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La vérité sur l'incroyable aveuglement de Sarkozy

Publié par MaRichesse.Com sur 22 Novembre 2016, 00:51am

Catégories : #POLITIQUE, #FRANCE

Jusqu'au bout, Nicolas Sarkozy s'est persuadé de sa victoire au premier tour de la primaire de la droite, pour ne pas dire de la primaire tout court. Ces talents d'orateur n'y auront rien fait. Le peuple de droite a tranché définitivement la tête de son ancien leader.

La vérité sur l'incroyable aveuglement de Sarkozy
 

Nicolas Sarkozy avait raison quand il confiait à François Fillon –c’était à l’époque, lointaine, où ils se faisaient encore des confidences– "que dans notre monarchie républicaine, lorsque les Français coupent la tête de leur roi, il ne fallait pas imaginer qu’ils la recolleraient ensuite sur les épaules, même avec de la colle forte". C’était bien vu. L’ancien président Valéry Giscard d’Estaing en avait administré la preuve avant lui: le peuple volontiers guillotin ne se déjuge pas. Quand il s’est dépris du monarque républicain et a fait tomber son verdict souverain, rien ne sert de courir, il faut partir. Un point c’est tout! Alors pourquoi l’ancien chef de l’Etat, s’est-il ainsi aveuglé. Au-delà de l’hubris et de son mépris pour ses rivaux –"tous des nuls"- pourquoi cet aveuglement du plus aiguisé des politiciens de sa génération?

Jusqu’au dernier moment, jusqu’en début de soirée de ce dimanche fatal pour lui, Nicolas Sarkozy s’est raconté, nous a raconté des histoires à dormir debout. Dans l’après-midi même des votes erronés sur les territoires d’Outre-mer ont alimenté son rêve du retour impossible. Il a fallu attendre des résultats irréfutables, alors que sondages et témoignages de son échec s’étaient multipliés pour qu’il cesse de se bercer de ces calembredaines qui en disent beaucoup du déni qui l’a habité. Des illusions qu’il a su faire partager à tous ses proches bluffés par les foules de fans enamourées qui se bousculaient pour ses signatures de livre, qui riaient à ses mimiques et à ses blagues grasses comme des frites.

Provocateur

Ses talents de comique et d’orateur étaient incontestables. Provocateur, il nous lançait "venez donc à mes meetings, vous êtes incapables de saisir ce qui se passe sur le terrain, ce peuple qui vibre…" On venait. On admirait le travail d’artiste et la chaleur affectueuse de ces sarkozystes… d’autrefois; Toujours les mêmes. Aucun retour de flamme des déçus d’hier, des rebutés d’avant-hier, des dépités d’avant avant-hier. Le sarkozysme réduit au carré des fidèles qui ne se reconnaissaient pas dans le "bourgeois et mollasson Alain Juppé". Mais pas ou peu d’ex-fans passés au FN et qu’il aurait reconquis par sa fougue et son énergie. Les cocus ne reviennent pas cinq ans plus tard pour payer la chambre…

Alors, bien sûr, "nous n’avions pas vu, comme les sondeurs , 'le vote caché' en sa faveur. Nous étions aveugles", puisque journalistes et membres par définition de "la bobosland germanopratine qui se retrouve au café de Flore". Mais ça fait longtemps qu’il n’y a plus que des touristes japonais au café de Flore, et plus longtemps encore que nous avons appris des meetings du parti communiste puis de ceux du RPR que Charles Pasqua remplissait à coups d’autocars, qu’il n’y a rien de plus trompeur que les militants en chaleur.

Comique troupier

Un meeting rempli ne fait pas forcément une urne débordante. Pire encore, l’image caricaturale donnée par les loupes médiatiques de ces foules incandescentes rebutent les modérés. Plus Sarkozy cabotinait en scène, et plus il ravivait les rejets. A commencer par celui de la droite convenable qui lui avait déjà signifié son congé en 2012. Car c’est cet électorat modéré qui lui avait manqué pour avoir trop rabaissé la fonction présidentielle.

Le candidat à sa revanche rejouait un rôle de comique troupier dont la droite la première ne voulait plus entendre parler, cherchant désespérément qui, après Nicolas Sarkozy et François Hollande, pourrait enfin relever la fonction…Juppé trop immobile à la verticale détruisit lui-même ce mirage de hauteur et laissait la place à François Fillon, "une dignité tranquille, mais en mouvement"…

Jeudi dernier, lors d’une réunion du très select club des juristes, alors que nous rappelions à Nicolas Sarkozy cette loi cruelle du peuple qui guillotine une fois pour toutes, loi qu’il avait lui-même édictée, sa réponse fut virulente: "vous vous êtes toujours trompé, vous n’avez rien compris, lançait-il, sous les approbations d’une salle moqueuse. Rien compris à la colère qui saisit ce pays en profondeur. Mais comme je suis généreux, je vous inviterai à boire un verre quand j’aurai gagné." Il me semble bien que je vais devoir régler la tournée… 

 Challenges.fr

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