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Alain Juppé est-il intouchable ?

Publié par MaRichesse.Com sur 4 Novembre 2016, 09:29am

Catégories : #POLITIQUE, #FRANCE

Alain Juppé est-il intouchable ?

Hier soir, le favori des sondages est arrivé le dernier salle Wagram, à Paris, lui d'habitude si ponctuel. Comme si son avance dans les sondages lui donnait cette petite liberté que d'autres n'ont pas. Pour le deuxième débat de la primaire de la droite,Alain Juppé, placé à l'extrême droite du plateau lors du tirage au sort, tentera de rester au-dessus de la mêlée.

Dès la première question sur les conséquences du démantèlement de la jungle de Calais, Juppé donne le ton : il ne tapera pas sur Nicolas Sarkozy, pourtant signataire des accords du Touquet qu'il souhaite renégocier, mais sur François Hollande. Celui qui s'était rendu dans la jungle en janvier accuse le gouvernement de ne pas avoir su traiter « les causes de la situation » migratoire actuelle. « Je ne suis pas contre Nicolas Sarkozy, mais aujourd'hui nous sommes adversaires », tient-il à préciser quand on l'interroge sur le fait qu'il a été lui aussi ministre de Sarkozy. Le maire de Bordeaux, qui estime que la fonction présidentielle n'est pas « un job normal », souhaite que le président retrouve sa « dignité perdue » et que « les ministres gouvernent ». Quand une journaliste fait référence à son âge (71 ans) et à son argument de campagne (« un seul mandat »), il est un brin vexé…

- Si vous aviez 60 ans ?

- C'est une hypothèse d'école, merci de l'avoir posée…

Sarkozy lui emboîte le pas et assure qu'à 67 ans, à la fin d'un éventuel nouveau mandat, il ne se représentera pas.

"Rien sur les quartiers dans son programme"

Celui qui, Premier ministre, avait fini par congédier huit de ses « jupettes » assure que « oui, l'idée d'une femme à Matignon [lui] paraît très pertinente ». La caméra zoome sur Nathalie Kosciusko-Morizet, seule femme de la primaire, qui a profité du soutien de Juppé pour obtenir ses parrainages et qui rêve d'un poste « régalien ». Mais, pour l'heure, on parle de la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse, qui vient de se rallier au maire de Bordeaux. Juppé assure que rien n'est fait et que, s'il s'est engagé à publier « la structure » de son gouvernement avant l'élection, il ne dévoilera pas sa « composition ». Et d'insister sans se rendre compte de son impair : « Un gouvernement paritaire peut apporter beaucoup, et je ne dis pas ça pour être à la mode. » Ire de « NKM » ! « Les femmes, ce n'est pas à la mode... Ce n'est pas de la diversité, c'est la moitié de l'humanité ! »

Parfois maladroit, donc, Juppé sera aussi un peu cassant, surtout avec les journalistes qui l'interrogent. « Excuse-moi… Euh, excusez-moi, on est en train de parler sécurité ! » rétorque-t-il à Apolline de Malherbe, qui lui assène qu'il n'y a « rien sur les quartiers dans son programme ». Juppé répond surtout sur le volet répressif et, au passage, fait un clin d'œil à Jean-Louis Borloo pour avoir créé l'Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine). Borloo, qui devrait se prononcer prochainement, est décidément très courtisé. Sarkozy lui rend aussi hommage…

Pas d'affrontement direct

Un peu plus tard, Juppé s'agace qu'on lui parle de son mantra (l'identité heureuse) dans une question sur le retour des djihadistes en France. « Cela ne veut pas dire que je serai laxiste, ne mélangez pas tout, s'il vous plaît ! » Si l'ancien Premier ministre assure qu'il n'aura « aucune indulgence », il se cantonne à son programme et marque sa différence avec Sarkozy qui avance des propositions beaucoup plus spectaculaires (juridiction d'exception, centres de déradicalisation, etc.). Jusque-là, les deux poids lourds de la primaire prennent soin de ne pas s'affronter directement.

Ils se lancent même des amabilités sur les questions internationales, évoquant leur collaboration passée (Juppé au Quai d'Orsay et Sarkozy président) : « Je suis d'accord avec Nicolas Sarkozy… » ; « Nous avons beaucoup travaillé avec Alain… » Même les proches de Juppé s'étonnent que leur candidat soit épargné à ce point. Quant au leur ? « Il n'attaque jamais », assure-t-on.

 « Fixation sur François Bar... » 

 

 

Il faudra attendre une question sur François Bayrou pour que le duel apparaisse à la surface du débat. « Je suis très étonné par cette fixation sur François Bar… » Juppé rit de ce lapsus. Celui qui écorche régulièrement les noms des personnes, même de son entourage, voulait bien sûr parler du président du MoDem, et non de François Baroin, qui est pressenti pour être le Premier ministre de Sarkozy. Sur le « cas Bayrou », soulevé depuis des semaines par les sarkozystes pour handicaper leur rival, le maire de Bordeaux dit ne pas comprendre cet acharnement contre « une tête de Turc ». « Je ne lui ai rien promis, il ne m'a rien demandé », ajoute Juppé, qui met les points sur les « i » et coupe court à toute spéculation. Il précise que, si sa majorité ne sera pas « monocolore », son Premier ministre sera, lui, issu des rangs LR. Exit donc Bayrou ! Alors que la question est à nouveau posée à Juppé sur le maire de Pau, cette fois-ci par Jean-Frédéric Poisson, Juppé ne peut masquer son agacement : « Décidément, on ne va pas s'en sortir… » Même si la polémique l'irrite, il va en profiter pour lancer sa première et seule pique à Sarkozy. « Ça me paraît plus loyal d'annoncer la couleur avant plutôt que de faire entrer des socialistes dans le gouvernement sans en avertir les électeurs », lance-t-il en référence à l'ouverture faite par l'ex-président (avec Éric Besson, Bernard Kouchner…) On croyait que Juppé n'attaquait « jamais »... « Ça lui a échappé ! » rétorque un proche. 

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