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Cameroun: Voici comment les prêtres sont devenus, tout simplement, des hommes d'affaires

Publié par MaRichesse.Com sur 4 Octobre 2013, 10:18am

Catégories : #IMPORTANT

Les catholiques camerounais espèrent que le clergé, dont les attitudes trahissent parfois les exigences d’exemplarité, entendra les appels du pape François à l’humilité et au dépouillement.

 

Par petits groupes, les fidèles se dirigent vers l’imposante cathédrale Notre-Dame-des-Victoires de Yaoundé. Assis sur un banc, Paul Sandtoumou s’apprête à assister à la messe dominicale. À l’évocation des appels récurrents du pape à une Église plus sobre, son visage s’illumine. « Le discours du Pape nous galvanise », souligne-t-il.

 

Pour beaucoup de catholiques camerounais, le message papal sonne comme un recadrage nécessaire pour un clergé camerounais dont certains membres manifestent des excès de comportement : liens avec le régime politique, malversations financières, goût affiché pour le luxe et la vie facile. « Il faut avoir une foi forte pour ne pas chanceler face à ces dérives. Le pape doit poser des actes concrets, des sanctions, pour faire revenir la discipline dans notre clergé, » estime Paul Sandtoumou. Présent également à la cathédrale de Yaoundé, Amos Eteki, agent d’hôtel, se dit bouleversé par les attitudes de certains prêtres. « Ils sont égoïstes, tranche-t-il. Dans les églises, ils multiplient les quêtes d’argent. Ça devient intenable pour le modeste chrétien que je suis. »

 

« LES PAUVRES LES INDISPOSENT. ILS SE SENTENT RECONNUS QUAND ILS SONT RECONNUS PAR LES GRANDS DU PAYS »

« Nos prêtres doivent changer, à la demande du pape, parce que nous avons besoin d’être rassurés. Nous voulons qu’ils soient plus près du peuple », poursuit Eteki. Consultant en management, Paul Samangassou se définit, lui, comme un catholique « perplexe », choqué par les mauvaises pratiques de certains évêques. Le 29 juillet, le pape a accepté la démission de Mgr Simon-Victor Tonyé Bakot, archevêque de Yaoundé, contesté par le clergé local pour sa gestion du patrimoine foncier de la province épiscopale. Selon lui, de nombreux prêtres camerounais « s’embourgeoisent », évitent les pauvres et se comportent comme dans « une coterie ». « Les pauvres les indisposent. Ils se sentent reconnus quand ils sont reconnus par les grands du pays », expose-t-il avec sévérité, avant de regretter que les interventions du pape, présentant sa vision d’une Église plus dépouillée, n’aient pas davantage été « vulgarisées » au Cameroun. « Ces discours ne sont pas diffusés ici, parce qu’ils gênent, assure-t-il. Le changement ne viendra que d’une action de Rome, notamment sur les critères de choix des évêques. »

 

« PEUT-ÊTRE Y A-T-IL EU DES COMPORTEMENTS QUI ONT FAUSSÉ L’IMAGE DE CE QUE NOUS SOMMES »

Pour Mgr Jean Mbarga, administrateur apostolique du diocèse de Yaoundé, le discours papal « résonne comme un message prophétique dans notre Église. Elle doit pouvoir accepter de se rénover dans ce sens », souligne-t-il. « Peut-être, admet-il, y a-t-il eu des comportements qui ont faussé l’image de ce que nous sommes, pouvant donner l’impression que, pour le clergé, il y a une carrière à faire dans l’Église, et pour les fidèles, une certaine préséance à faire valoir ». Mais, assure-t-il, « aujourd’hui, nous sommes de nouveau guidés par les paroles et l’enseignement du pape à recentrer les choses dans ce que c’est l’Évangile et ce que sont les disciples de Jésus ».

 

REINNIER KAZÉ, à Yaoundé - La Croix

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