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«Stromae est mort à New York»

Publié par MaRichesse.Com sur 3 Octobre 2016, 17:16pm

Catégories : #PEOPLE, #BELGIQUE

Le chanteur belge Stromae est retrouvé pendu dans un appartement de SoHo, le matin de Thanksgiving, trois jours après son concert au Madison Square Garden. Une jeune journaliste va chercher à en savoir plus...

«Stromae est mort à New York»

Le journaliste musical Thierry Coljon, arrivé au quotidien "Le Soir" en 1981 ("en même temps que les ordinateurs"), a présenté vendredi son premier roman, un polar intitulé "Stromae est mort à New York" et illustré par Yves Budin, désormais disponible aux éditions Lamiroy. Rencontre dans les locaux de la nouvelle librairie-galerie "Les éditeurs", en plein coeur de Bruxelles.  

 
Derrière le titre vendeur (qui réunit les trois ingrédients de base de l'histoire), le pitch ressemble à l'énoncé d'un exercice d'écriture: le chanteur belge Stromae est retrouvé pendu dans un appartement de SoHo, le matin de Thanksgiving, trois jours après son concert au Madison Square Garden. Une jeune journaliste va chercher à en savoir plus...

Buzz
La conversation s'engage -plus ou moins innocemment- sur un certain "déchaînement" médiatique autour du livre. "Sur base de pas grand-chose puisqu'ils n'avaient rien lu", s'étonne Thierry Coljon, dans la foulée des premiers articles parus. A part "Gala" qui a fait l'effort d'appeler, "ils se sont basés sur le quatrième de couverture, sur un communiqué", constate le journaliste devenu romancier, avant d'embrayer sur ce "sport" contemporain qui pousse de mauvais plaisantins à annoncer la mort de célébrités, rumeur dont Paul Van Haver, mieux connu derrière le noeud papillon de Stromae, a déjà fait les frais.

Pris à son propre jeu
Ce premier roman signé par Coljon succède à une série de portraits d'artistes belgo-belges, dont Adamo, Marc Moulin, Pierre Rapsat ou Jean-Luc Fonck, à une exception près, en la personne de la chanteuse franco-italienne Carla Bruni. Cette "fantaisie new-yorkaise sans prétention" -selon les mots de l'auteur- est née d'une envie de parler de Stromae. "J'avais vraiment envie de faire une biographie, parce que je trouve qu'il y a encore des choses à connaître, même si (Stromae) s'est beaucoup révélé dans (l'album) 'Racine carrée'", nous a confié vendredi Thierry Coljon. "C'est lui qui m'a dit 'Tu feras cette bio quand je serai mort'. Je lui ai répondu 'Ecoute, j'ai le double de ton âge'. Mais il le disait sans rire, il le pensait vraiment. Je crois qu'il n'a pas envie d'une biographie de son vivant. Il trouve que c'est trop tôt, qu'il n'a encore rien fait", dévoile le journaliste. "Donc là, je le prends un peu à son propre jeu, mais avec humour, quand il m'avait dit 'Tu le feras à titre posthume'. Du coup, je dis 'Ben alors, la seule façon d'écrire un livre sur lui, c'est de le tuer'", s'amuse l'homme de plume. "Les gens qui aiment Stromae retrouveront Stromae dedans, puisqu'il y a des flash-back, qui retracent sa carrière, qui retracent son enfance, etc. Bon, ça, ça a un petit côté biographique, parce que je me dis qu'il ne faut pas non plus décevoir", admet-il.

Si magique
"Sans arrêt, on passe de la fiction à la réalité. Ca, j'y tenais aussi", commente Coljon. "La réalité, parce que les personnages existent, le concert a existé, je l'ai simplement déplacé de quelques jours pour qu'on termine en apothéose. C'est après ça qu'il y a le drame 'inexpliqué', qui mérite une enquête", résume-t-il. "J'ai imaginé certains chapitres, une sorte d'imaginaire. Je me suis dit 'Tiens, et si Brel existait... S'ils avaient le même âge quasiment ou s'ils étaient de la même génération, enfin s'il était encore vivant. Et s'ils se croisaient... Dans un bar... Qu'est-ce qu'ils se diraient?'", explique l'écrivain. "Si je fais un roman, autant laisser parler l'imaginaire. Sinon, ça me fait une bio. Et ça ne m'intéressait pas de faire une bio sans son accord", ajoute-t-il, écornant brièvement au passage celles qui sont sorties sans autorisation sur le marché français.

"Stromatologue"
"J'ai imaginé ce truc tout seul dans mon coin", révèle Thierry Coljon. "Dès le départ, je voulais jouer franc jeu", souligne-t-il cependant. "Régulièrement, je tenais au courant le manager", précise l'auteur. "J'ai simplement continué pour le journal à faire mon boulot, à suivre les concerts. C'est vrai que j'ai vu 13 ou 14 fois ce concert", estime le journaliste du Soir. "Maintenant, on me dit 'Tu deviens un peu le spécialiste', le 'Stromatologue' quasiment", lâche-t-il. "Je trouve que (Stromae) a déjà marqué l'histoire de la musique, de la chanson, aussi bien par son oeuvre -textes et musique, sa personnalité, son originalité- que par la façon de mettre en scène et la façon de le vendre, le marketing, le succès", analyse le critique. En 35 ans de maison, "je n'ai jamais écrit autant sur un artiste que sur lui, je crois. En si peu de temps, en tout cas", avoue Coljon.

I love NY
Le roman, richement détaillé, parlera aux fans inconditionnels de Stromae comme aux mélomanes curieux, mais aussi aux fanas de New York. Tous les lieux évoqués (restaurants, hôtels, surtout dans le Sud de Manhattan) existent et ont été revérifiés. "On peut s'amuser -pour ceux que ça amuse- à faire comme à Stockholm, le 'Millennium Tour', des tours littéraires comme ça", suggère l'auteur. Le livre mérite aussi que le lecteur s'attarde sur la vingtaine d'illustrations paraphées "YB", initiales de ce dessinateur rencontré par Coljon il y a dix ans par l'intermédiaire de Marc Moulin, au moment d'écrire sa biographie, que le musicien touche-à-tout voulait sans photos. Yves Budin, sollicité pour ce nouveau projet grâce au souvenir des traits de sa "New York Lady", a travaillé en toute liberté. "Ca l'a inspiré: la preuve!", se réjouit Thierry Coljon.


Thierry Coljon, "Stromae est mort à New York" (168 pages), éditions Lamiroy, 15 euros. 

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