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Marichesse.com

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Conseils, science, sante et bien-être


Désolée: nos règles n'ont aucun rapport avec les décisions que l'on prend

Publié par MaRichesse.Com sur 4 Mai 2014, 02:20am

Catégories : #HOMME-FEMME

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Que veulent les femmes? Au cours des deux dernières décennies, les scientifiques ont cherché à répondre à cette question en mettant les femmes dans leurs laboratoires, en leur posant des questions sur leurs préférences sexuelles, et en suivant leurs cycles menstruels pour essayer d'extraire des indices du flux et reflux des hormones dans leur mystérieux corps féminin.

Au cours des dernières années, ces chercheurs nous ont dit que l'état de notre cycle menstruel le jour du scrutin peut influencer notre décision de préférer l'individualisme ciselé de Mitt Romney ou les politiques de santé maternelle de Barack Obama, que nos périodes déterminent si nous préférons cocooner avec notre partenaire à la maison ou si nous sommes prêtes à accepter les propositions d’un étranger, et que notre cycle nous pousse à nous balancer avec Tarzan quand nous sommes le plus fertile et à nous blottir contre Clay Aiken quand l'œuf du mois n'est plus là.

Le mois dernier, les psychologues de l'Université de Californie du Sud ont publié une méta-analyse de 58 études scientifiques qui ont testé si les préférences d'une femme pour des partenaires plus ou moins masculins, dominants, symétriques, en bonne santé, gentils, avec des taux de testostérone plus ou moins élevés... fluctuent effectivement avec son cycle menstruel. Et la réponse est: non.

L’étude, publiée dans la bien nommée Emotion Review, a passé en revue les études qui utilisent une variété d'outils sociologiques pour examiner les préférences des femmes pour une foule de caractères masculins, comme la démarche d'un homme, les poils, la longueur du menton, la symétrie du visage, ou l’interactivité sociale, à travers le prisme de leurs cycles menstruels.

Ils ont scruté les études axées sur l'analyse des préférences des femmes pour les relations à court terme (comme les coups d’un soir) et pour les engagements à long terme (les mariages), et les études qui ne spécifient pas de préférence pour un type de relation quelconque.

Cela comprend également les expériences qui contrôlent le cycle et la fertilité d'une femme à l'aide des tests hormonaux et les études qui se contentent de déclarations, celles qui s’intéressent aux femmes qui sont sous contraception hormonale, et celles qui ne le sont pas.

Dans l'ensemble, ils ont trouvé que les femmes fertiles et les femmes non fertiles préfèrent les hommes qui sont plus masculins, dominants, symétriques, et en bonne santé; que ces préférences demeurent relativement stables durant leurs cycles menstruels; et que cela s’applique tant aux relations à court terme qu’à long terme.

Par ailleurs, les femmes qui sont au stade non-fertile de leur cycle –au moment où leurs hormones sont similaires à celles d’une femme enceinte– ne se mettent pas tout d'un coup à préférer les hommes plus doux ou plus aimables.

Alors, pourquoi est-ce que l’on continue à nous bassiner avec la façon dont nos cycles menstruels règlent notre vie amoureuse et sexuelle, année après année?

Les chercheurs ont constaté que les études qui montrent une influence plus importante du cycle sur les préférences féminines sont celles qui s'appuient sur une estimation très longue de la fenêtre de fertilité d'une femme (jusqu'à 12 jours) alors que les femmes ont en réalité très peu de chances de tomber enceintes en dehors d'une période de six jours, ce qui signifie que les conclusions de ces études sont plus susceptibles d'être faussées.

Des études plus anciennes de l'échantillon —celles menées entre 1998 et 2003– étaient plus susceptibles de déclarer des résultats statistiquement significatifs, mais des études plus récentes n'ont pas réussi à reproduire ces premières conclusions. Et des expériences qui n’ont pas été publiées étaient plus susceptibles de montrer des résultats non significatifs –ce qui signifie que les revues scientifiques peuvent favoriser les études qui semblent confirmer qu'il y a un lien entre le cycle menstruel et nos préférences d'accouplement, peu importe qu’elles soient ou non représentatives de la littérature plus vaste sur le sujet.

Les chercheurs soupçonnent que ce qui nous conduit à relier les choix des femmes au calendrier de leurs cycles reflète notre désir de comprendre le comportement humain via des explications évolutionnaires rudimentaires:

«Les approches évolutionnaires plus modernes reconnaissent que l'apprentissage social et l'innovation sont des adaptations humaines fondamentales qui sont activées par des processus biologiques (et) l'évolution du cerveau humain ne s'arrête pas à ces anciens systèmes sensoriels, perceptifs, et de motivation.»

D’une part, les menstruations des femmes d’aujourd’hui ne sont pas les mêmes qu’avant –nos ancêtres passaient leur vie adulte à être soit enceintes soit en train d’allaiter, les femmes modernes dans les sociétés industrialisées ont leurs menstruations régulièrement tout au long de leur vie, en prenant seulement quelques courtes pauses pour avoir des enfants.

L'augmentation du contrôle des naissances a également radicalement perturbé toute influence de l'évolution. D'autres études ont montré que les femmes recherchent davantage la masculinité dans leurs partenaires si elles vivent dans les pays à faible PIB, «dans lesquels le travail des hommes peut impliquer des emplois manuels et musculaires», alors que les femmes des pays riches qui «comptent davantage sur les travailleurs intellectuels» peuvent préférer «les hommes beaux».

En d'autres termes, le conditionnement culturel de la femme est encore plus puissant que la progestérone. Les processus endocriniens des femmes sont officiellement relégués au second plan par rapport à nos propres capacités mentales et physiques à même de réguler nos préférences et nos cycles. Mais cela ne signifie pas que les scientifiques évolutionnaristes vont bientôt évoluer et laisser tomber ces explications fondées sur les cycles menstruels. Les auteurs de l'étude prennent soin de noter que, bien que la littérature existante ne démontre pas de lien entre les cycles menstruels et les choix d'accouplement, des expériences plus précises pourront toujours établir un lien.

Amanda Hess

Traduit par C.C. - Source

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