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Conseils, science, sante et bien-être


Cancer du pancréas : une course pour gagner du temps

Publié par MaRichesse.Com sur 25 Novembre 2016, 10:30am

Catégories : #SANTE-BIEN-ETRE, #CANCER

Cancer du pancréas : une course pour gagner du temps

Dans le sombre classement des maladies qui tuent le plus chaque année en France, le cancer du pancréas est quatrième. Dans trois ans, il sera en deuxième place, derrière le cancer du poumon. Ce n’est donc pas un hasard si l’Institut national du cancer (Inca) organisait ce 23 novembre le séminaire de lancement d’un programme d’actions intégrées de recherche (PAIR) sur le cancer du pancréas. Sans conteste l’un des plus redoutés.

«C’est le seul cancer pour lequel il y a autant de nouveaux cas que de décès chaque année», expliquait mardi le Pr Pascal Hammel, chef du service d’oncologie digestive de l’hôpital Beaujon (Clichy) en ouverture d’un colloque parlementaire organisé par la fondation Aide et recherche en cancérologie digestive (Arcad). «C’est un cancer méconnu, oublié des politiques de santé», déplorait mercredi le sénateur François Commeinhes (LR, Hérault).

Inégalités territoriales

Les derniers chiffres de l’Inca indiquaient 11 662 malades en 2012, «mais on sera probablement autour de 16 000 cette année, estime le Pr Hammel. En 2017, il y aura plus de décès par cancer du pancréas que par cancer du sein». Le cancer du poumon reste largement en tête avec plus de 30 000 décès par an, à cause du tabagisme. Le tabac étant aussi le principal facteur de risque pour le cancer du pancréas, expliquant au moins 20 % des cas.

Sur l’ensemble du territoire, les inégalités interpellent. Le Pr Olivier Farges (hôpital Beaujon), président du Collège de chirurgie générale viscérale et digestive, s’est plongé avec ses collègues dans les statistiques des établissements publics et privés français (base PMSI). «On observe une grande différence entre ce qui se passe dans les centres experts et ailleurs, note-t-il. Il y a aussi des différences régionales qui vont du simple au triple pour les chances d’accès à un traitement curatif selon le département où l’on est.»

Car dès lors que le diagnostic est suspecté, une course contre la montre s’engage. Car certains malades, traités à temps, pourront avoir parfois des survies allongées de deux voire trois années. Avec toujours l’espoir que la recherche porte ses fruits d’ici là.

Retard au diagnostic

Pour l’instant, le retard est tel que lors du diagnostic 50 % des patients ont déjà un cancer métastatique et 80 % un cancer non opérable. De nombreux symptômes peuvent pourtant attirer l’attention du médecin de famille: perte de poids rapide, douleurs abdominales ou au milieu du dos, nausées, jaunisse, diabète, selles grasses ou décolorées, etc. Mais un temps précieux est perdu avant d’avoir un rendez-vous chez le spécialiste, c’est pourquoi il est indispensable de disposer de filières ou de réseaux bien identifiés pour gagner du temps.

«Des hôpitaux comme Beaujon, à Paris, ont d’ores et déjà mis en place des accueils rapides pour faire en sorte qu’il y ait une prise en charge sous 14 jours, explique Marion Selosse, de la Fondation Arcad, mais l’objectif est que cela soit possible partout en France.» «Une fois qu’un patient nous est adressé pour une suspicion de cancer avec un scanner montrant une masse pancréatique, explique le Pr Hammel, nous envisageons rapidement la possibilité de faire une biopsie. En fonction des résultats, nous pouvons poser une chambre implantable (sous la peau près de la clavicule, NDLR) dans la semaine pour débuter le traitement dans les 10 jours.»

«En 2013, une étude a montré que le pronostic était nettement amélioré lorsque le délai entre les premiers symptômes et le traitement ne dépassait pas un mois», explique le Dr Benoît Rousseau, oncologue médical au CHU Henri-Mondor (Créteil). Une nouvelle étude visant à raccourcir les délais vient d’être lancée en France. 

 Lefigaro

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