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Quels sont les mots les plus utilisés par Donald Trump et Hillary Clinton?

Publié par MaRichesse.Com sur 9 Octobre 2016, 12:52pm

Catégories : #POLITIQUE, #IMPORTANT, #INFOGRAPHIE

Quels sont les mots les plus utilisés par Donald Trump et Hillary Clinton?

A l'occasion du deuxième débat entre Hillary Clinton et Donald Trump avant l'élection présidentielle en novembre, il est intéressant de lire l'analyse sémantique de leurs discours respectifs, cela révèle un peu plus les positions des deux candidats.

Le 21 juillet, Donald Trump accepte son investiture républicaine pour la présidence des États-Unis, lors du dernier jour de la Convention républicaine à Cleveland dans l'Ohio. Une semaine plus tard, le 28 juillet à Philadelphie, Hillary Clinton accepte l’investiture du Parti démocrate. Soutenus par leur famille et des centaines de milliers de fans, ils écrivent une nouvelle page de l’histoire des États-Unis en déclamant leur discours respectif. Nous avons analysé leurs paroles afin de découvrir les ingrédients de leur communication politique. Cette étude s’intéresse à trois composantes: le vocabulaire, le style et le rythme. 

 

Quels mots? Combien de mots?

Pour évaluer la richesse du vocabulaire des candidats, nous pouvons compter le nombre de mots uniques d’un discours. Commençons par retirer les mots les plus communs de la langue anglaise («the», «a», «of», …), puisqu’ils n’apportent aucune valeur informative. Par ailleurs, nous ne souhaitons pas distinguer les formes conjuguées ou accordées de leurs racines: «leaders» et «leader» doivent être considérés comme un seul et même mot, tout comme «problems» et «problem» (problème, en français), ou encore «be», «are» et «is» (être).

Le discours de Trump est constitué de 13% de mots distincts (965 lemmes, ou racines, pour 7.460 mots). Chaque mot est répété en moyenne 7.7 fois. Clinton, elle, utilise 17% de mots distincts avec une moyenne de six répétitions pour chaque mot. La différence est importante: seuls 480 mots sont nécessaires pour écrire 80% du discours de Trump, tandis qu’il faut 665 mots pour un même résultat avec Clinton. Un écart de 38%.

 

 

L’efficacité d’un discours dépend particulièrement du style de son orateur. Ici, nous souhaitons déterminer les mots favoris des deux candidats. Pour caractériser le vocabulaire «trumpien» et «clintonien», nous cherchons les mots qui sont surreprésentés dans l’un des deux discours comparativement à l’autre. Par exemple, «really» (vraiment, en français) est prononcé quinze fois dans le discours de Trump contre une seule fois dans celui de Clinton. Une façon de déterminer ces mots typiques est de calculerl’odds ratio (rapport des cotes, en français) pour chacun d’entre eux. Ci-dessous nos résultats:

 

La première chose qui saute aux yeux est l’usage quasi-exclusif de mots courts et communs de la part de Trump: «really», «nice» (sympa), «great» (super), «problems» (problèmes). On peut pressentir certaines des préoccupations du candidat républicain: «Mexico», «China» et «Iran». Globalement, les inquiétudes de Trumps semblent se cristalliser autour des enjeux internationaux.

Du côté d’Hillary, le vocabulaire est plus large. Les mots «clintoniens» ont tendance à être moins marqués, son usage du vocabulaire étant plus parcimonieux. Hillary Clinton fait de nombreuses références aux États-Unis (vingt-sept occurrences pour «America»), tandis que son adversaire n’en fait que cinq mentions au total. Le vocabulaire «clintonien» laisse suggérer que ses préoccupations sont d’ordre national. Ses mots les plus fréquents sont «together» (ensemble), «campaign» (campagne) et «hard[working]» (travailler dur). Donald Trump est aussi mentionné à plusieurs reprises dans son discours.

Les observateurs attentifs remarqueront que «Trump» n’apparait pas dans le vocabulaire clintonien. La raison est simple: Donald Trump fait de nombreuses références à lui-même (dix occurrences), mais le fait exclusivement par son nom de famille. La conséquence directe est de faire baisser drastiquement l’odds ratio, le mot n’étant plus l’exclusivité de Clinton. A titre de comparaison, le nom «Clinton» est cité deux fois seulement: une fois dans le discours d’Hillary à propos de son mari et une autre dans le discours de Trump. De plus, le mot «wants» (du verbe vouloir) qui apparaît dans la liste clintonienne est majoritairement utilisé pour critiquer son adversaire («He wants to divide us […]»«He wants us to fear the future and fear each other»). Cela montre clairement que Clinton parle de Trump, et que Trump parle… de lui-même.

Qu’en est-il des mots équitablement employés par les deux candidats? Sans surprise, il s’agit de «job(s)» (emplois), «country» (pays) et «thinking» (pensée). Les deux candidats font aussi de nombreux remerciements, mais de manière bien distincte: Clinton remercie des groupes ou des personnes spécifiques dans un contexte particulier, tandis que Trump remercie la foule lorsqu’elle l’applaudit.

Le tempo

Chaque candidat a son propre tempo, en fonction de son bagage professionnel et oratoire. Un bon début consiste à évaluer le rythme de leur discours: nous pouvons découper chacun en un ensemble de phrases, et chaque phrase en un ensemble de mots. Trump a le discours le plus long avec 625 phrases et 7.460 mots. Clinton compte de son côté 405 phrases et 6.088 mots. Ceci étant dit, bien que l’allocution de Trump contienne 54% plus de phrases que celle de son adversaire, elle n’est que seulement 23% plus longue.

Les phrases de Trump sont en moyenne constituées de douze mots. À noter que 21% de ses phrases sont constituées de seulement cinq ou six mots. Clinton, quant à elle, construit des phrases plus longues avec une moyenne de quinze termes par phrase. La longueur de ses phrases est plus équitablement distribuée, douze mots étant la construction la plus fréquente.

 

Nous voyons une claire différence entre les deux candidats: le rythme de Trump est simpliste, rapide. Celui de Clinton est plus varié et calme. Pourtant, est-ce vraiment là une preuve de sophistication de la part de Clinton? Pas si l’on se réfère au discours d’Obama, à la même période électorale. Le président actuel comptabilise près de vingt-six mots par phrase, ce qui est à peu près l'équivalent de Clinton et Trump combinés. Son vocabulaire est également plus diversifié, et il se répète 24% moins que Clinton, et 42% moins que Trump. Ainsi, bien que le tempo de Clinton soit plus posé et que ses phrases soient plus complexes dans leur structure, son rythme reste tout de même plus proche d’un Trump que d’un Obama.

Le fond des discours

Le traitement naturel du langage n’est pas une science exacte, mais l’analyse nous permet d’apporter un peu de lumière sur la façon dont les discours sont délivrés. Les discours d’investiture ne sont pas suffisamment longs pour être parfaitement représentatifs du langage de chaque candidat, des analyses supplémentaires seraient requises pour extraire des composantes plus précises. Qu’avons-nous appris?

D'abord que Trump pense que tout est «really» «great» et «nice». Clinton parle des États-Unis et de «working» «together» («travailler ensemble»). Trump parle de lui-même, Clinton parle de Trump. Bien que le vocabulaire de cette dernière soit plus varié et que ses phrases soient plus complexes, il semble qu’elle se soit plus ou moins adaptée à la façon de parler de Trump. Le discours d’investiture d’Obama jouit d’un vocabulaire plus riche et de phrases à la structure plus complexe laisse suggérer que Trump a disrupté et simplifié le discours politique national.

Avec la collaboration de Giulio Zucchini. Illustrations: Reputation Squad. 

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