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La drogue, un marché à 2,3 milliards d'euros en France

Publié par MaRichesse.Com sur 5 Novembre 2016, 09:00am

Catégories : #ECONOMIE, #FRANCE, #INFOGRAPHIE

Plus de 285 tonnes de cannabis et 15 tonnes de cocaïne seraient consommées chaque année en France selon l'Inhesj. (Crédits : Fabrizio Bensch /Reuters)

Plus de 285 tonnes de cannabis et 15 tonnes de cocaïne seraient consommées chaque année en France selon l'Inhesj. (Crédits : Fabrizio Bensch /Reuters)

Bien qu'il soit difficile d'avoir des chiffres précis sur les bénéfices tirés par le marché de la drogue, l'étude effectuée et publiée mercredi 2 novembre par les chercheurs permet d'avoir des ordres de grandeur sur les flux financiers et le nombre de personnes impliquées dans ces activités.

Un chiffre d'affaires dominé par le cannabis et la cocaïne

Sur les cinq types de drogues retenus par l'Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ), le cannabis représenterait près de la moitié de ce marché (48%) suivi par la cocaïne (38%). En valeur absolue et selon l'estimation la plus probable, le chiffre d'affaires généré par le cannabis s'élèverait à plus de 1,1 milliard d'euros.

Pour le cannabis, si le marché a pris de la valeur entre 2005 et 2010 passant de 832 millions d'euros à 1,1 milliard, ce n'est pas en raison de la hausse du volume vendu en France mais de l'augmentation des prix.

"Autrement dit, il n'a pas été vendu plus de quantité de cannabis en France entre 2005 et 2010 mais, les consommateurs se procurent du cannabis plus cher et est plus dosé en THC (ndlr : la substance psychoactive). L'augmentation du prix du cannabis a eu pour effet de faire augmenter le chiffre d'affaires du cannabis de 33%."

Une organisation pyramidale

Les résultats obtenus par l'institut permettent d'estimer le nombre de trafiquants de cannabis en France à plus de 236,000 si l'on agrège les différents types de personnes impliquées. L'organisation pyramidale permet ainsi de se faire une idée du nombre d'individus impliqués sachant que la notion de trafiquant est prise dans sa conception la plus large. "C'est l'ensemble des personnes impliquées dans la revente qui est pris en compte, à savoir guetteurs, revendeurs, comptables, personnes chargées du contrôle et de la sécurité des transactions, conducteurs de go fast."

 

Si les modes d'organisation peuvent évidemment être bien plus complexes comme le rappelle les auteurs de l'étude, ces derniers considèrent que le réseau de distribution moyen observé en France se divise en quatre strates. Les chercheurs ont ainsi pu en tirer de telles conclusions à partir des résultats d'enquêtes quantitatives et qualitatives. Par ailleurs, les réseaux de distribution de cannabis sont les plus documentés du fait de leur ancienneté et leur description est donc plus fiable. Ce qui permet aux chercheurs de conclure que "cette structure organisationnelle ne semble pas avoir évolué depuis 20 ans."

Un trafic très rentable

Pour estimer la rentabilité du marché du cannabis, les chercheurs ont mis en place une modélisation qui leur permet d'affirmer que le niveau de rentabilité se situerait entre 30% et 40% des sommes investies. Ce qui en fait une activité très lucrative. L'autre drogue encore plus rentable serait la cocaïne selon les experts. Le taux de rentabilité se situerait entre 40% et 60%. Il s'agit bien ici d'estimations qui peuvent présenter des limites comme le souligne l'étude. "Bien sûr, cette modélisation souffre d'une insuffisante prise en compte de coûts structurels tels que le blanchiment, la corruption."

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Méthode : "la méthodologie empirique mise en œuvre ici repose sur l'utilisation des données et connaissances que les auteurs ont de la demande émanant du marché, notamment des prévalences d'usages, des connaissances que les chercheurs ont des modes de consommation et d'obtention des produits, mais aussi d'autres variables comme le prix et la qualité des drogues au niveau de la vente de détail. Cette méthodologie est confrontée pour le cas du cannabis à l'estimation de la taille du marché à partir des dépenses déclarées par les usagers eux-mêmes dans le Baromètre santé 2010."

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