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Un référendum antimigrants en Hongrie organisé dimanche

Publié par MaRichesse.Com sur 2 Octobre 2016, 10:47am

Catégories : #POLITIQUE, #EUROPE

Un référendum antimigrants en Hongrie organisé dimanche

Le premier ministre Viktor Orban table sur un rejet massif des quotas de réfugiés pour adresser un message à Bruxelles.Viktor Orban table sur un rejet massif des quotas de réfugiés, ce dimanche, pour adresser un message à Bruxelles.

Budapest

La réponse n'est guère difficile à prévoir. Ce dimanche, les Hongrois indiqueront si oui ou non, ils veulent que «l'UE puisse décréter une relocalisation obligatoire de citoyens non hongrois en Hongrie sans l'approbation du Parlement». Le message à Bruxelles devrait être clair: après une campagne massive du gouvernement appelant à ne pas «risquer l'avenir de la Hongrie», tous les sondages donnent le non largement vainqueur. La seule inconnue réside dans la participation: un quorum de 50 % est requis pour que ce scrutin, consultatif, soit valide.

«L'immigration? Un poison que nous ne voulons pas avaler», martèle le premier ministre, Viktor Orban. Plus aucun réfugié sur les routes ni dans les gares de Budapest, comme lors de la crise de l'an dernier, où près de 400.000 étrangers avaient traversé le pays. Mais tout le monde s'en souvient encore, et certains tremblent à l'idée de «devoir accueillir des violeurs ou des terroristes comme en France». Il est vrai que les slogans choisis par le gouvernement, relayés par une presse largement acquise au pouvoir, ne font pas dans la dentelle: «Le saviez-vous? interrogent les affiches. L'attentat de Paris a été commis par des migrants.» Ou encore: «Depuis l'arrivée des migrants en Europe, les abus contre les femmes ont augmenté.» Et enfin: «Le saviez-vous? Bruxelles veut que nous recevions un nombre de migrants équivalant à la taille d'une ville.» Dans le quotidien conservateur Magyar Hirlap, l'éditorialiste s'émeut: «La punition de Trianon (traité qui en 1920 fit perdre à la Hongrie les deux tiers de son territoire, NDLR) ne suffit pas? Visiblement, non, puisqu'ils veulent nous mettre la corde au cou avec les quotas.»

«Climat de haine»

Une «campagne de peur» et un «climat de haine», dénonce l'opposition de gauche. Sauf que «la gauche est elle-même très divisée et affaiblie, explique le politologue Zoltan Kiszelly. 60 % de ses partisans sont contre les quotas de migrants». Les dirigeants de ces petites formations ont donc dû procéder à un difficile exercice d'équilibriste: les socialistes, par exemple, sont favorables au non, mais demandent à leurs électeurs de «rester chez eux» dimanche… «Ils espèrent ainsi que la participation ne sera pas suffisante, analyse le politologue, et pourront se targuer d'avoir été suivis par les électeurs». Seuls les Libéraux disent oui, tandis qu'une coalition de minuscules partis appelle à «faire un doigt d'honneur» à une «question stupide». Grâce au crowdfunding, un mouvement satirique, le Parti du chien à deux queues, a tenté de démonter la campagne du gouvernement: «Le saviez-vous? Au cours de sa vie, un Hongrois moyen voit plus d'extraterrestres que de réfugiés», assurent ses affiches. «Le saviez-vous? Il y a la guerre en Syrie»…

Les derniers sondages donnent entre 45 et 54 % de participation. «Si l'on ajoute les près de 2 millions d'électeurs du Fidesz (parti du premier ministre, NDLR) à ceux du Jobbik (extrême droite, entre 500.000 et 800.000), qui vont aussi voter non, cela fait moins de 3 millions, constate Zoltan Kiszelly. Ce que le gouvernement regardera donc dimanche soir, c'est le nombre de votants: si celui-ci dépasse les 3 millions, ce sera un gros succès pour le premier ministre.» Un premier ministre qui ne s'en tiendra certainement pas là. Le résultat du référendum, a prévenu Zoltan Kovacs, porte-parole du gouvernement, «décidera de la façon dont le gouvernement hongrois abordera l'avenir de l'Europe, des institutions européennes, des protocoles mis en place ces dernières années». 

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