""Sous son influence" même. André Hazout la tutoie, l'embrasse et même parfois d'elle a une relation sexuelle.

Certaines de ses victimes disent avoir cédé à ses avances, parlent d'actes consentis, même si elles n'étaient pas demandeuses. D'autres expliquent avoir été abusées par un homme qui a profité de leur état de faiblesse, parfois sur la table de gynécologie où elles étaient allongées, sans oser se rebeller. 


... face à un praticien qui avait "l'ascendant"

Au cours de son procès, le docteur Hazout a  reconnu quatre agressions sexuelles. Mais il a contesté les quatre viols, estimant qu'il s'agissait de rapports consentis. "Je réalise tout le mal que j'ai pu engendrer sans le vouloir, sans m'en rendre compte, et je veux demander pardon à ces femmes, à mon épouse et à mes pairs", a déclaré le praticien avant que le jury ne se retire pour délibérer.
 
Dans cette affaire, "le désir de l'un l'a emporté sur la faiblesse de l'autre", a résumé l'avocate générale. Pour elle, le gynécologue a abusé de son autorité de praticien et de son "ascendant psychologique" face à des patientes "dans un état de vulnérabilité".

La représentante du ministère public a demandé à la cour de prononcer la culpabilité du médecin, estimant que "la juste peine" pour ces faits était de douze ans de réclusion criminelle, et en tout cas, pas moins de dix ans, peine plancher pour une condamnation criminelle. Elle n'a pas été entendue. 


Une profession confrontée à un "désastre déontologique"

Cette affaire est "un désastre déontologique", a déploré René Frydman, père scientifique du premier bébé éprouvette et ex-patron d'André Hazout. Au cours du procès, le médecin a exprimé sa consternation et a dénoncé les "carences" de l'institution médicale. 

Le procès a en effet mis en lumière la responsabilité du conseil départemental de l'Ordre des médecins de Paris qui n'a pas réagi pendant vingt ans. Entre 1985 et 2005, il a pourtant été saisi de pas moins de dix signalements ou plaintes sur le comportement inapproprié du gynécologue. Ils n'ont donné lieu à aucune suite disciplinaire.

L'affaire Hazout a valu à l'instance déontologique d'être condamnée par la cour administrative d'appel de Paris en octobre 2012 pour son inertie. L'équipe du conseil départemental de l'Ordre des médecins de Paris présente à l'époque des faits a été dissoute en 2007 et une nouvelle direction mise en place.

Ce n'est qu'en 2013 qu'André Hazout a été finalement radié de l'Ordre des médecins. Le représentant du conseil départemental a présenté ses excuses et assuré que de tels dysfonctionnements ne pourraient plus se reproduire aujourd'hui. 

Source 

 

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