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Voici comment Donald Trump peut devenir le 45e président des États-Unis

Publié par MaRichesse.Com sur 7 Novembre 2016, 13:00pm

Catégories : #POLITIQUE, #ETATS-UNIS

Voici comment Donald Trump peut devenir le 45e président des États-Unis

Il y a quelques semaines, Nate Silver, l'un des experts électoraux américains les plus réputés, expliquait que les chances d'une victoire de Donald Trump étaient équivalentes à celles de perdre à la roulette russe. Désormais, il faut rajouter une balle dans le barillet puisque, selon la même source, le candidat républicain a un peu plus d'une chance sur troisde l'emporter le 8 novembre.

Silver est l'un des experts les plus optimistes pour Trump, mais son estimation reflète une campagne qui s'est indéniablement resserrée en une dizaine de jours depuis le retour surprise du FBI dans la campagne. Il prévoit désormais un écart national d'un peu moins de 3 points en faveur de Clinton, contre un peu plus de 6 points après le troisième et dernier débat. L'écart moyen dans les sondages est passé sur la même période, qui a notamment vu un nouveau psychodrame autour des emails de l'ancienne secrétaire d'État, de 7 points à un peu moins de deux points. Certes, Clinton n'est pas à l'abri d'une bonne surprise. En 2012, Obama était au même point dans les sondages et l'avait emporté plus largement: ni les sondeurs ni la campagne de Mitt Romney n'avaient anticipé que l'efficacité de son organisation lui permettrait de largement mobiliser le jour J la coalition qui l'avait hissé au pouvoir en 2008.

Rappelons que l'élection ne se joue pas au niveau national, mais État par État: chaque État attribue un certain nombre de grands électeurs (de 3 pour les plus petits à 55 pour la Californie) au candidat arrivé en tête, qu'il le soit avec 90% ou une majorité relative de 40%. Le candidat qui remporte une majorité absolue des grands électeurs (270 sur 538) est élu président.

Voici à quoi ressemblera la carte électorale américaine si la moyenne des estimations de neuf principaux prévisionnistes au 6 novembre se vérifie. Clinton dispose d'un avantage substantiel (légèrement inférieur à celui d'Obama au soir de sa réélection) mais le système du collège électoral peut amplifier une avance nationale relativement mince.

 

 

 


Trump, lui, voit se dégager au loin ce que les Américains appellent un path to presidency,une combinaison potentielle d'États qui lui ouvrirait les portes du 1600 Pennsylvania Avenue à Washington, D.C.

Si l'on en croit les principales prévisions électorales et le déroulement de la campagne, les États suivants semblent déjà acquis à l'un ou l'autre des candidats, attribuant 203 grands électeurs à Clinton et 157 à Trump. La carte électorale est dans l'ensemble plus incertaine qu'en 2012, avec une quinzaine d'États en balance.


On le voit, le chemin à parcourir est plus long pour Trump. Mais voici en trois étapes, à partir de ce point de départ, comment il pourrait être élu.

 

1. Solidifier la base républicaine

Pour l'emporter, Trump doit déjà gagner tous les États remportés par Mitt Romney en 2012. Dans deux d'entre eux, la Géorgie et l'Arizona, la campagne Clinton avait commencé à fonder des espoirs il y a quelques semaines –notamment dans le second, où un électeur sur cinq est hispanique– mais la candidate démocrate n'y a été donnée en tête par aucun sondage depuis trois semaines.

Le cas de l'Utah est plus complexe, puisque dans cet État, l'un des plus républicains des États-Unis, Trump et Clinton sont concurrencés par un candidat indépendant, le conservateur Evan McMullin. Si a circulé l'hypothèse que, pour la première fois depuis cinquante ans, les deux grands candidats échouent à remporter un des États, Trump, pourtant très impopulaire chez les Mormons, part là encore favori.

Enfin, le dernier cas est le plus compliqué pour Trump: celui de la Caroline du Nord,gagnée par Obama en 2008, perdue en 2012. Les sondages y donnent le candidat républicain légèrement en tête et la mobilisation des électeurs noirs (22% de l'électorat, près du double de la moyenne nationale) y sera cruciale.

En remportant ces quatre États, Trump parviendrait à 206 grands électeurs.

 

 

2. Remporter tous les «pile ou face»

Dans le jargon de la politique américaine, un État est dit toss-up s'il est tellement serré qu'un des meilleurs moyens de tenter de prédire le résultat serait quasiment de lancer une pièce.

On retrouve dans cette catégorie les deux grands États qui ont le plus fait l'actualité électorale américaine depuis vingt ans, la Floride et l'Ohio. Les sondages donnent une avance réduite à Clinton dans le premier (troisième État le plus peuplé de l'Union, avec 29 grands électeurs) et une avance un peu plus confortable à Trump dans le second. Une défaite de Trump en Floride, où le vote anticipé des électeurs hispaniques est annoncé en nette hausse, lui barrerait quasiment la route de la Maison-Blanche.Deux plus petits États, le Nevada et l'Iowa, y figurent également, avec à chaque fois une avance modeste pour Trump dans les sondages. Mais en ce qui concerne le Nevada, ces sondages semblent pour l'instant contredits par les premiers chiffres du vote anticipé, qui montrent un électorat hispanique (18% des électeurs) très mobilisé. Au point qu'un analyste y juge déjà que le candidat républicain est «mort».

En remportant ces quatre États, Trump parviendrait à 265 grands électeurs, à cinq grands électeurs de la victoire.

 

3. Percer une des défenses du «mur bleu»

C'est là que les choses se compliquent pour le candidat républicain. Depuis plusieurs mois, une théorie (contestée) veut que Clinton dispose d'un «mur bleu», d'un «pare-feu», c'est à dire une série d'États où sa base est tellement solide qu'il est quasiment impossible pour Trump d'espérer en remporter un seul, alors que cela lui est indispensable pour gagner.

Dans cinq des États en question, le Colorado, le Minnesota, la Pennsylvanie, leWisconsin et le Michigan, les sondages donnent à Clinton une avance moyenne oscillant de 2,4 points à 6 points, mais certains ont été abondamment sondés, d'autres beaucoup moins. Les prévisionnistes divergent sur celui qui semble le plus atteignable, ce qui montre à quel point la situation de Trump est précaire.

Le Colorado paraît serré au vu des sondages, mais dispose d'une forte base d'électeurs hispaniques (un électeur sur six) et Trump n'y a pas été donné gagnant une seule fois depuis la fin septembre. Des États plus blancs et moins diplômés que la moyenne, comme la Pennsylvanie, le Wisconsin ou le Michigan, semblent plus prometteurs pour les Républicains. La Pennsylvanie, où Trump n'a été donné gagnant qu'une fois, en juillet, a été au cœur de la campagne, et la campagne Clinton a récemment laissé tranparaître son inquiétude sur le Michigan, tandis que Trump a tenté une audacieuse percée dans le Minnesota.

Si le candidat républicain arrive devant dans un seul de ces États, il remporte l'élection. Ils ne pèsent pas tous du même poids et, par exemple, une victoire de Trump en Pennsylvanie (20 grands électeurs) l'autoriserait même à perdre un ou deux petits États.

Le dernier État du «mur bleu», enfin, est à la fois le plus menacé et celui qui débouche sur les scénarios les plus baroques: c'est le New Hampshire, l'État le plus conservateur de la Nouvelle-Angleterre et un des plus racialement homogènes (94% de blancs non-hispaniques). Les derniers sondages y montrent une remontée de Trump: s'il le remporte, les deux candidats pourraient se retrouver à égalité 269-269.

 

4. Scénarios pour une apocalypse

Si une victoire de Trump serait à n'en pas douter extrêmement difficile à digérer pour le camp Clinton, plusieurs scénarios pourraient se révéler encore plus cruels pour les Démocrates et promettre une interminable nuit électorale, voire plusieurs semaines d'incertitude.

Trump pourrait l'emporter d'un seul vote. Deux États se distinguent par un mode d'élection particulier, le Nebraska (républicain) et le Maine (démocrate). Le vainqueur dans l'ensemble de l'État y remporte deux grands électeurs et un grand électeur est ensuite attribué au vainqueur de chaque circonscription législative. Or, le nord du Maine, par exemple, est une zone très disputée et pourrait basculer vers Trump, ce qui donnerait cette carte électorale s'il remporte aussi le New Hampshire voisin.


(L'hypothèse inverse est possible, mais un peu moins probable: le district d'Omaha, dans le Nebraska, pourrait basculer vers Clinton –Obama l'avait emporté en 2008–, faisant plafonner Trump à 268 grands électeurs. Dans les deux cas, on parle d'un résultat qui se joue à une poignée de milliers de voix...)

Trump pourrait l'emporter avec une égalité. En cas d'égalité 269-269, ou si aucun candidat n'atteint les 269 grands électeurs car un troisième candidat a remporté un ou plusieurs États, c'est la Chambre des représentants qui élit le président, à raison d'une voix par délégation de chaque État, soit 50 voix au total. Dans la Chambre sortante, les Républicains dominaient 33 délégations, et devraient maintenir leur avantage dans la nouvelle.


Trump pourrait l'emporter avec moins de voix que Clinton. On se souvient qu'en 2000, George W. Bush avait battu Al Gore en recueillant 500.000 voix de moins au niveau national. Si ce scénario se reproduit cette année, cela devrait encore être au dépens des Démocrates: Clinton est en moyenne moins forte qu'Obama dans les swing states et, grâce à son très fort soutien chez les électeurs très diplômés ou chez les minorités, plus forte dans des États déjà largement acquis aux Démocrates (la Californie, le Maryland...) ou aux Républicains (le Texas), et où faire cinq points de plus ou de moins ne changera rien à son sort.

Trump pourrait l'emporter grâce aux voix des Verts. Si l'élection se joue à une poignée de dixièmes dans un seul État, comme en 2000 en Floride, la candidate du Green Party Jill Stein, que les sondages donnent en moyenne à 2%, risque d'être regardée pendant longtemps comme son devancier Ralph Nader.

Trump pourrait l'emporter grâce au lâchage d'un grand électeur. La moitié des États environ imposent que les grands électeurs votent pour le candidat pour lequel ils se sont engagés, l'autre ne prévoit rien. En août, un grand électeur de Géorgie avait démissionné après avoir menacé de lâcher Trump. Ces derniers jours, un électeur de Clinton dans l'État de Washington a menacé de ne pas voter pour elle. Si Clinton obtenait pile 270 grands électeurs mais que l'un d'entre eux faisait défaut, l'élection arriverait devant la Chambre des représentants.

Tous ces scénarios peuvent évidemment se cumuler. Et c'est comme ça que, le 20 janvier 2017, les militants démocrates regarderont peut-être l'investiture du 45e président des États-Unis, Donald J. Trump, vainqueur avec 1 million de voix de moins que son adversaire et désigné par la Chambre des représentants après que le lâchage d'un grand électeur ait créé une égalité parfaite. 

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