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Donald Trump, le porte-voix de l'antipolitique

Publié par MaRichesse.Com sur 2 Novembre 2016, 18:11pm

Catégories : #TRUMP, #POLITIQUE, #ETATS-UNIS

Donald Trump, le porte-voix de l'antipolitique

C’est en homme d’affaires que le candidat républicain compte rendre sa grandeur à l’Amérique. A 70 ans, le milliardaire new-yorkais a mis le système sens dessus dessous. Portrait d'un homme obsédé par la peur de insignifiance

Il le professe devant des foules en délire: il est le seul à même de restaurer la grandeur de l’Amérique. Comme un Ross Perot avant lui, Donald Trump, 70 ans, se targue d’être un businessman et non un homme politique corrompu par le microcosme incestueux de Washington. Rien à voir avec Bill Clinton et Barack Obama qui ont signé, selon lui, les pires accords dans l’histoire des Etats-Unis, le premier paraphant le traité de libre-échange de l’Alena (Etats-Unis, Canada, Mexique) et le second un accord sur le programme nucléaire iranien.

Or pour le candidat républicain, le monde est un jeu à somme nulle. On perd ou on gagne. S’il est élu à la Maison-Blanche le 8 novembre, il promet de «battre la Chine, de battre le Japon». Son talent de négociateur, il l’expose dans un livre publié en 1987, The Art of the Deal qu’il présente comme la bible du futur président-
entrepreneur des Etats-Unis.

L'exemple du père

Pour se forger cet esprit de «guerrier», Donald Trump a suivi l’exemple de son père, Fred, qui a construit de vastes complexes immobiliers à Brooklyn et dans le Queens, deux arrondissements de New York. Il s’est inspiré du style agressif et autoritaire du patriarche, décédé en 1999, qui refusait à l’époque de louer ses appartements à des «nègres». Il en a même bravé l’avertissement: il a élargi avec succès l’empire Trump à Manhattan. Mais six faillites et de lourdes pertes plus tard, l’image du milliardaire à qui tout réussit s’est écornée.

Donald Trump a aussi appris de son frère. 
De huit ans son aîné, Freddy est mort à 43 ans, noyé dans l’alcool. Le profil type du loser, le pire qualificatif pouvant être attribué à un être humain selon Donald Trump. Il en a tiré une leçon: il ne touche ni à l’alcool, ni à la cigarette.

Tout de suite, des propos choquants

Depuis qu’il a lancé sa campagne électorale le 16 juin 2015 au sein de la Trump Tower de Manhattan, le candidat républicain monopolise l’attention. D’emblée, il qualifie les immigrants mexicains qui foulent le sol américain de «violeurs», de «criminels». Après la fusillade dans une boîte gay d’Orlando perpétrée par un Américain d’origine afghane, il appelle à interdire tout musulman étranger d’entrée aux Etats-Unis, choquant une entière communauté religieuse. 
Il imite en direct un journaliste handicapé. Il déclare un juge américain né dans l’Indiana incapable de se pencher objectivement sur le cas de fraude dont il est accusé avec sa Trump University. Motif: ses parents sont des immigrés mexicains.

Rompre le moule

Peu importent les outrages, peu importent les faits. Sa première qualité, c’est de rompre le moule du politiquement correct, d’être le porte-
drapeau de l’antipolitique, un mélange de Beppe Grillo et de Silvio Berlusconi. Donald Trump, ce sont des formules chocs, des phrases jamais finies et souvent peu cohérentes. Un langage simple appris en animant pendant dix ans l’émission de téléréalité «The Apprentice» sur NBC. La révolution trumpiste, c’est toutefois plus que cela.

C’est le flair d’un homme d’affaires sans appareil politique, qui utilise la puissance des réseaux sociaux pour se créer un électorat dont il est dépourvu. A sa surprise, des millions de citoyens mordent à l’hameçon. 
Sa stratégie fonctionne: il provoque une disruption majeure du système politique. Twitter, où il a environ 13 millions de followers, est son arme de prédilection.

Nul besoin d'une idéologie

Inutile de s’embarrasser d’une vision politique ou d’une idéologie. Donald Trump parvient, par un discours catastrophiste, à agréger toutes les colères de l’Amérique, aussi diverses soient-elles. Sa campagne, c’est un modèle de politique de la terre brûlée. Il se voit comme l’incarnation d’un changement, le pendant disruptif du «Yes We Can» d’Obama. A son crédit, le tribun new-yorkais a une habileté remarquable à cerner l’état d’esprit d’une partie de l’opinion publique. Illustration: le jour du vote en faveur du Brexit, la sortie du Royaume-
Uni de l’Union européenne, Donald Trump inaugure l’un de ses nouveaux complexes de golf en Ecosse, laissant entendre que Trump sera la version américaine du Brexit.

Quatorze millions d’Américains ont ainsi voté pour lui lors des primaires. Ils seront peut-être cinquante millions ou plus à voter pour lui le 8 novembre. S’il perd la présidentielle, dit-il, c’est parce que le scrutin est manipulé, sapant l’un des principes fondateurs de la démocratie: la confiance dans un processus électoral qui s’est construit pierre par pierre depuis la guerre de Sécession. Lui-même prédit une crise constitutionnelle et ses partisans menacent le pays d’une insurrection.

Un intérêt politique depuis 1987

La candidature de Donald Trump n’aurait pas dû être une surprise. 
Le magnat de l’immobilier manifeste un intérêt pour la présidence depuis au moins 1987. Cette année-là, il avait fait publier des pages de publicité dans les journaux du pays et s’était rendu dans le New Hampshire pour souligner qu’il était temps d’élire la bonne personne (lui) à la Maison-Blanche. Fausse alerte. En 2000, il déclarait qu’il y avait «de fortes chances» qu’il soit candidat. Et puis rien.

En 2011, quand il s’érige en héraut du mouvement des birthers, ces Américains qui pensent que Barack Obama n’est pas né aux Etats-Unis, il prépare déjà le terrain. L’attaque contre le premier président noir du pays ne relève pas du hasard. Donald Trump a identifié la crise identitaire d’une partie de l’électorat, 
les Blancs malmenés par la globalisation et l’économie, inquiets de la perspective de former eux aussi une minorité (moins de 50% de la population) d’ici à 2050 face à une montée en puissance des minorités hispaniques et asiatiques. Mais aussi remontés contre un pays qui «vire à gauche» après qu’il a légalisé le mariage gay en un temps record et le cannabis dans plusieurs Etats.

Pas que des racistes et misogynes

L’électorat de Trump est loin de ne comprendre que des racistes et misogynes. Mais le républicain refuse de se distancier de David Duke, un ancien grand sorcier du Ku Klux Klan ainsi que de suprémacistes blancs qui lui apportent leur soutien à travers le journal The Crusader. Il surfe lui aussi sur un électorat qui a permis au Tea Party de faire une percée spectaculaire lors des élections de mi-mandat en 2010, un mouvement contestataire qui aspire à reprendre le contrôle du pays, «Take America Back».

Le candidat républicain choque, sape les règles du vivre ensemble propre à une démocratie. Mais il faut lui reconnaître un mérite: il met le doigt sur certains problèmes réels qui minent l’Amérique et il profite de l’impéritie des partis politiques. Le Parti républicain, qui n’a cessé de promouvoir la fiscalité des riches, a eu «son moment Vichy», explique l’essayiste et journaliste du New York Magazine Frank Rich, en refusant de faire barrage à Donald Trump.

Une peur viscérale de l’insignifiance

Le Parti démocrate s’est lui aussi embourgeoisé, abandonnant une partie de la classe moyenne et des classes laborieuses. Le plus ironique toutefois, c’est que ce soit le milliardaire new-yorkais qui porte la charge. L’homme d’affaires, né avec une cuillère d’argent dans la bouche, incarne le 1% d’ultrariches qu’a dénoncés le mouvement Occupy Wall Street. A en croire sa déclaration de 1995, 
il ne payerait pas d’impôts fédéraux sur le revenu depuis au moins dix-huit ans et s’en félicite. Pour Donald Trump, qui a besoin de la notoriété et de la visibilité médiatique pour chasser sa peur viscérale de l’insignifiance, une défaite le 8 novembre serait mortifiante, face à une représentante de ces femmes qu’il se vante, dans une vidéo, d’agresser sexuellement. Ironie de l’histoire: la misogynie du républicain pourrait avoir pavé le chemin de la victoire de Hillary Clinton.

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