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Suisse : ces milliards "gelés" qui dorment bien au chaud

Publié par MaRichesse.Com sur 29 Novembre 2016, 11:00am

Catégories : #SUISSE, #ECONOMIE, #MONDE, #ARGENT

Suisse : ces milliards "gelés" qui dorment bien au chaud

Retour dans les années 1990 : la vente par Thomson-CSF de six frégates à la marine taïwanaise, pour un montant record de 16 milliards de francs, donne lieu à une incroyable distribution de pots-de-vin et de rétrocommissions. Car il a fallu payer, et payer cher, pour que Taïwan choisisse du matériel français, et que la Chine ferme les yeux sur cette vente. Et pour rétribuer des personnalités françaises, qui n'ont jamais été inquiétées. Dans ce dossier très médiatique apparaissaient les noms de l'ancien ministre Roland Dumas, de son ancienne maîtresse Christine Deviers-Joncour, de Loïk Le Floch-Prigent, ancien PDG d'Elf, et de son bras droit Alfred Sirven. D'autres ont eu moins de chance, notamment un agent de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Ils sont morts défenestré un soir de grand vent, ou électrocuté avec un sèche-cheveux. Le principal intermédiaire, Andrew Wang, réfugié à Londres, avait caché en Suisse 800 millions de dollars.
Entre 2000 et 2003, à la demande des justices française et taïwanaise, la Suisse séquestre ce trésor de guerre. Au moins 520 millions de dollars sont liés à la vente des six frégates. Depuis plusieurs années, Taïwan réclame la restitution de cet argent. En effet, le contrat interdisait le recours aux intermédiaires et aux commissions. Et les pots-de-vin ont bien été ajoutés dans le prix des frégates. En 2016, Berne se tâte encore pour savoir s'il va restituer les 800 millions de dollars. Quant au "propriétaire" des comptes, Andrew Wang, il est décédé l'année dernière.

Une peine pécuniaire avec sursis

Mais en termes de lenteur, le dossier dit des frégates n'est rien à côté des fonds qui appartenaient à feu Jean-Claude Duvalier, dit "Bébé Doc", disparu en 2014. Haïti réclame depuis 1986 le pactole détourné par le tyran... Quant aux avoirs du dictateur tunisien Ben Ali cachés dans les coffres des banques genevoises, à ce jour, Tunis n'a pu encaisser en mai dernier que… 250 000 francs suisses (230 000 euros). Le Ministère public de la Confédération a bien condamné l'un des gendres de Ben Ali, mais seulement à une peine pécuniaire de 375 000 francs (330 000 euros) avec sursis.
Toutefois, tout n'est pas à mettre sur le compte de la mauvaise volonté des établissements financiers des bords des lacs du Léman, de Lugano et de Zurich. Il est incroyablement difficile de remonter jusqu'à un tyran cleptomane. Il n'existe en général pas de documents écrits, pas de comptes à son nom. Généralement, il se dissimule derrière des sociétés offshores domiciliées au Panama, aux Seychelles ou aux îles Vierges. Inutile d'envoyer des commissions rogatoires, elles se perdront dans les sables. Et même lorsque Berne se décide à renvoyer l'argent, comme dans l'affaire Abacha, au Nigeria, les millions disparaissent presque instantanément à leur retour.
800 millions venant du Brésil

Dans son rapport de gestion sur l'année 2015, le Ministère public de la Confédération évoque l'extrême complexité des enquêtes pénales. Notamment celles en relation avec la Fédération internationale de football association (Fifa). Il faut décortiquer plus de 130 relations bancaires. La justice suisse ne sait pas encore « si c'est en violation de son devoir de fidélité envers la Fifa que Joseph Blatter a libéré, en février 2011, un paiement de plus de 2 millions de francs suisses à Michel Platini ». Quant aux « avantages indus [qui] auraient été octroyés à des membres du comité exécutif de la Fifa » concernant l'attribution des Coupes du monde 2018 et 2022, peut-on espérer le savoir avant que ces événements n'aient lieu ?
Alors, combien de milliards la Suisse séquestre-t-elle ? Malgré une enquête très poussée, La Tribune de Genève reconnaît qu'elle n'a pas pu obtenir de chiffre global. Certains avoirs sont gelés par le département fédéral (ministère) des Affaires étrangères, d'autres par le secrétariat d'État à l'Économie. Sans oublier le Ministère public de la Confédération et les 26 cantons et demi-cantons de Suisse.
Dans ce hit-parade des saisis, outre l'affaire des frégates, on retiendra 800 millions de dollars venant du Brésil, autant d'Ouzbékistan, 650 millions de la République tchèque et 570 millions d'Égypte. Des montants qui continuent de fructifier au chaud, au fin fond des coffres des banques suisses. 

 Lepoint

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