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Le pape François limite l'influence de la curie romaine

Publié par MaRichesse.Com sur 19 Novembre 2016, 09:01am

Catégories : #RELIGION, #MONDE

Le pape François limite l'influence de la curie romaine

 Samedi, le Souverain Pontife nomme dix-sept nouveaux cardinaux. Par ces choix, il continue de façonner une Église à sa manière.

Le pape François continue à affaiblir le pouvoir de la curie romaine pour donner plus de place aux Églises locales. Ce 19 novembre, et pour la troisième fois de son pontificat, il nomme une promotion de nouveaux cardinaux. Sur dix-sept promus, un seul occupe une fonction romaine, l'Américain Kevin Farrel. Sous Jean-Paul II ou Benoît XVI les nominations cardinalices, une vingtaine en moyenne par «consistoire», nom de la cérémonie de création de nouveaux cardinaux, réservaient en priorité un petit quart de sièges à des membres de l'administration romaine.

Si le conclave du 13 mars 2013, qui vit l'élection du cardinal Bergoglio, comptait 35 % de cardinaux de curie, ils seraient seulement aujourd'hui 28 % travaillant au Vatican. Avec ce troisième consistoire François confirme donc sa politique volontariste de décentralisation de l'Église catholique.

Deux autres tendances lourdes se dessinent: la lente érosion des cardinaux européens qui passent de 60 électeurs fin 2000 à 54 aujourd'hui. Ce décrochage de l'Europe a été acté lors du consistoire de février 2015. Les Européens formaient 52 % des votants en 2013. Ils sont à 45 % aujourd'hui.

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Avec toutefois une aberration continue: il y a toujours 25 cardinaux italiens électeurs (âgés donc de moins de 80 ans), soit plus du double que l'Afrique qui ne dispose que de 15 cardinaux! Par comparaison la France dispose de 5 électeurs.

La seconde tendance de long terme, très visible dans cette promotion, est la montée en puissance des Nord-Américains dans le collège des hommes en rouge: les représentants des États-Unis et du Canada étaient 13 en l'an 2000, ils sont 17 aujourd'hui, à égalité avec l'Amérique latine. Bien sûr, le pape François ne néglige pas ses confrères latino-américains qui furent favorisés dans la première promotion de 2014, ni l'Afrique ni l'Asie mais il démontre une attention particulière pour le continent américain.

Mais choisir et nommer des cardinaux - ils sont 228, dont 121 électeurs à ce jour - parmi 5000 évêques qui chapotent eux-mêmes 415.000 prêtres, n'est toutefois pas un simple exercice de géopolitique. François recherche des gens de terrain, très impliqués socialement, dans des zones éloignées, les fameuses «périphéries». Ce qui n'est pas anodin. Car choisir des cardinaux revient, pour un pape, à sélectionner ceux qui éliront son propre successeur.

Avant l'élection du pape François, la sélection des cardinaux obéissait à des règles vaticanes non écrites mais strictes: étaient retenus des prélats liés aux plus hautes fonctions occupées dans l'Église, postes de responsabilité à la curie ou sièges épiscopaux de capitales. Le pape avait en réalité peu de marges pour façonner une Église à sa manière. Le pape argentin a décidé de ne plus tenir compte de cette pratique qui favorisait, il est vrai, la mainmise italienne sur le gouvernement de l'Église. François veut choisir ses hommes loin des préséances et des pressions de la curie…

Mais cette nouvelle ère suscite des blocages. Beaucoup critiquent en coulisse le fait que le Pape gouverne plutôt seul sans écouter son appareil romain. Un dossier, qui n'a rien à voir en apparence, cristallise cette tension: l'ouverture aux divorcés remariés, décidée, l'an passé, par le synode sur la famille.

Cette évolution ne cesse d'alimenter une tension interne qui affecte ce consistoire 2016 où, pour la première fois, hormis la célébration de samedi et la messe de dimanche, le Pape ne recevra pas, comme de coutume, l'ensemble des cardinaux.

La nécessité d'un «discernement» au cas par cas

Une lettre adressée au Pape en septembre 2016 et signée par quatre cardinaux, Raymond Burke, Carlo Caffarra, Walter Brandmüller et Joachim Meisner, a en effet été rendue publique la semaine dernière. Elle déplore «l'incertitude, la confusion et le désarroi chez un grand nombre de fidèles» que ce synode aurait semé et demande à François d'«apporter de la clarté».

François a répondu sèchement vendredi 18 novembre dans les colonnes du quotidien catholique italien Avvenire. Le Pape fustige la vision «en noir et blanc» de «certains» qui «continuent de ne pas comprendre» le «flux de la vie» des couples concernés. Il confirme la nécessité d'un «discernement» au cas par cas.

Mais il ajoute cette remarque importante: «Le concile a demandé cela, mais les historiens disent qu'un concile, pour être bien absorbé dans le corps de l'Église, a besoin d'un siècle… Nous en sommes à la moitié».

François sait que le chemin de la réforme de l'Église catholique sur ce dossier comme sur d'autres et pour lequel il a été élu, est semé d'embûches. Ainsi la décentralisation romaine. Elle est à l'ordre du jour depuis… cinquante ans dans l'Église. 

 Lefigaro

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