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France: Après les municipales, Marine Le Pen en route pour l'Elysée ?

Publié par MaRichesse.Com sur 25 Mars 2014, 11:02am

Catégories : #IMPORTANT

Le score historique du Front National au premier tour des municipales consacre la stratégie de sa présidente, qui a abandonné la rhétorique raciste de son père. 

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La femme qui affirme vouloir démanteler l’Union européenne – pour la voir “exploser”, comme elle dit – a un sourire déterminé et une poignée de main chaleureuse. Elle a beau être l’héritière d’un parti politique créé par son père et souvent accusé d’être un vestige (ou une relique) du fascisme, Marine Le Pen, âgée de 45 ans, n’est pas Jean-Marie Le Pen. Il y a longtemps qu’elle a abandonné la rhétorique de l’antisémitisme et du racisme à peine déguisé qui ont rendu les partisans de son père tristement célèbres.

 

Au cours des trois dernières années, elle a infatigablement tiré son parti vers le centre tandis qu’un nombre important d’électeurs mécontents basculaient à droite. Résultat : le Front national (FN) est aujourd’hui la puissance montante de la politique française. Le parti ne peut plus être ignoré ; il est devenu incontournable*.

 

Tea Party

 

Ce matin [le 7 janvier, jour où elle a présenté ses vœux à la presse], Marine Le Pen a répondu pendant deux heures à nos questions, et, quand la conférence a officiellement pris fin, elle est restée pour répondre à quelques autres. Elle a expliqué aux Anglo-Saxons* présents qu’elle ne voyait aucun point commun entre des tentatives défaillantes pour forger une union d’anciens pays d’Europe et la création sui generis des Etats-Unis d’Amérique à partir de territoires vierges. Elle ne pense pas non plus, a-t-elle ajouté, qu’il soit possible d’établir un parallèle entre la droite européenne et le mouvement américain du Tea Party, pour lequel elle doit probablement passer pour “une socialiste”.

 

La présidente du FN a toujours dit qu’à la différence du Tea Party elle croyait dans le pouvoir d’un Etat agissant dans l’intérêt de son peuple – et pas simplement dans le pouvoir du super-Etat incarné par les bureaucrates sans visage de Bruxelles. Elle veut restaurer la souveraineté nationale sur les frontières, la devise, la législation et l’économie, quelles que soient les difficultés d’ordre pratique de l’entreprise. “Je ne cherche qu’une chose pour l’Union européenne, c’est qu’elle explose”, a-t-elle lancé.

 

Joueuse de poker

 

Marine Le Pen soutient que son parti accepte tous les citoyens indépendamment de leur religion et, ce jour-là, elle m’a assuré que ses positions divergeaient de celles de Geert Wilders [le chef du PPV, parti néerlandais d’extrême droite] sur l’islamophobie. De fait, son style est plus subtil et passionné que celui d’autres figures de l’extrême droite européenne. Et tenter de l’analyser revient un peu à observer un joueur de poker habile et volubile.

 

Ce matin-là, la présidente du FN portait un tailleur en tweed gris, sans doute un peu plus cintré que ceux d’Hillary Clinton, sur un chemisier blanc sans manches qui laissait apparaître un pendentif en argent. Ses cheveux étaient teints en blond, son maquillage très discret et ses ongles vernis de gris, une couleur à la mode, m’a-t-on dit. Quand elle s’exprimait, elle se tenait bien droite sur sa chaise et rabattait légèrement sa veste sur sa poitrine.

 

Sa voix est frappante. Elle est rauque et semble venir du fond d’elle-même. C’est peut-être la voix d’une fumeuse (il n’y avait pas de traces de cigarettes), mais ce léger voile lui donne du caractère. Il n’y a guère de doute sur le jeu que Marine Le Pen est en train de jouer, ni sur ce qu’elle veut gagner. Elle vise de toute évidence la présidence de la France en 2017. Bien qu’en 2002 son père ait accédé, par un heureux hasard, au second tour de la présidentielle, les électeurs français ont été si choqués par sa victoire au premier tour qu’ils sont allés voter en masse pour réélire le tiède Jacques Chirac. C’est ainsi que Jean-Marie Le Pen a été écrasé au deuxième tour par un score de plus de 5 à 1.

 

Infrastructure

 

Marine Le Pen a pris les rênes du parti en 2011 et l’année suivante elle a brigué la présidence pour la première fois. Elle a obtenu une respectable troisième place derrière le conservateur sortant, Nicolas Sarkozy, et le candidat victorieux du Parti socialiste, François Hollande. Le fait que la cote de ce dernier ait plongé à des niveaux record – elle tourne aujourd’hui autour de 20 % – a fait naître l’espoir chez ses concurrents potentiels qu’il pourrait être le président d’un seul mandat.

 

Aujourd’hui, la mission de Marine Le Pen est de mettre en place l’infrastructure de base que le Front national n’a jamais eue. Aux municipales, le parti a l’intention de présenter des candidats dans toutes les villes de plus de 10 000 habitants. Et même si sa présidente a reconnu qu’elle ne s’attendait pas à gagner à Paris ni à Marseille, elle a de grands espoirs pour des villes plus petites comme Perpignan. Et, quelle que soit l’issue du scrutin, le FN va profiter de la campagne pour se doter d’une base et d’une organisation.

 

Y a-t-il des racistes au sein du parti ? Marine Le Pen admet qu’il y en a, mais c’est, dit-elle, le cas de beaucoup de partis et l’important est de les sanctionner. Pourquoi parle-t-elle d’un “racisme antifrançais” ? “Parce qu’il existe”, répond-elle en resserrant sa veste. “Tous les racismes doivent être combattus.” Un journaliste rappelle que son père, octogénaire, est un ami et un défenseur de Dieudonné, dont l’humour grinçant s’est teinté d’un antisémitisme si virulent ces dernières années que le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a invité les municipalités à interdire ses spectacles. Les yeux légèrement plissés, le buste penché en avant, Marine Le Pen accuse le gouvernement Hollande d’entraver la liberté d’expression et maintient que son parti n’a aucun lien avec l’humoriste.

 

Aujourd’hui, elle a “des tiroirs remplis de menaces de mort” dit-elle. Mais, d’ordinaire, elle ne voit aucune raison d’en parler. Elle n’est pas une pleurnicharde comme certains, tenant à se démarquer de la garde des Sceaux, Christiane Taubira, fer de lance de la loi des socialistes sur le mariage pour tous et d’autres politiques controversées. Originaire du département d’outre-mer de la Guyane, Mme Taubira a été mariée à un indépendantiste guyanais (accusé d’avoir fomenté un attentat contre des installations pétrolières dans les années 1970), un “terroriste”, selon Marine Le Pen. Le fait qu’elle soit une femme de couleur n’a pas besoin d’être mentionné. Le sourire de Marine Le Pen disparaît. Et elle ajuste sa veste. 

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