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Pourquoi l'échec est-il si sexy aujourd'hui

Publié par MaRichesse.Com sur 28 Octobre 2016, 20:00pm

Catégories : #FAITSDIVERS, #INSOLITE

Pourquoi l'échec est-il si sexy aujourd'hui

Vous avez raté un examen d'entrée? Jamais fini d'écrire votre thèse? Pas obtenu ce poste dont vous rêviez? Lancé une start-up qui vous a laissé une montagne de dettes sur les bras? N'ayez plus honte d'avoir échoué lamentablement. Parlez-en autour de vous. Vantez-vous.

L'échec est à la mode. C'est ce que proclame le magazine online ze.tt (qui appartient à la même maison d'édition que le sérieux hebdomadaire allemand Die Zeit), en citant l'exemple d'un professeur de psychologie allemand, Johannes Haushofer, qui a mis en ligne il y a quelques mois un «CV of failures» (un CV des échecs), dans lequel il liste minutieusement tous ses échecs professionnels. Il n'était pas le premier à le faire mais sa démarche (sans doute parce qu'il enseigne à la prestigieuse université américaine de Princeton) est devenue virale, entraînant dans son sillage le partage de nombreuses expériences négatives sur les réseaux sociaux.

Cette apologie de l'échec est très américaine, note le magazine, qui cite la fameuse maxime dont se réclament nombre de start-ups outre-Atlantique:

«Try again. Fail again. Fail better.»

«Essayez encore. Echouez encore. Echouez mieux.» Cette mentalité fait son chemin dans le monde des entreprises à travers le monde, où «quelqu'un qui se relève encore et toujours» est souvent considéré comme plus courageux, tenace et décidé que «quelqu'un qui reste assis là où on l'a fait s'asseoir».

La culture de la deuxième chance

En Allemagne, l'entrepreneur Attila von Unruh est l'un des défenseurs de cette vision positive de l'échec: cet entrepreneur qui a multiplié les succès durant sa carrière s'est retrouvé contraint de déposer le bilan il y a quelques années parce qu'un de ses gros clients n'a pas honoré une facture. Après cette dégringolade, il a mis en place un groupe d'entraide baptisé Anonyme Insolvenzer qui est rapidement devenu un réseau d'entrepreneurs à l'échelle du pays. Tirant les leçons de son propre échec, il a créé en 2013 une entreprise de conseil destinée aux entreprises menacées de déposer le bilan. Il considère l'échec comme un formidable levier vers le succès, comme il l'expliquait en 2014 dans une interview au magazine Stern:

«Je pense que cela nous ferait du bien de nous autoriser, ainsi qu'aux autres, de faire plus d'erreurs. Il n'y a pas de culture de la deuxième chance en Allemagne. C'est différent dans les pays anglo-saxons: là-bas, ceux qui investissent dans les start-ups partent du principe que neuf entreprises sur dix échoueront. Ici, c'est le contraire. Ici, rien que la peur d'échouer empêche beaucoup de gens d'essayer quelque chose de nouveau. Il y a de potentiel qui se perd.»

Mais cet encensement de l'échec, loin de pousser les individus à accepter leurs erreurs, à sortir du rang, à relativiser la course au succès dans laquelle ils étaient lancés, n'est bien souvent que l'autre face d'une même médaille, met en garde ze.tt:

«À y regarder de plus près, on se rend compte que l'éloge de l'échec provient du même discours sommant les gens d'être performants que son refoulement gêné. D'un discours selon lequel celui qui ne fait pas parte des meilleurs, des plus victorieux et des plus créatifs est foutu. Car les défaites ne sont reconnues et exposées fièrement que lorsqu'elles sont perçues comme un indicateur d'un succès à venir.»

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