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Conseils, science, sante et bien-être


Etats-Unis: Les républicains prêts à tout pour couler la réforme de la santé d'Obama

Publié par MaRichesse.Com sur 29 Septembre 2013, 12:07pm

Catégories : #SANTE-BIEN-ETRE

Barack Obama à New York, le 24 septembre 2013 - AFP/Jewel Samad

Pour comprendre la crise qui se déroule à Washington, oublions un peu le cinéma et considérons la situation dans son ensemble : les républicains menacent de paralyser le gouvernement fédéral [le 1er octobre, des administrations fédérales pourraient cesser de fonctionner], et peut-être même de refuser de laisser le Trésor payer ses créditeurs [le Congrès doit relever le plafond de la dette d'ici la mi-octobre], pour tenter désespérément d'empêcher des millions d'Américains d'obtenir une assurance-santé. [La Chambre des représentants, à majorité républicaine, refuse de financer la loi sur la santé ; le Sénat, à majorité démocrate, ne veut pas d'un budget sans financement pour cette réforme.]

Eh oui. C'est bien là l'enjeu de tous ces hurlements. Comme disait ma grand-mère, on ne sait pas s'il faut en rire ou en pleurer.

 

Le Parti républicain a fait de son mieux pour faire de l'Obamacare un épouvantail. Il tente de convaincre les gens que ce monstre viendra la nuit pour enlever les enfants. En fait, et je sais que cela va en choquer certains, l'Obamacare n'est pas une créature mythique. C'est une loi qui intègre des idées à l'origine républicaines et permettra aux 30 millions de personnes qui ne disposent pas d'une couverture santé d'en obtenir une.

 

La loi en question [promulguée en mars 2010] s'appelle officiellement "loi sur la protection des patients et les soins abordables". Les républicains donnaient au terme Obamacare une connotation moqueuse, ce qui est peut-être la raison pour laquelle le président Obama s'est mis à l'employer avec fierté.

 

Les républicains ont perdu l'esprit

 

C'est en effet une réforme dont le pays peut-être fier : 48 millions de personnes n'avaient pas d'assurance-santé en 2012, selon le Bureau du recensement, soit environ 15 % de la population. D'autres pays industrialisés fournissent une couverture santé universelle – et se demandent si c'est ce que nous voulons dire quand nous parlons de l'exception américaine.

 

Vingt-cinq pour cent des personnes appartenant à des ménages au revenu annuel inférieur à 25 000 dollars ne sont pas assurées, contre 8 % de celles appartenant à des ménages au revenu annuel supérieur à 75 000 dollars. Ainsi, les travailleurs pauvres ne méritent pas que leurs maladies chroniques soient traitées – pour les punir de ne pas gagner assez d'argent ?

 

Tandis que d'autres pays riches fournissent une couverture santé vraiment universelle par un système d'assurance dont les modalités varient, Obama a préféré s'inspirer d'un programme mis en place dans un Etat par le gouverneur républicain qui allait devenir son adversaire à la présidentielle de 2012 [la loi n'inclut pas de régime public universel]. Oui, avant l'Obamacare, il y a eu le Romneycare, une solution qui s'appuie sur le secteur privé et la libre concurrence, conçue pour être en accord avec les principes les plus sacrés du Parti républicain.

 

Mais entre le moment où Mitt Romney était gouverneur du Massachusetts et celui où il s'est présenté à l'élection présidentielle, le Parti républicain a perdu le cap ou peut-être la tête

 

Le parti ne manifeste aucun intérêt véritable à trouver un moyen compatible avec ses principes pour donner accès aux soins médicaux aux personnes non assurées. Il préfère poursuivre deux objectifs coûte que coûte : s'opposer à Obama quoi qu'il fasse et faire passer l'Obamacare pour un échec auprès de la population.

 

Pour la droite radicale, rendre les soins médicaux accessibles au plus grand nombre par le réseau existant d'assureurs, pour la plupart des sociétés à but lucratif, est un pas de géant vers le socialisme athée. Ces extrémistes détiennent un pouvoir disproportionné au sein du parti – suffisamment pour que les républicains sains d'esprit craignent, à juste titre, que montrer autre chose qu'une résistance massive à Obama leur vale de perdre des primaires [pour l'élection des représentants] et n'abrège leur carrière.

 

Peur que ça marche

 

Certaines dispositions de l'Obamacare sont déjà en vigueur et semblent produire les effets prévus. Par exemple, les jeunes adultes ont désormais le droit d'être couverts par la police d'assurance de leurs parents jusqu'à l'âge de 26 ans. En 2009, 29,8 % des 19-25 ans n'étaient pas assurés. Ils étaient 27,2 % dans ce cas en 2012, une baisse modeste mais significative.

 

Les dispositions essentielles de la réforme vont entrer en vigueur – l'obligation individuelle de s'assurer [sous peine d'amende], les marchés aux assurances [chaque Etat devra mettre en place un marché régulé], la garantie de couverture pour les personnes atteintes de maladies préexistantes [les assureurs devront accorder le même niveau de protection aux clients similaires]. Les républicains hurlent que l'Obamacare va droit à l'échec, mais ce qu'ils craignent en fait c'est que la réforme marche.

 

D'où leur désespoir. Les républicains ont peur que l'Obamacare ne tourne pas au cauchemar administratif, que les Américains y prennent goût. Ils ont peur que l'Obamacare puisse ralentir l'augmentation des coûts des soins médicaux et la ramener à un niveau plus gérable. Certains signes montrent d'ailleurs que c'est ce qui est en train de se produire : le coût des soins médicaux augmente certes toujours beaucoup plus vite que l'inflation mais au rythme le plus faible depuis des décennies.

 

Pour garder les primes sous contrôle, il faudra convaincre beaucoup de jeunes en bonne santé de souscrire une assurance – et ainsi subventionner de fait ceux qui sont plus vieux et plus malades. C'est pourquoi une organisation appelée Generation Opportunity, financée par les ultraconservateurs frères Koch, projette de faire le tour des universités avec des annonces répugnantes dans lesquelles un Oncle Sam malsain fait subir un examen gynécologique à une jeune femme.

 

Message du Parti républicain : quoi que vous fassiez, ne souscrivez pas d'assurance-santé. Prenez garde, vous pourriez vous en trouver bien.

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