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A Lokossa, Alice, jeune louve aux dents longues, a jeté, voici six ans, ses louches sur Giuseppe, un vieux blanc d’origine italienne. 

 

Le Méditerranéen a débarqué au Bénin après une vie bien remplie à Florence: trois suicides manqués, deux enfants dans le décor, un mariage raté, une carrière d’ingénieur forain. D’ailleurs, pour gommer les traces de sa vie italienne, il a déshérité ses moufflets, vendu sa maison, empoché les centaines de milliers d’euros. Désormais, la dolce vita, il va la vivre au Bénin avec la fantasque Alice. D’après le téléphone de brousse, cette dernière ne serait pas d’une première jeunesse. Comme l’Italien, elle serait aussi une blessée de guerre conjugale avec deux mioches dans le pagne, fruit de ses amours heurtées avec un Ivoirien. Au vieil Italien qui s’est dépêché de lui enfiler la bague au doigt, elle n’a avoué qu’un seul enfant, «héritage, selon ses dires, d’un malheureux accident». D’ailleurs, en quoi cela regarde-t-il les gens?

 

 

 

Le vieux méditerranéen s’installa donc avec elle, la câlina, la jardina tellement tous les soirs qu’une belle petite mulâtresse jaillit de leur couple. Alice ne mesura pas son bonheur. Elle en voulait plus. L’arrière-cour de sa maison, le dessous de son lit fleurirent alors de mixtures étranges, de crânes d’animaux, d’ossements humains, bref, toute la quincaillerie féminine locale susceptible de vous transformer un mari conscient en un époux benêt, manipulable et giflable à merci. Conséquence immédiate : Giuseppe devint un adorable toutou. Certes, il n’avait jamais été un volcan, ni un triste teigneux, mais depuis son « ficelage mystique », il se mit à s’aplatir aux pieds de sa femme comme un reptile, la gavant de tout. Les envieux rapportent qu’il lui aurait construit une belle maison, qu’il lui aurait acheté une voiture luxueuse et que chaque fin du mois, l’argent de la popote qu’il lui donnait avoisinait le salaire d’un banquier.

 

Une telle situation ne pouvait pas laisser indifférents les amis du vieil homme. Ces jaloux enragés qui pullulent dans la barbe de la localité comme autant de poux dans la tignasse d’un fou, décidèrent d’arrêter la carrière d’âne bâté à laquelle le Méditerranéen était condamnée. D’autant plus qu’Alice a franchi l’autre interdit : se coltiner un étalon, un jeune premier aux muscles bien fournis capable d’éteindre toutes ses envies de femme. Car, soit dit en passant, le vieil homme n’assurait plus au lit, ses prestations étaient devenues...hem...hem.

 

«Désenvouté », Giuseppe a recouvré ses moyens. De l’obscurité, il est passé à la lumière. Personne ne s’est risqué à lui faire croquis de la situation. C’est lui-même qui, de ses yeux larmoyants, a commencé à faire le compte de ses pertes. On comprend sa rage. On comprend surtout ses réactions en chaîne : procédure de divorce, séparation de corps, coupure de la popote.

 

La sulfureuse chérie, démasquée, ne savait plus à quel bokonon se vouer. Giuseppe s’étant affublé désormais de tous les anti-missiles mystiques que son ex pouvait lui envoyer, il se mit à gonfler le torse, à jouer au garçon qui mange piment rouge. Bientôt, une autre nénette remplacera la vilaine. Dans Lokossa ville et brousse, ce n’est pas la denrée rare. Paraît même qu’on peut trouver des trentenaires vierges!

 

Il n’en fallait pas davantage pour que les cheveux se hérissent sur la tête de l’intenable Alice. Elle menaça sa rivale, supplia son ex-époux, sacrifia un crocodile. Il paraît même qu’elle alla passer la nuit dans le lit du chef brigade pour que celui-ci prenne son parti. Mais rien ne se passa. Le rire dans la gorge, Giuseppe lui demanda tout simplement d’aller brûler des cierges à l’église pour être absoute de ses péchés. La pauvre se fâcha pour une dernière fois. Elle promit à l’Italien et à sa rivale des lendemains sanglants. On croyait à une blague stupide. Nenni.

 

Giuseppe a été retrouvé dans sa maison, la gorge tranchée, les yeux exorbités. Sa nouvelle chérie a été vue dans la brousse, au sortir-est de Lokossa, gisant dans son sang. Alice en pleura. Elle pleura toutes les larmes de son corps, demandant à Dieu de punir les auteurs d’un tel crime. Mais depuis la tragédie d’Abel et de Caïn, on sait que les pleureurs les plus exubérants sont les criminels les moins crédibles en matière de dissimulation. Depuis un mois, Alice est en prison et clame son innocence. Et oui, la pauvre chérie est tout, sauf coupable!

Florent Couao Zotti 

 

Lanouvelletribune.info

 

 

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