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L'enquête progresse au Maroc après la mort d'un vendeur de poissons

Publié par MaRichesse.Com sur 2 Novembre 2016, 14:03pm

Catégories : #AFRIQUE, #MONDE, #FAITSDIVERS, #JUSTICE

L'enquête progresse au Maroc après la mort d'un vendeur de poissons

Onze personnes soupçonnées notamment «d'homicide involontaire» ont été présentées mardi à un juge d'instruction. De plus, de nouveaux éléments émergent sur le déroulé du drame.

Onze personnes soupçonnées notamment «d'homicide involontaire» ont été présentées mardi à un juge d'instruction au Maroc, quelques jours à peine après la mort d'un vendeur de poissons qui a suscité indignation et manifestations dans le pays.

 

Mouhcine Fikri, âgé d'une trentaine d'années, est décédé vendredi soir écrasé par le mécanisme de compactage d'une benne à ordures dans la ville côtière d'Al-Hoceima. Il tentait alors de s'opposer à la saisie et à la destruction de sa marchandise, de l'espadon, une espèce interdite à la pêche à cette époque de l'année.

Les circonstances de sa mort ont provoqué une vague de manifestations populaires à Al-Hoceima, dans la région du Rif, et des rassemblements de moindre ampleur dans d'autres grandes villes. Lundi, plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés pour la quatrième journée consécutive à Al-Hoceima. «Les manifestations se poursuivront jusqu'à ce que tous les responsables de ce crime soient punis», a déclaré Al Houssine Lmrabet, l'un des organisateurs de la contestation. «Nous voulons aussi la garantie que cela ne se reproduira pas. Cela doit commencer en chassant les personnes corrompues de l'administration publique». Le roi Mohammed VI avait très vite ordonné une enquête «minutieuse et approfondie» sur le drame.

Un jeune femme brandit le drapeau berbère lundi à Al-Hoceima.

 

Ce mardi, le procureur général du roi à Al-Hoceima a donc annoncé avoir déféré devant le juge d'instruction 11 personnes «pour faux en écriture publique et homicide involontaire suite au décès de Mouhcine Fikri». Parmi elles figurent «deux agents d'autorité (cadres du ministère de l'Intérieur), le délégué de la pêche maritime, le chef de service de la délégation de la pêche maritime et le médecin chef du service de la médecine vétérinaire», a précisé le procureur. Tous les cinq, ainsi que trois employés de la société de nettoyage, ont été placés en détention préventive.

 

Les enquêteurs ont établi que le conducteur dans la cabine du camion avait «reçu un signal d'un ouvrier de la société (de ramassage des ordures) d'alimenter la benne-tasseuse en électricité» alors que Mouhcine Fikri était monté avec plusieurs personnes à l'arrière de cette benne «pour empêcher que ses poissons n'y soient chargés», selon le parquet. «La benne-tasseuse s'est alors mise en marche (...), provoquant ainsi la mort» de Fikri.

Le parquet a estimé que «les actes commis revêtent le caractère d'un homicide involontaire». Ce point en particulier avait suscité la polémique et la colère des habitants d'Al-Hoceima, certains suspectant qu'un ou des représentants de l'autorité avaient ordonné ou volontairement mis en marche le mécanisme de compactage alors que Fikri était à l'arrière du camion.

D'après les éléments de l'enquête, l'homme avait acheté à des pêcheurs du port d'Al-Hoceima près de 500 kg d'espadon, une espèce interdite à la pêche en automne. Il avait confié sa marchandise à un tiers, dont le véhicule avait échappé aux habituels contrôles à la sortie du port. Signalé à la police, le véhicule avait été finalement arrêté sur une avenue de la ville.

Venu sur place, un représentant de la délégation de la pêche maritime «a constaté des infractions». La police a «informé le parquet général qui a ordonné de remettre le conducteur et les poissons saisis au délégué de la pêche maritime». Le vétérinaire a alors ordonné la destruction du poisson, faute de document attestant de son origine. Il a été fait appel «à un camion de ramassage d'ordures». La société de ramassage a exigé un «ordre de destruction» écrit avant de procéder à la manoeuvre. Cet ordre a été rédigé sur place et remis au représentant de la société de ramassage d'ordures. Pour le parquet, ceci «constitue (...) un faux en écriture publique».

Une marée humaine avait assisté aux funérailles de Fikri dimanche près d'Al-Hoceima.

 

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