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Steve Jobs, le culte de la perfection

Publié par MaRichesse.Com sur 5 Octobre 2016, 09:17am

Catégories : #PEOPLE

Steve Jobs, le culte de la perfection

Le patron d'Apple, décédé il y a cinq ans à l'âge de 56 ans, avait guidé son entreprise vers les sommets grâce à une gestion particulièrement stricte de ses équipes.

Steve Jobs, décédé le 5 octobre 2011, avait l'image d'un génie solitaire, toujours à la manœuvre pour les présentations des produits Apple. Adulé pour avoir sauvé son entreprise de la faillite à la fin des années 1990, il a été l'objet d'un véritable culte de son vivant, avec des adeptes, des figurines à son effigie, des sites Internet qui compilaient ses citations et des blogs qui le parodiaient. Des livres, des documentaires et des films lui ont aussi été consacrés.

Loin de l'image de l'entrepreneur solitaire qui l'a accompagné, Steve Jobs était pourtant d'abord un chef d'entreprise qui savait parfaitement s'entourer. «Ce pour quoi je suis le meilleur, c'est trouver un groupe de gens talentueux et fabriquer des choses avec eux», expliquait-il en 1985 au magazine Newsweek, après la sortie du premier Macintosh. «J'engage des gens qui veulent réaliser les meilleures choses au monde», confirmait-il vingt ans plus tard dans un entretien àBusiness Week.

Ces employés - ils sont plus de 40.000 aujourd'hui - lui sont restés pour la plupart fidèles. Parmi la garde rapprochée de Steve Jobs figuraient jusqu'à sa démission du poste de PDG en août 2011 des anciens de NeXT, la société informatique montée après son éviction d'Apple à la fin des années 1980. «Apple fait partie de ces sociétés à laquelle on consacre un investissement quasi religieux», expliquait à l'époque un ancien de la société, aujourd'hui chez Facebook. Comme leur patron, les salariés «estiment sincèrement qu'ils contribuent à changer le monde». 

 

Interventionniste et perfectionniste chez Apple

Travailler avec Steve Jobs n'avait pourtant rien de simple. Sous son ère, le processus de création émanait des plus hautes sphères. Sûr de son fait, le PDG imposait sa vision. Dans les interviews, Jobs citait souvent ce bon mot d'Henry Ford :«Si j'avais demandé à mes clients ce qu'ils attendaient, ils auraient répondu ‘un cheval plus rapide'», et non une voiture. «Ce n'est pas le rôle du client de savoir ce qu'il veut», ironisait-il peu après la présentation de l'iPad.

Déterminé, Steve Jobs perçoit dès le début des années 1980 que l'ordinateur personnel va devenir un bien de grande consommation, quand l'industrie tend encore à imaginer le PC comme un modèle réduit des ordinateurs réservés aux professionnels. Il récupère le projet Macintosh à Jef Raskin, que l'interventionnisme du jeune co-fondateur d'Apple finit par exaspérer. Incontrôlable, Steve Jobs impose ses vues, touche à tout et met ses équipes au secret. Vingt ans plus tard, il appliquera les mêmes recettes lors du développement de l'iPhone.

À chaque fois, Steve Jobs se montre d'un perfectionnisme implacable. Chez Apple, ses proches gardent en mémoire ses sombres colères et ses jugements glaçants. «Nous n'avons pas encore de produit», a-t-il lancé devant 200 personnes lors de la première grande présentation d'un prototype de l'iPhone en 2006, à quelques semaines seulement du lancement du premier téléphone d'Apple. «Il était méthodique et attentif à tout», racontait à l'automne dernier John Sculley, PDG d'Apple dans les années 1980, un des responsables de son éviction à qui il n'a jamais pardonné. 

 

Une université pour transmettre la pensée de Steve Jobs

Pointilleux, Steve Jobs était avant tout un adepte du minimalisme. De retour chez Apple en 1997 après dix ans d'absence, il stoppe la commercialisation du Newton, l'assistant personnel dont l'iPhone est un lointain héritier et renonce aux clones, ces ordinateurs compatibles avec le Mac mais conçus par d'autres fabricants. Apple revient à l'essentiel, les ordinateurs, et réduit ses gammes à quelques produits. «Il faut dire non à un millier de choses pour s'assurer que nous ne faisons pas fausse route ou que nous n'en faisons pas trop», estimait Jobs.

Ce management exigeant fait des ravages parmi les employés et les partenaires d'Apple, contraints de se fondre dans ce moule. «Steve Jobs a mis des personnes mal à l'aise et il en a fait pleurer», a raconté Jean-Louis Gassée, ancien dirigeant d'Apple France, au magazine Fortune. «Mais il avait raison presque à chaque fois, et même lorsqu'il avait tort, il apportait une telle créativité que cela demeurait étonnant. Les démocraties ne font pas de superbes produits. Vous avez besoin pour ça d'un tyran compétent», a-t-il ajouté.

 

 

 

Au fil des ans, ce tempérament a rejailli à tous les niveaux chez Apple. Plus que le culte de sa personne, c'est le culte de la marque que le co-fondateur d'Apple a cherché à entretenir. Avant même le lancement de nouveaux ordinateurs, il accompagne son retour chez Apple d'une campagne publicitaire, «Think Different», qui associait Apple à des figures telles que Gandhi, Einstein et Picasso. Ces publicités, a-t-il admis un jour, étaient autant destinées aux clients d'Apple qu'à ses salariés, pour leur redonner l'amour de leur travail. «Car nous avions perdu de vue ce que nous étions.»

Pour s'assurer qu'Apple lui survive, une université a été ouverte en 2008 au sein du groupe américain afin de former les prochaines générations de dirigeants appelés à lui succéder. Avec cette université, Steve Jobs voulait garantir que son mode de pensée, qui l'a conduit à distancer la concurrence, sera décortiqué, analysé et conservé «pour que les prochaines générations de dirigeants puissent les consulter et s'en faire les interprètes», écrivait à l'époque le magazine Fortune. La mission de Steve Jobs, elle, est réussie. Il laisse derrière lui la société la plus valorisée au monde. 

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