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Conseils, science, sante et bien-être


Pour les nouvelles générations, le couple n’est plus un but en soi

Publié par MaRichesse.Com sur 6 Janvier 2017, 23:15pm

Catégories : #COUPLE, #RELATIONS, #VIE, #SCIENCE

Pour les nouvelles générations, le couple n’est plus un but en soi

Il y va désormais du couple en Occident comme des modèles politiques: on a un peu tout essayé, du couple marital qui, une fois sur deux, se termine mal, à l’amour libre, miné par l’incertitude. D’où un certain désarroi, parfois même un rejet. «Tous les indicateurs – nombre de divorces, augmentation du célibat, traitement des violences domestiques, inégalités hommes/femmes – démontrent que le couple est une institution en crise, une entité amenée à disparaître», dit la juriste Marcela Iacub qui vient de publier un essai sans appel intitulé «La fin du couple».

Elle est rejointe par le philosophe Vincent Cespedes qui s’en prend à l'«encouplement», cette obligation de former un couple de façon exclusive et officielle, cette «machine à arnaquer les femmes» et à encager l’amour qui pourtant ne connaît pas de lois. Plus modéré, le sociologue Jean-Claude Kaufmann, constate que le couple est devenu le maillon faible de l’ensemble de la famille, pris en tenaille entre deux tensions: le désir d’autonomie de l’individu qui veut être maître de sa vie et l’engagement autour de l’enfant qui exige une disponibilité sans faille.

Définir ses propres critères

Alors le couple est-il vraiment menacé? Et d’abord qu’est-ce qui le définit? Doit-il être forcément amoureux? Légitime? Dormir dans le même lit? Etre officiellement reconnu? S’installer dans la durée? Etre une étape avant un engagement plus sérieux? «Aujourd’hui, on voit de plus en plus de couples atypiques, en termes d’âge, de comportements, d’orientation sexuelle, d’aspiration et de mode de vie. Il n’y a plus un seul modèle mais plusieurs, en fonction des besoins des individus», explique Claude-Michel Gagnon, psychologue. En d’autres termes, dans une société de moins en moins homogène, le couple aspire à définir lui-même ses propres règles, y compris celle de ne pas se prétendre couple.

A cela, il faut ajouter qu’avec l’augmentation de l’espérance de vie, chaque homme, chaque femme, est amené potentiellement à vivre plusieurs vies à deux, souvent très différentes. A l’image de Marie, 49 ans, qui en est à sa troisième grande histoire d’amour, la meilleure. «C’est la plus belle parce qu’elle est déconnectée de l’obligation sociale – mon amoureux habite à 300 kilomètres –, et qu’elle n’engage plus le stress de construire une famille. Suis-je en couple? Je ne me pose même pas la question. «Je suis en amour.» Le couple, c’est surtout l’image que les autres vous renvoient.»

Le stress de la performance

Justement. Rappelez-vous! Dans les années 1990, il n’y en avait que pour lui. Une cohorte de psy et de sexologues nous expliquait comment prendre soin de son couple, le nourrir et le chérir pour le réussir. Un discours qui se voulait bienveillant mais qui, après l’Eglise, la pression familiale ou l’Etat, réglementait tout autant la relation amoureuse, lui ajoutant le stress de la performance.

C’est ce côté normatif qui dérange les 18-30 ans, cette génération qui dit croire en l’amour – c’est même une de ses priorités – mais se montre réticente à l’idée d’un engagement institutionnel avec son récit en trois temps: entrée dans la vie conjugale, passage à la mairie ou à l’église et naissance du premier enfant.

Titanic, le grand film d’amour

C’est cette même génération Y qui a élu «Titanic» plus grand film d’amour de tous les temps. Or, le couple formé par Leonardo DiCaprio et Kate Winslet n’est pas engagé dans la durée mais dans l’intensité, passionné mais non fusionnel, éphémère, certes, mais radicalement émancipateur: il permet de s’affranchir des conventions de classes, si marquées à l’époque, pour que chacun puisse s’accomplir. «Etre libre ensemble» pourrait être leur dicton. La colocation, que ces enfants – souvent de divorcés – ont adoptée depuis l’enfance, leur convient plutôt bien, y compris quand ils sont en couple.

Désenchantée la génération Y? Lucide plutôt. Témoins de l’échec parental, les 18-30 ans ont retenu que «l’amour ne durait que trois ans», et qu’il ne fallait pas en attendre des miracles. Une majorité de digital natives disent ainsi vouloir apprendre à vivre en solo, décider seuls de leurs choix professionnels et courir le monde, avant de construire, éventuellement, une vie à deux.

Une incertitude supplémentaire

Leur crainte de l’engagement n’est pas que sentimentale, elle est aussi logistique. Comment être un couple quand on vit encore chez ses parents parce que le marché immobilier est saturé, les études interminables et que le premier salaire tombe plus tard qu’avant? Comment miser sur la durée quand le monde du travail ne garantit aucun lendemain et que la mobilité est devenue la norme? Tous ces paramètres instables n’incitent pas forcément à en ajouter un supplémentaire.

Génération Tinder

L’idée, désormais, n’est plus de prendre soin de son couple, mais de savoir si on souhaite en former un. Si la réponse est oui, elle comprend une promesse: la fidélité. Ils sont 86% des moins de 30 ans à estimer que la fidélité est très importante, selon la grande enquête Génération What réalisée ce printemps en Europe et d’après le sondage que «Le Temps» a mis en ligne cet été.

Lire aussi: Sexualité, les nouvelles générations refusent de rentrer dans les cases

Retour aux valeurs traditionnelles? Non, cette fidélité relève moins d’une morale sexuelle que d’une éthique de la transparence: se faire confiance. Car cette génération plutôt idéaliste, totalement connectée, est aussi celle qui assume sans complexe le sexe sans amour, envisageant ces échanges comme un terrain d’expérimentation plutôt fun, où s’expriment différentes formes de sexualité. La génération Y pourrait aussi s’appeler génération Tinder, du nom de cette application de rencontres qui permet de visualiser rapidement plusieurs profils et de «matcher» si entente.

La psychanalyste Fabienne Kramer, auteur de «Solo, no solo» salue la simplicité de cette génération née avec la technologie mais pointe également l’angoisse qu’un marché aussi facile d’accès peut provoquer: «devoir renoncer à l’idée de tous les autres pour le choix d’un seul.» D’où la tendance des 18-30 ans à la procrastination, à reporter toujours plus tard ces échéances perçues comme des pressions et à envisager le célibat comme une option de vie aussi valorisante que le couple.


GENRE

Le couple arc-en-ciel

Jusque dans les années 80, un couple, c’était forcément un homme et une femme. Avec l’avènement des minorités sexuelles et de genre, le couple est aussi devenu arc-en-ciel. Echange de bons procédés, alors que la génération Y a emprunté les codes gays pour faciliter les rencontres sexuelles sans complexe, via certaines applications mobiles, la communauté LGBT, en s’emparant de ce bastion hétérosexuel qui était le mariage, a revalorisé la notion d’alliance pérenne. Il s’est ainsi approprié la protection – juridique, patrimoniale, fiscale – qu’apporte le couple et réaffirme l’importance de la reconnaissance sociale. Reste à savoir si le couple LGBT est très différent dans son fonctionnement et dans son rapport à l’égalité que le classique schéma hétérosexuel.


TECHNO

L’amour des écrans

Il a peut-être 18 ans; elle 17. Ils sont assis côte à côte dans le train. Très serrés, les jambes d’elle sur les genoux de lui, très amoureux. Ils s’embrassent souvent mais entre chaque baiser, chacun revient à son smartphone, lui pour jouer en ligne, elle pour poster des photos sur Instagram. Ils sont seuls au monde, mais branchés sur le monde. Les couples de la génération Y, nés avec le numérique, ne conçoivent plus la vie à deux sans ce tiers à la fois désiré et encombrant, réconfortant et chronophage: les écrans. Ces derniers sont les partenaires indispensables du couple Y qui entend à la fois se réaliser en solo, partager avec son amoureux et rester connecté en permanence avec sa communauté d’amis.


TELE-REALITE

La science comme marieur

Le coup de foudre? Aléatoire. Le mariage arrangé? Une insupportable pression familiale. La magie de la rencontre? Parfois une illusion. Echaudés par le taux d’échecs des unions – une sur deux – comment être sûr de son choix, ne pas être trompé sur la marchandise? M6, la chaîne spécialisée dans les rencontres improbables, a osé: faire appel à la science. L’émission «Mariés au premier regard» consiste à créer des couples de toutes pièces sur les bases d’une comptabilité sentimentale établie par des experts, un psychologue, une sexologue et un coach en séduction. Les couples jugés compatibles se rencontrent le jour de leur mariage. Et ça marche? Pas du tout à en juger par la première saison. Les quatre couples que la science avait réunis ont décidé de divorcer ou ne sont même pas arrivés jusqu’à l’autel.

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