Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


« Chez Nous », ce film que le Front national ne saurait voir

Publié par MaRichesse.Com sur 8 Janvier 2017, 06:24am

Catégories : #POLITIQUE, #TV

« Chez Nous », ce film que le Front national ne saurait voir

La Croix a assisté à la première projection officielle pour la presse du film Chez Nous de Lucas Belvaux, qui sortira le mercredi 22 février 2017. Le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu le dimanche 23 avril suivant.

Pas un film sur Marine Le Pen

La bande-annonce a aussitôt suscité les critiques du FN : « Je trouve ça proprement scandaleux, qu’en pleine campagne présidentielle, à deux mois du vote, on sorte dans les salles françaises un film qui est clairement anti-FN », s’est insurgé dès le 1er janvier Florian Philippot, sur Europe 1. 

Même si Lucas Belvaux estime que c’est « un film engagé » mais « pas militant », son intention est sans ambiguïté : « Dévoiler la supercherie qu’est le populisme ». Ajoutant : « La présidentielle approchant, il m’a semblé qu’il était urgent de faire ce film. »

 

Il ne s’agit pour autant pas d’un film sur Marine Le Pen, puisque le rôle inspiré par la candidate à l’élection présidentielle tient une place secondaire. De toute façon, Catherine Jacob (« Agnès Dorgelle »), qui l’incarne, y parvient difficilement. Il est certes plus facile de jouer un personnage de fiction qu’une personnalité réelle et ultra-médiatique.

 

Presque un documentaire

Il s’agit d’un film qui décrit l’implantation de l’extrême droite dans une ville du Nord de la France. Comment un médecin, Philippe Berthier (André Dussollier), vieux militant d’extrême droite, pousse une infirmière, Pauline Duhez (Émilie Dequenne) qui se dit plutôt à gauche bien qu’elle ne vote pas, fille d’un militant communiste ancien métallurgiste, à prendre la tête de la liste d’extrême droite aux élections municipales. Pas n’importe laquelle puisque y figurera également la présidente du parti.

La grande réussite de ce film est d’opérer cette description à travers les relations humaines. La fille devenue candidate d’extrême droite et son père communiste : « Tu trahis ta famille, ta classe », lui lance-t-il. L’infirmière et le médecin de famille, dont la face cachée se dévoile au fur et à mesure. Le cadre historique resté dans un mouvement en quête de respectabilité face au jeune militant qu’il a formé (Guillaume Gouix : « Stanko »), finalement exclu pour son radicalisme alors que d’autres de ses ex-camarades ont accepté de « mettre un costume ». « Mon histoire, c’est la vôtre », rétorque cependant le second au premier.

Tout est crédible dans ces personnages et dans la description d’une région et d’habitants qui se sentent abandonnés et plus représentés par la France politique et médiatique. À tel point qu’on a presque l’impression d’un documentaire. Cette crédibilité doit certainement beaucoup au coscénariste Jérôme Leroy, écrivain et rédacteur en chef culture du magazine Causeur, auteur en 2011 du livre qui a inspiré le film (Le Bloc, Gallimard). L’extrémisme religieux de patients musulmans d’Émilie Dequenne est d’ailleurs aussi montré. 

 

Quelques facilités et failles

La fiction cède néanmoins à quelques facilités, que ne manqueront pas d’exploiter ses détracteurs au sein du FN. Par exemple lorsque le parti demande à Émilie Dequenne de blondir la couleur de ses cheveux, ou lorsqu’il est fait allusion à un financement occulte.

En outre, si le processus par lequel une formation en manque de candidats peut rechercher et pousser des novices est bien décrit, ce n’était justement pas le cas à Hénin-Beaumont, ville jumelle de celle de l’œuvre, où Steeve Briois avait acquis un véritable ancrage local.

Enfin, le FN dira sans doute qu’il n’y a aujourd’hui en son sein que des « Pauline Duhez » dénuées de tout racisme, et qu’il n’y a jamais eu de « Stanko » ultras. Ce qui est faux : les cadres et militants du film tiennent les mêmes propos que de nombreux cadres et militants du FN, et des anciens « Stanko » en sont maintenant élus locaux. Il est en revanche vrai que le discours d’Agnès Dorgelle ressemble davantage à celui de Marion Maréchal-Le Pen, plus extrémiste sur l’identité, qu’à celui de Marine Le Pen. Encore une faille que les proches de cette dernière ne manqueront pas de souligner.

Source

Commenter cet article

Archives