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Conseils, science, sante et bien-être


Une demi-cigarette par jour fumée sans le savoir

Publié par MaRichesse.Com sur 24 Octobre 2016, 03:03am

Catégories : #SANTE-BIEN-ETRE, #POLLUTION, #CLIMAT

Une demi-cigarette par jour fumée sans le savoir

C’est le mardi matin que l’air est le plus pollué à Montréal et c’est sur le Plateau-Mont-Royal qu’il est le plus médiocre, selon des données compilées par Le Journal.

Un rapport récent de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur la qualité de l’air dans plus de 3000 villes a révélé que 92 % de la population mondiale respire un air de mauvaise qualité. Cependant, la pollution atmosphérique a légèrement diminué à Montréal, selon l’OMS.

Tandis qu’au dernier classement de l’OMS, en 2011, Montréal détenait le titre peu envieux de deuxième plus grande ville du pays où la pollution est la pire, la situation s’est améliorée.

La moyenne annuelle en particules fines, la pollution la plus nocive pour les humains, est passée de 11,2 microgrammes par mètre cube d’air en 2011 à 10 microgrammes par mètre cube d’air en 2016. Ce taux de pollution équivaut maintenant à fumer une demi-cigarette par jour.

Malgré la bonne performance de Montréal comparativement à d’autres villes dans le monde, certains quartiers enregistrent souvent des dépassements de normes en matière de pollution de l’air. Une étude de l’Université McGill a mesuré des disparités inquiétantes en raison de différents facteurs.

Vous habitez le Plateau? L’air y est le plus médiocre en ville. Votre quartier compte beaucoup de pizzérias? La moitié des jours de mauvaise qualité de l’air à Montréal en 2015 ont été causés par les fours à bois des pizzérias, selon le bilan de la Ville. Et si vous pensiez qu’après une bonne pizza rien de tel qu’une balade à vélo pour digérer, pensez-y bien! Des pistes cyclables parmi les plus populaires à Montréal sont situées dans des zones où l’air est le plus pollué en ville.

4058 parties de rue

Chaque jour, plus de 2,1 millions de véhicules circulent sur l’île de Montréal. À Québec, ce sont 500 000 automobilistes qui prennent la route tous les matins. Pour mesurer les retombées de la circulation automobile à Montréal, des chercheurs de McGill ont analysé des échantillons d’air en 2012 sur 4058 segments de rues, d’avenues, de boulevards et d’autoroute sur l’île de Montréal. Les résultats ont mené à une répartition cartographique de la pollution en particules fines.

«Le pire moment de la journée pour la pollution est le matin», dit la professeure en génie civil Marianne Hatzopoulou, qui a mené le projet*. Nous avons observé une concentration moyenne de 24,948 particules par centimètre cube le matin, comparativement à 17,382 particules en fin d’après-midi.»

Cet écart est dû à la météo. Le matin, l’air est stable. Il y a peu de dispersion des polluants dans l’air. C’est avec le réchauffement créé par le soleil que l’air s’agite et se mélange.

«Nous avons aussi découvert que le mardi suivi du vendredi sont les pires journées pour la pollution», ajoute celle qui enseigne maintenant à l’Université de Toronto. Les raisons seraient liées aux modes d’opération du transport routier et à plus de camions sur les routes le mardi.

DES MILLIONS DE VICTIMES PAR ANNÉE

Oubliez les changements climatiques. La pollution de l’air est la plus grande catastrophe environnementale qui soit. L’OMS estime que 3,7 millions de personnes décèdent prématurément chaque année à cause de la pollution de l’air. Au Canada, ce sont 21 000 décès, 92 000 admissions à l’urgence et 620 000 visites chez le médecin par année, selon l’Association médicale canadienne.

La pollution la plus dangereuse pour les humains est causée par les particules fines. D’un diamètre inférieur à 2,5 micromètres, ces polluants pénètrent loin dans les poumons et passent dans le flux sanguin en déclenchant des crises cardiaques et des cancers.

Un conseil aux joggeurs et aux cyclistes: si possible, évitez le matin pour vous entraîner au centre-ville ou le long d’une route achalandée. C’est le moment de la journée où la concentration de polluants dans l’air est habituellement la plus élevée.

Cyclistes et coureurs

Pour le cardiologue François Reeves, spécialiste en médecine cardiovasculaire environnementale au CHUM, les premières victimes de ce type de pollution sont effectivement les cyclistes et les marathoniens.

«Les cyclistes respirent 20 à 40 fois par minute. Imaginez suivre un camion diésel!» Des rues très polluées où se mêlent vélos et voitures, comme Saint-Denis, sont des aberrations, selon lui. Auteur du livre Prévenir l’infarctus ou y survivre, le médecin se méfie du smog, qui fait grimper de 30 % les taux d’AVC et d’infarctus du myocarde dans les urgences.

Une étude menée en 2007 a montré que les gens demeurant à moins de 50 m d’une route achalandée ont 60 % plus de calcifications dans les artères du cœur comparativement à ceux vivant à plus de 200 m. «Quand j’ai lu cette étude, j’ai compris pourquoi quand j’opérais, certains patients avaient tant de calcifications dans leurs artères et d’autres pas, malgré les mêmes facteurs de risque.»

CLASSEMENT POUR LA POLLUTION EN PM2.5 SELON L’OMS ET ÉQUIVALENCE EN CIGARETTES CONSOMMÉES

Trafic fermeture  Louis-Hippolyte La Fontaine
PHOTO CHANTAL POIRIER

La pollution urbaine est une menace sournoise qui fait des millions de victimes. Comment se compare l’air de Montréal à celui de Paris, d’Orlando ou de Pékin, où la pollution est équivalente à fumer plus de six cigarettes par jour? Le météorologue du Journal a dépouillé les statistiques de l’OMS et les dernières recherches et données sur la pollution de l’air à Montréal. Les pires jours à Pékin, c’est 25 cigarettes pour chaque homme, femme et enfant. Combien de cigarettes fumez-vous sans le savoir dans votre région? Voici une comparaison pour 10 villes du Québec.

Au québec

Ville

Taux annuel PM 2.5*
Équivalent en cigarettes par semaine
Trois-Rivières113,5
Montréal103,5
Gatineau92,8
Québec92,8
Sherbrooke82,8
Rouyn-Noranda72,1
Saguenay62,1
Ferme-Neuve51,4
Lac-Édouard (Mauricie)41,4
Auclair (Témiscouata)30,7

 

Dans le monde

Ville

Taux annuel PM 2.5*
Équivalent en cigarettes par semaine
Orlando62,1
Vancouver72,1
Toronto82,8
Londres154,9
Rome175,6
Paris185,6
Bogota (Colombie)196,3
Mexico3611,2
Xingtai (Chine)12840,6
Gwalior (Inde)17656,0

 

NEUF DES RUES OÙ L’AIR EST LE PLUS MAUVAIS À MONTRÉAL *

Trafic fermeture  Louis-Hippolyte La Fontaine
 

* Les concentrations de particules fines peuvent différer tout au long des rues.

Les coins de Montréal où l’air est le plus propre**

  • Parc du Mont-Royal
  • Parc Jeanne-Mance
  • Parc Lafontaine
  • Tous les parcs le long des rives

La pollution de Montréal exportée à Trois-Rivières et Québec

Le nombre de décès prématurés causés par la pollution de l’air, à Montréal et à Québec, chaque année, est estimé à plus de 3000, selon les recherches en santé publique. La position géographique de Montréal contribue aussi au problème. Un météorologue d’Environnement Canada a déjà calculé, au début des années 2000, qu’en raison des vents dominants, plus de 30 % à 40 % de la pollution de Montréal provient du couloir industrialisé Détroit-Toronto-Ottawa ainsi que des centrales thermiques américaines. La pollution de l’air à Montréal est entraînée à son tour par les vents moyens vers l’est et le nord-est, c’est-à-dire vers Trois-Riviè­res et Québec... Il n’y a pas que l’eau des égouts qui peut dériver avec le courant en achalant les gens en aval. L’air aussi.

MÉTHODOLOGIE

Base de données de pollution de l’air de l’OMS, mai 2016; calculs de l’organisme environnemental Berkeley Earth convertissant les effets du tabagisme en taux de pollution, une cigarette correspondant à 22 microgrammes par mètre cube d’air de PM2.5. Détails du calcul (en anglais) à :http://berkeleyearth.org/air-pollution-overview/

♦ * Les unités de PM2.5 sont des microgram­mes par mètre cube d’air

♦ NOTE : dans certains quartiers de Montréal SITUÉS à proximité d’autoroutes, comme l’échangeur Décarie, les valeurs peuvent être 10 fois plus grandes selon les vents et le moment de la journée.

♦ **REF: «Near roadway air pollution across a spatially extensive road and cycling network», Farrell, Hatzopoulou& all, Environmental Pollution 212 (2016) 498-507

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