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USA. Les avantages automatiques autrefois attachés au fait être né blanc tendent à disparaître

Publié par MaRichesse.Com sur 7 Octobre 2016, 14:42pm

Catégories : #ETATS-UNIS, #POLITIQUE

USA. Les avantages automatiques autrefois attachés au fait être né blanc tendent à disparaître

Les choses vont-elles si mal que ça?

Donald Trump et Hillary Clinton n’étaient à peu près d’accord sur rien lors de leur premier débat présidentiel, mais sur au moins un point, leur vision semblait parfaitement s’accorder: aucun des deux n’a décrit un futur radieux pour les États-Unis.

Le pessimisme de Trump est démagogique et calculé plutôt que viscéral. Sa première déclaration du débat évoquait les emplois qui «fuient le pays» vers le Mexique. Comme de nombreux adeptes du fact-checking en temps réel l’ont rapidement fait savoir, l’économie américaine a pourtant créé 14,9 millions d’emplois depuis le pire moment de la récession, en 2010. Durant le reste de la soirée, les spécialistes de la désintox ont été très affairés à démêler les sombres assertions de Trump, oscillant entre le mensonge et l’invérifiable. Les États-Unis, a-t-il ainsi déclaré, sont volés par tous les autres pays du monde tout en étant détruits de l’intérieur par des immigrants illégaux, les crimes, le désordre et le terrorisme. Il n’a pas prononcé sa phrase habituelle, «notre pays marche droit vers l’enfer», mais tout ce qu’il a dit revenait au même.

«Je suis avec elle»

Naturellement, le parti qui n’est pas aux affaires a toujours intérêt à peindre la situation en noir. Pourquoi, sinon, proposer de changer de politique? Mais il est plus surprenant de voirClinton, qui représente la continuité d’un président relativement populaire, avec une économie solide, ne pas faire davantage œuvre d’optimisme. Depuis que Ronald Reagan a battu Jimmy Carter en 1980, une des choses que tous les politiciens savent avec certitude, c’est que les optimistes battent les pessimistes. On retrouvait d’ailleurs des versions de l’optimisme de Reagan dans les slogans de Bill Clinton en 1992 («Ne cessez jamais de penser à demain») et de Barack Obama en 2008 («Hope» et «Yes We Can!»)

Le principal slogan de Clinton, «I’m with Her» (Je suis avec elle), n’a guère de résonnance avec le «Morning in America» (Le jour se lève sur l’Amérique) de Reagan. Une telle absence en dit long sur ses limites en tant que politicienne. Certes, Clinton est passée maître dans l’art de la politique, mais elle peine à donner à ses propositions une vision affirmative et à les inscrire dans une narration. Pour elle, le mot «futur» fait écho à des commentaires banals sur ses petits-enfants. Et face à la bassesse de son adversaire, elle a inévitablement mené une campagne extrêmement négative.

 

Ce pessimisme que l’on retrouve dans les deux camps reflète l’humeur générale aux États-Unis. Lors de la convention républicaine de juillet, à peine 17% des électeurs se déclaraient satisfaits de la manière dont les choses se passaient dans le pays selon l’institut Gallup. Ce chiffre a un peu remonté, mais le nombre des personnes qui considèrent que l’Amérique est sur de mauvais rails est deux fois supérieur à celui de ceux qui pensent le contraire.

Tout va mieux

Les statistiques économiques dépeignent pourtant un tableau bien plus rose. Le Census Bureau –équivalent de notre Insee– rapporte que le revenu des ménages s’est accru de 5,2% en 2015, soit la plus forte croissance en un an depuis 1967. Pour une fois, ces gains ont été bien répartis: 3,5 millions de personnes sont ainsi repassé au-dessus du seuil de pauvreté, ce qui est également un record depuis les années 1960. Le taux de chômage plafonne à 5%, un niveau jamais vu depuis 2008. Un dollar fort et un indice boursier presque à son meilleur niveau sont le reflet de la période de miracles et de merveilles technologiques qui est la nôtre. Les compagnies américaines sont en pointe dans les domaines de la robotique, des drones, des voitures sans conducteur, de l’exploration spatiales, des thérapies cellulaires, et bien davantage.

Les avantages automatiques autrefois attachés au fait être né blanc tendent à disparaître

constamment depuis 25 ans. L’Affordable Care Act n’est pas encore totalement au point mais a déjà permis de faire chuter le nombre d’Américains sans couverture santé de 16 à 9%. En 2010, 496 soldats américains sont morts au combat en Afghanistan. En 2016, à l’heure actuelle, un seul soldat y est mort. Et comparée à la situation d’autres pays, celle des États-Unis apparaît meilleure encore. Ils demeurent, sans surprise, la destination de choix pour tous les immigrants à la surface du globe. Mais alors, si tout va si bien, pourquoi notre humeur est-elle si morose? Pour partie, ces chiffres reflètent une certaine inquiétude devant les bouleversements de la société, et particulièrement chez ceux qui se sentent menacés.

Prise de conscience

Les hommes blancs peu éduqués, qui forment le noyau dur des soutiens de Trump, sont bien plus enclins à dire que les bons temps de l’Amérique appartiennent au passé. Les avantages automatiques autrefois attachés au fait être né blanc tendent à disparaître et les emplois non qualifiés permettant un niveau de vie moyen se faisant de plus en plus rares, ces gens sont confrontés à un douloureux déclassement économique. Les jeunes noirs et les jeunes latinos sont bien plus optimistes. S’ils parviennent à décrocher des diplômes universitaires, leurs perspectives de carrière sont bien plus étendues que celles de générations passées.

 

Mais un certain pessimisme vient paradoxalement de ces améliorations, car les réformes ont un effet grossissant sur les problèmes alors même que les choses sont en train de changer, pour le mieux. Les bavures mortelles de la police américaine contre des hommes noirs n’ont hélas rien de neuf aux États-Unis. Mais les preuves de ces dérapages diffusés grâce à des téléphones portables, l’indignation de toute la nation à ce sujet et la possibilité de voir enfin les auteurs de tels crimes poursuivis en justice sont des nouveautés. Le consensus se fait de plus en plus large contre l’incarcération de masse et d’autres formes longtemps acceptées d’injustice raciale. Une prise de conscience identique à l’égard des crimes sexuels et de la discrimination envers les femmes fait que le tolérable d’autrefois l’est de moins en moins.

Tout cela ne signifie nullement qu’il faille nier le sérieux des problèmes de la stagnation des revenus de la classe moyenne, les problèmes d’infrastructures ou la violence endémique des armes à feu. Mais avec un peu de recul, il semble que le pays souffre pour l’essentiel d’une méfiance encore de mise après la crise financière, combinée aux inquiétudes que génèrent de rapides changements sociaux et technologiques. Nous autres optimistes savons bien que ce sont toujours les pessimistes qui sont le plus respectés intellectuellement. Mais est-ce que vraiment les choses vont si mal que ça? 

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