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Conseils, science, sante et bien-être


Pourquoi il faut faire plus attention aux résultats négatifs des études cliniques

Publié par MaRichesse.Com sur 28 Octobre 2016, 17:00pm

Catégories : #SCIENCE, #SANTE-BIEN-ETRE

Pourquoi il faut faire plus attention aux résultats négatifs des études cliniques

Parfois, les étapes les plus importantes de la recherche médicale sont celles qu’on ignore.

En avril, une étude très importante a été publiée en ligne par le New England Journal of Medicine. L’aliskiren, un médicament relativement nouveau, a été ajouté, en Australie, à l’énalapril, un des produits pharmaceutiques les plus courants pour traiter la tension artérielle. L’objectif étant d’abaisser le nombre de défaillances cardiaques chez les patients. Sept mille personnes ont pris part à l’étude. Ce fut un essai clinique important et pertinent. Alors, pourquoi n’en a-t-on jamais entendu parler ?

Bon, le médicament n’a pas marché. Mais cela ne signifie pas que l’étude n’ait pas été un succès. Elle l’a été.

Les patients soumis à ce traitement combiné ont subi davantage d’effets toxiques : une pression sanguine dangereusement basse, des dysfonctionnements rénaux et des niveaux élevés de potassium. Ils décédaient également de façon aussi fréquente qu’auparavant lorsque non soignés, ce qui provoqua, de façon bien compréhensible, la surprise de ceux qui avaient initié l’étude.

Des résultats négatifs, c’est positif

Cela aurait provoqué un choc encore plus grand pour Novartis, la société qui dépensa beaucoup d’argent pour développer l’aliskiren. Mais la surprise a quelque chose de positif, et c’est le but d’un essai clinique bien conçu. Indépendamment de leur issue, les recherches comme celle-là constituent la raison profonde pour laquelle vous pouvez, la plupart du temps, faire confiance à votre médecin quand il vous prescrit un traitement.

Les études cliniques aboutissant à un résultat négatif méritent encore plus d’attention. Leur existence devrait autant guider les autorités de santé que celles qui débouchent sur un constat positif.

L’étude aliskiren d’avril dernier fut un essai clinique dit randomisé et contrôlé. Randomisé parce qu’on a réparti les participants dans chaque groupe de traitement de façon aléatoire ; contrôlé parce qu’ils ont reçu soit le médicament expérimental, soit un placebo. Aucune des personnes qu’ils rencontraient, pas même les médecins traitants, ne pouvait connaître, ni le groupe auquel ils appartenaient, ni le médicament qu’ils prenaient.

« Randomiser » les patients signifie que la seule différence entre eux est la prise du médicament testé. Si bien que, d’après les résultats, vous pouvez dire avec certitude si le médicament a été efficace ou pas.

Il n’y a pas si longtemps, les groupes pharmaceutiques pouvaient enterrer ces études si les résultats n’étaient pas bons. Seuls les essais cliniques positifs étaient publiés, entraînant des biais significatifs quant au bénéfice potentiel de nouveaux médicaments. Tout cela a changé depuis les deux dernières décennies. Les industriels pharmaceutiques ont désormais l’obligation de déclarer à l’avance leurs études importantes. C’est le but de l’essai clinique – et non ses résultats – qui déterminera son éventuelle publication.

Afin qu’elle n’enterre pas les études en cas de résultats négatifs, l’industrie est désormais obligée de déclarer à l’avance les essais qu’elle va réaliser. Shutterstock
 

Malheureusement, les médias non spécialisés ignorent souvent ces essais qualifiés de négatifs et dont les résultats ne modifieront aucune pratique médicale. D’une certaine façon, c’est compréhensible : qui a envie de parler de quelque chose qui renforce un statu quo ? Mais ces résultats sont tout aussi importants que ceux qui changent la donne.

Faute d’un essai clinique parfaitement défini, les prétendus « changeurs de donne » et autres « découvertes » peuvent être tout et n’importe quoi. Pour la plupart, on n’en fait état que dans la phase initiale de leur développement. Ces médicaments peuvent être efficaces – ou pas. La seule façon de le découvrir consiste à les tester convenablement avec un essai clinique randomisé et contrôlé.

Presque tous les médicaments devraient faire l’objet de ce niveau d’examen minutieux, qu’ils soient conventionnels ou alternatifs. Quand cela procède seulement d’un faible degré d’analyse – ou, pis encore, lorsqu’il s’agit de simples opinions colportées –, cela doit être mis en lumière par ceux qui cherchent à prouver leurs travaux.

Une garantie pour le financement des systèmes de santé

La force de l’intégrité de notre système de santé est fondée sous la garantie d’un niveau de soins que justifie tout un corpus de preuves. À la condition d’avoir de bonnes raisons pour financer les traitements disponibles, le système Medicare et le secteur hospitalier peuvent alors être justement soutenus.

Jetez un coup d’œil à quelques-uns de ces traitements que nos impôts subventionnent. Par exemple, l’assurance-maladie rembourse des séances d’acupuncture, alors que si l’on en croit de nombreuses études, elles n’apportent aucun bénéfice sanitaire sinon un effet placebo. De même, le coût d’investigation et de traitement des douleurs non spécifiques du bas du dos augmente chaque année malgré l’absence de preuves en faveur d’interventions chirurgicales invasives.

On vante aussi les injections intraveineuses à hautes doses de vitamine C présentée comme une thérapie anti-cancer, concentrée en un produit unique. Cependant, les seuls essais randomisés et contrôlés jamais effectués pour vérifier cette approche de traitement n’ont pas montré la moindre différence par rapport à un placebo.

Les soins de chiropractie pédiatrique n’ont jamais fait l’objet d’un essai randomisé et contrôlé mais ils restent à la charge de l’assurance-maladie et leur coût se monte en Australie à plus de 1 million de dollars australiens par an.

En 2012, une étude australienne a identifié 156 traitements inefficaces ou dangereux, mais toujours financés au niveau fédéral. Cela souligne une vérité toute simple : nous ignorons les essais cliniques négatifs à nos risques et périls. Davantage d’attention devrait être porté sur l’existence de telles études. Lorsqu’elles sont convenablement définies, elles répondent à des questions vitales sur la façon d’organiser le financement de la santé.

Alors que les résultats peuvent ne pas plaire à ceux qui développent des traitements, cette pratique ne tient aucun compte des millions de patients dans le monde qui ont participé à des essais négatifs. Ils mettent leur intégrité corporelle en jeu au profit de ces questions. Pour le moins, nous leur devons de porter attention aux réponses. 

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