Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


Un débat entre Jean-François Copé et Marwan Muhammad tourne à la foire d'empoigne

Publié par MaRichesse.Com sur 4 Octobre 2016, 07:56am

Catégories : #POLITIQUE, #TV, #FRANCE

Un débat entre Jean-François Copé et Marwan Muhammad tourne à la foire d'empoigne

Le président du CCIF, un collectif controversé qui lutte contre l'islamophobie, a été invité lundi soir à Sciences Po Paris à ferrailler face au candidat à la primaire de la droite.

Un débat entre le chantre de la droite décomplexée et le responsable d'un mouvement accusé de ne pas se démarquer de l'islam radical… Sur le papier, la confrontation proposée lundi soir par des étudiants de Sciences Po, s'annonçait forte en couleurs. Ce fut effectivement le cas. «On se voit aujourd'hui, je ne suis pas sûr que ça arrive une autre fois dans ma vie», a lancé d'emblée le député-maire de Meaux, initiateur de la loi d'interdiction du voile intégral. Une loi, d'ailleurs vilipendée par Marwan Muhammad, le médiatique porte-parole du CCIF (Collectif contre l'islamophobie en France). «Il n'y a pas de burqa en France», a-t-il rétorqué.

Aux deux premiers rangs, occupés par des femmes voilées invitées par l'association, on applaudit. François-Xavier, le fils du candidat, présent non loin de là, observe la partie de ping-pong entre les deux débatteurs. «Je voudrais vous dire ce que je pense», poursuit Jean-François Copé. «Derrière la formule policée, maîtrisée, vous êtes en vérité, d'une certaine manière une sorte de cheval de Troie du discours islamiste». Dans les rangs, certains étudiants applaudissent, d'autres ruminent. «Quand je regarde votre histoire, à vous, que je regarde vos engagements, je comprends tout», assène le parlementaire qui reprend des déclarations de son contradicteur. «Vous avez dit dans les médias que votre association est apolitique, non-confessionnelle… Et puis, qu'est-ce que je vois? Je cite: ‘'L'islam a la particularité d'être une religion qui a vocation à régir toutes les sphères de la vie sociale''. Je suis désolé de vous le dire, ce n'est pas la République française», glisse Jean-François Copé, ancien étudiant de la rue Saint Guillaume. Les coups se poursuivent: «Vous vous êtes insurgés - j'ai halluciné quand j'ai découvert ça -contre la fermeture d'une école confessionnelle musulmane toulousaine dont l'académie estimait que son projet ne respectait pas celui de l'Éducation nationale. Il est vrai que le directeur de cette école était le mentor de la propre sœur de Mohammed Merah». Ce à quoi Marwan Muhammad rétorque par l'humour: «Vous allez lire toute la fiche de votre stagiaire?» Nombre d'étudiants, qui applaudissaient Copé quelques secondes auparavant, applaudissent maintenant le chef de file du CCIF.

«Vos invités d'honneur, dans vos dîners, mais c'est hallucinant», complète le candidat, «c'est bien que tout le monde le sache». En l'occurrence, des noms habitués à la controverse: Tariq Ramadan, bien sûr, mais aussi l'inénarrable imam de Brest - «vous savez, celui qui a expliqué que si les enfants écoutaient de la musique, ils allaient être transformés en porcs», rappelle Copé. Qui poursuit: «Vous invitez aussi, le non moins délirant, imam du Bourget qui dit que la femme ne sort de chez elle qu'avec la permission de son mari. Allez, j'arrête les frais. À un moment donné, il faut que les masques tombent». KO Marwan Muhammad? Pas du tout. «Vous me mettez en cause sur des déclarations et des prises de position qui ne sont pas les miennes. Le CCIF dialogue avec tout le monde», lance-t-il. Une nouvelle fois, il décide de faire le show pour tenter de gagner la partie: «Vous parlez de tels ou tels… Jusqu'à preuve du contraire, ils n'ont jamais été inquiétés par la justice. C'est dommage car dans la salle d'attente des juges, auprès desquels vous êtes si souvent convoqué, vous auriez pu faire connaissance». L'amphithéâtre éclate de rire, à croire que les étudiants sont venus assister à un jeu et non à un débat sur un sujet si tranchant.

«Quand c'est pour me critiquer, vous n'hésitez pas à me critiquer avec des arguments à deux balles. Quand c'est l'imam de Brest qui parle, alors là ça devient un propos intéressant» répond Copé qui dénonce le «double langage» de son contradicteur. «Il faut arrêter de prendre les gens pour ce qu'ils ne sont pas», souffle-t-il. L'ancien ministre se lance alors dans un quizz. La polygamie? Pour ou contre? «Je ne me prononce pas sur des questions qui ne me concernent pas», répond le représentant du CCIF. Qui ajoute: «Je ne condamne pas les choix des uns des autres, d'être homosexuel ou d'être polygame, de se marier à deux ou à trois, ça ne m'intéresse pas». Caricaturer le prophète? Bien ou mal? Bronca générale, à peine entend-on Marwan Muhammad affirmer que son organisation «n'a jamais intenté de procès pour délit de blasphème».

Le quart d'heure écoulé, le débat se termine. Place aux questions du public. Là, une jeune femme très véhémente brandit un paquet de pains au chocolat,référence à des propos polémiques du député. «Mademoiselle, vous n'êtes pas les musulmans de France», lui lance Copé. «Monsieur, vous agitez l'épouvantail de la peur», rétorque-t-elle avant de rendre le micro.

À la sortie de l'amphithéâtre, le candidat à la primaire s'interroge sur la pertinence de l'invitation de Marwan Muhammad. «Pour moi c'est assez difficile à comprendre. Parce que Sciences Po c'est la maison des lumières, la maison du savoir, du débat, de la tolérance», dit-il au Figaro en fustigeant des «propos très contraires à la République» du responsable associatif qui «instrumentalise le terme d'islamophobie».

Dehors, les sifflets des manifestants, qui s'étaient fait entendre dès l'arrivée de l'élu, résonnent encore. Sur les réseaux sociaux, la polémique commence. «Honte à Sciences Po qui laisse s'exprimer l'inacceptable», tweete le numéro deux du FN, Florian Philippot. Benjamin Duhamel, l'étudiant responsable du débat démine: «On a jugé intéressant d'opposer deux points de vue qui sont diamétralement opposés. Jean-François Copé est au final très content d'avoir eu ce débat. Ça le sert pour afficher des propositions fortes face à Marwan Muhammad qui a des positions très discutables».

Effectivement, le candidat à la primaire repart de l'école sûr de son effet: «Marwan Muhammad est arrivé en fanfaronnant, il est reparti en rigolant un peu moins parce qu'il avait en face de lui quelqu'un qui a démonté des thèses qui sont extrémistes. Je combats Le Pen et l'extrémisme radical», sourit-il.

 Source

Commenter cet article

Archives