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Un accord historique contre l'un des pires gaz à effet de serre

Publié par MaRichesse.Com sur 15 Octobre 2016, 08:46am

Catégories : #CLIMAT, #MONDE

Un accord historique contre l'un des pires gaz à effet de serre

C'est une étape majeure dans la lutte contre le changement climatique : près de 200 pays réunis au Rwanda ont approuvé ce samedi un accord de réduction des gaz hydrofluorocarbures (HFC), que l'on trouve dans les réfrigérateurs ou les climatiseurs.

Près de 200 pays ont adopté ce samedi matin à Kigali un calendrier en vue de l'élimination progressive des hydrofluorocarbures (HFC), des gaz extrêmement nocifs pour le climat, utilisés notamment dans les réfrigérateurs et climatiseurs. Juridiquement contraignant, l'accord est une avancée majeure dans la lutte contre le réchauffement climatique. Explications:

• Des gaz désastreux pour le climat

Les HFC sont de redoutables gaz à effet de serre (GES), présents dans certains aérosols, dans les systèmes de réfrigération ou pour la fabrication de mousses isolantes. Ils ont commencé à être utilisés dans les années 1990 en remplacement des CFC (chlorofluorocarbures), principaux responsables de la destruction de la couche d'ozone qui nous protège des rayons ultraviolets du soleil.

Mais les HFC se sont révélés désastreux pour le climat. En moyenne, une seule de ces molécules a un effet 3000 fois plus important qu'une molécule de dioxyde de carbone. Et ce sont celles dont l'usage augmente le plus vite: leur taux de croissance est évalué entre 10 et 15% par an, selon l'Oak Ridge National Laboratory du Department of Energy américain. Des solutions de rechange aux HFC existent pourtant déjà, sous forme d'hydrocarbures, de dioxyde de carbone, d'ammoniac, d'eau ou d'hydrofluoroléfines (HFO).

Avec le pacte de Paris (COP21), la communauté internationale s'est engagée à agir pour contenir la hausse de la température dans le monde «bien en deçà de 2°C» par rapport au niveau préindustriel et à «poursuivre les efforts» pour la limiter à 1,5°C. Or, l'élimination des HFC pourrait réduire de 0,5°C le réchauffement mondial d'ici à 2100, selon une étude publiée en 2015 par l'Institute for Governance and Sustainable Development (IGSD), un groupe de réflexion. À l'horizon 2030, elle permettrait d'éviter jusqu'à 1,7 gigatonne d'équivalent CO2 par an, soit les émissions annuelles du Japon.

• L'accord répartit les pays en trois groupes

Avec l'accord adopté ce samedi, les pays riches sont appelés à agir plus vite que les pays en voie de développement, pour qui l'élimination des HFC est une question épineuse. Il aura fallu plusieurs réunions bilatérales vendredi, notamment avec le secrétaire d'État américain John Kerry, pour débloquer les négociations.

Le calendrier adopté prévoit qu'un premier groupe de pays, ceux dits «développés», réduise sa consommation de HFC de 10% d'ici à 2019 par rapport aux niveaux de 2011-2013, ce chiffre devant passer à 85% d'ici à 2036. Un deuxième groupe de pays «en voie de développement», dont la Chine et les pays africains, s'est engagé à entamer la transition en 2024. Une réduction de 10% par rapport aux niveaux de 2020-2022 devra être atteinte pour 2029, cette réduction devant atteindre 80% d'ici à 2045. Un troisième groupe de pays également «en voie de développement» incluant l'Inde, le Pakistan, l'Iran, l'Irak et les pays du Golfe s'est, quant à lui, engagé à commencer le gel en 2028, une diminution de 10% par rapport à la période 2024-2026 devant être atteinte pour 2032, puis de 85% pour 2047.

Contrairement à l'accord de la COP21, le texte est légalement contraignant, fixe des calendriers et engage les pays riches à aider les pays pauvres à adapter leurs technologies. Les participants ont confirmé leur engagement à financer la transition. Fin septembre, 16 pays (États-Unis, Japon, Allemagne, France...) et 19 organismes et donateurs privés réunis à New York avaient déjà promis une aide de 71,5 millions d'euros pour les pays en voie de développement. Le financement de la transition, dont le total est estimé à plusieurs milliards de dollars à l'échelle mondiale, fera l'objet de nouvelles discussions fin 2017.

• «Un immense pas en avant», se félicite John Kerry

Cet accord de Kigali approuvé par 197 pays s'ajoute à l'entrée en vigueur, le mois prochain, de l'accord de Paris sur la lutte contre le réchauffement, qui a passé les seuils nécessaires de ratification début octobre. «C'est un immense pas en avant», a déclaré le secrétaire d'État américain John Kerry, présent vendredi soir à Kigali. «L'année passée à Paris (lors de la COP21), nous avions promis de protéger le monde des pires effets du changement climatique», a réagi le directeur du Programme des Nations unies pour l'environnement, Erik Solheim, cité dans un communiqué. «Aujourd'hui, nous honorons cette promesse». L'Agence américaine pour la protection de l'Environnement a, quant à elle, qualifié l'accord d'«historique». «Nous nous souviendrons de ce jour comme un des plus importants dans nos efforts pour sauver la seule planète dont nous disposons». L'accord permet en outre de donner un signal positif à quelques semaines de la prochaine grande conférence annuelle sur le climat (COP22), à Marrakech. 

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