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Xi Jinping, une autorité encore contestée

Publié par MaRichesse.Com sur 24 Octobre 2016, 10:32am

Catégories : #CHINE, #POLITIQUE

Xi Jinping, une autorité encore contestée

Sur la scène internationale, le président chinois se présente comme un conquérant inébranlable. La semaine passée, il a retourné les Philippines, allié des Etats-Unis, en sa faveur. Une réussite qui va permettre à l’Armée populaire de libération (APL) de continuer d’étendre son emprise sur la mer de Chine méridionale, malgré un arbitrage rendu en juillet en défaveur de Pékin.

Le mois dernier, lors du G20, Xi Jinping s’est affiché comme l’égal des chefs d’Etat des autres grandes puissantes. Il a pu envoyer au monde entier l’image d’un pays bien plus stable qu’une année plus tôt, lorsque le krach boursier faisait redouter un atterrissage en catastrophe de sa croissance. Une autre réussite d’autant plus visible qu’entre-temps le Brexit a frappé l’Europe, et que la campagne présidentielle américaine a ébranlé la première puissance mondiale.

Quatre jours de huis clos

Chez lui, en revanche, en près de quatre ans de présidence, Xi Jinping paraît toujours être en train de consolider son pouvoir. La réunion plénière du comité central du Parti communiste chinois, qui s’est ouverte lundi à Pékin, en offre une nouvelle illustration. Ce plénum, le sixième depuis la dernière formation du comité, en 2012, constitue une sorte de parlement du Parti. Dans l’hôtel Jingxi, à l’architecture des années 1950, ses 200 membres et leurs 170 suppléants se réunissent à huis clos pendant quatre jours. Nombre d’observateurs y voient l’occasion pour Xi Jinping de préparer le renouvellement de l’institution suprême du Parti, le comité permanent, dont cinq des sept membres doivent prendre leur retraite l’an prochain, atteints par la limite d’âge, seuls Xi Jinping et le premier ministre Li Keqiang restant en poste.

Cumulant la présidence de quantité de comités, Xi Jinping dispose «sur le papier, d’autant de pouvoir que Mao, ou presque», analyse Willy Lam, professeur à la Chinese University de Hongkong. Cependant, le Parti, quelque 88 millions de membres, «est trop grand pour être contrôlé. Les rivalités internes restent fortes», avertit celui qui a publié l’an dernier un livre consacré à la politique du président chinois. Xi Jinping a ainsi promis de nombreuses réformes, mais elles rencontrent de vives oppositions.

Manifestation de près de 1000 vétérans

Il y a une semaine, près de 1000 vétérans ont ainsi manifesté devant le siège de l’APL. «En apparence, il s’agissait d’une protestation pour améliorer les retraites. Dans le fond, le mouvement témoignait aussi du refus des ambitieuses réformes de l’armée que Xi Jinping a annoncées», décrypte Willy Lam.

Sur le front de l’économie, les réformes peinent également. Dans un texte d’une rare franchise pour un diplomate, l’ambassadeur d’Allemagne en Chine écrivait hier dans le South China Morning Post, qu'«il est difficile de ne pas cacher notre déception». Alors que Pékin a promis de renforcer le système juridique et de réformer les entreprises d’Etat, Michael Clauss fait part d’une «vague de plaintes sans précédent touchant notre ambassade et [nos] consulats indiquant une tendance claire que les affaires en Chine deviennent plus difficiles». Et le diplomate de citer plusieurs cas en violation des règles de l’OMC touchant des entreprises allemandes et européennes, espérant toutefois que ce plénum permettra d’inverser le cours des choses.

«Gouverner d'une façon stricte»

«Le sixième plénum est toujours important car il traite des affaires internes au Parti», rappelle Willy Lam. Ce fut par exemple ce plénum qui, en 1981, critiqua la Révolution culturelle et ses décennies catastrophiques pour la Chine. Cette année, le thème s’intitule: «Gouverner le Parti d’une façon stricte», un des points centraux de la théorie politique de Xi Jinping. Lundi, le Quotidien du Peuple, porte-voix de Pékin, écrivait que la seule façon diriger le plus grand pays du monde et de surmonter les difficultés était de maintenir le comité central au cœur du leadership de la Chine. Une façon de rappeler à l’administration et aux provinces qui est aux commandes.

A Pékin, le plénum va aussi rappeler à l’ordre les cadres qui jouent avec la discipline. Xi Jinping utilise la lutte contre la corruption, rampante au sein du Parti, comme un moyen pour écarter ses adversaires. Depuis 2013, plus d’un million de membres du PC ont été sanctionnés, selon les chiffres officiels. Le déballage de ces affaires a cependant renforcé les Chinois dans l’idée que leur gouvernement est corrompu, en particulier à l’échelle locale comme relevait en octobre une étude de l’Université Sun Yat-sen de Canton.

La lutte contre la corruption, qui reste un problème majeur, va «continuer indéfiniment», estime Willy Lam. Proche du président, son chef d’orchestre aura pourtant l’âge de prendre sa retraite l’an prochain. Wang Qishan restera à la tête de Commission de contrôle de la discipline «tant que Xi Jinping sera le numéro un du Parti», tranche le politologue. Déroger à la limite d’âge ouvrirait la voie à un maintien au pouvoir de l’actuel président au-delà de 2022, la date prévue de son retrait. Aucun observateur n’attend de réponse dans le communiqué du plénum jeudi, Pékin devant rester fidèle à son culte du secret pour ce type d’affaires.

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