Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


France: Cinq idées reçues sur le Smic

Publié par MaRichesse.Com sur 16 Avril 2014, 19:27pm

Catégories : #5-TRUCS-A-SAVOIR

Une-feuille-de-paie.jpg

Mardi, Pierre Gattaz, le patron des patrons, s’est prononcé en faveur de l’instauration d’un nouveau salaire transitoire, d’un montant inférieur au Smic, pour permettre aux personnes éloignées de l’emploi -et notamment aux jeunes- d’entrer sur le marché du travail.

Cette idée de créer un sous-Smic, balayée ce mercredi par Manuel Valls, n’est pas nouvelle. Elle a déjà été défendue par les gouvernements Balladur (le CIP en 1993) et Villepin (le CPE en 2006), avant d’être abandonnée sous la pression populaire. Quelles sont les réalités du salaire minimum? 20 Minutes démêle le vrai du faux. 


Idée reçue n°1: Tout travail est au minimum rémunéré au Smic

C’est faux. Les stagiaires, les mineurs ayant moins de six mois d’expérience, les jeunes en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation perçoivent des rémunérations (des gratifications pour les stagiaires) inférieures au Smic.

Les personnes handicapées et les assistantes maternelles peuvent elles aussi toucher un salaire horaire inférieur au minimum légal, tout comme les personnes dont les horaires de travail ne peuvent être constatés (animateurs de centre de vacances, etc.). Enfin, les personnes non salariées – travailleurs indépendants, free-lance, pigistes, auto-entrepreneurs, etc.- n’ont aucune rémunération minimum garantie. 


Idée reçue n°2: Le Smic français est le plus haut d’Europe

C’est faux. Le Smic français s’élève à 9,53 euros bruts de l’heure (7,47 euros nets), soit 1.445,38 bruts (1.133,82 nets) pour un temps complet.

Au 1er janvier 2014, le Luxembourg est le pays d’Europe offrant le salaire minimum le plus élevé, à 1.921 euros. La France est également devancée par l’Irlande (1.462 euros), les Pays-Bas (1.486 euros) et la Belgique (1.502 euros). 


Idée reçue n°3: Les femmes et les jeunes sont plus souvent payés au Smic

C’est vrai. D’après une étude publiée fin 2012 par la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), les femmes sont presque deux fois plus souvent rémunérées au Smic que les hommes: 13,9 % contre 8 %. Plus généralement, leur probabilité de percevoir le Smic est 1,4 fois supérieure à celle des hommes.

Les salariés de moins de 25 ans sont quant à eux trois fois plus souvent au Smic que leurs aînés: 29,6 %, contre 8,6 % des salariés de 40 ans ou plus. Prendre de l’âge a donc parfois du bon. Surtout que plus l’ancienneté dans l’entreprise augmente, plus la probabilité de percevoir le Smic diminue. Si 16,5 % des salariés présents depuis moins d’un an dans une société sont au Smic, c’est le cas de seulement 3,1 % des salariés ayant au moins dix ans d’ancienneté. 


Idée reçue n°4: Le Smic est le salaire qui augmente le plus

C’est vrai… Si l’on excepte l’évolution des salaires des grands patrons (+5 % par an entre 2003 et 2010). Une étude de l’Insee démontre qu’entre 1995 et 2010, en moyenne annuelle, le Smic a progressé de 1,6 % par an, alors que la hausse du salaire net moyen dans le secteur privé n’a été que de 0,6 %. 


Idée reçue n°5: Le Smic nuit à l’emploi

C’est vrai et faux. Pour certains économistes, rémunérer les personnes peu qualifiées ou peu expérimentées au Smic représente un coût du travail trop élevé par rapport à ce que ces personnes peuvent réellement faire gagner à l’entreprise. Ils affirment par ailleurs que les fréquentes revalorisations du Smic ont pour conséquence de tirer l’ensemble des salaires vers le bas.

C’est ce que pense également la Commission européenne. D’après elle, «d’autres instruments, tels que les dispositifs de soutien des revenus (prime pour l’emploi et revenu de solidarité active) sont plus efficaces que le salaire minimum pour lutter contre la pauvreté au travail».

Mais pour d’autres experts, la création d’un Smic moins élevé ne garantirait pas l’embauche des jeunes et des moins qualifiés en ces temps où ce sont les offres d’emploi qui manquent. Et ils estiment que ce n’est pas le Smic, mais les allégements de cotisations sur les bas salaires qui incitent les entreprises à offrir des rémunérations peu élevées – le salaire moyen était de 2.130 euros nets en 2011 et le salaire médian (50 % des salariés gagnent plus et l’autre moitié gagne moins), de 1.712 euros nets. La création d’un sous-Smic ne serait pas non plus sans conséquence sur la consommation. 

Source

Commenter cet article

Archives