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Nicolas Sarkozy et François Hollande, ou la malédiction de l'histoire

Publié par MaRichesse.Com sur 5 Octobre 2016, 04:55am

Catégories : #POLITIQUE, #FRANCE

Nicolas Sarkozy et François Hollande, ou la malédiction de l'histoire

L'histoire, matière mémorielle et ô combien sensible, semble dorénavant interdite aux politiques. De gauche ou de droite, à chaque fois qu'ils s'en emparent, le discours est aussitôt jugé hypocrite sinon partial, culpabilisant ou approximatif. « Sans doute l'utilisation de l'histoire a-t-elle toujours existé. Afin de conforter leur pouvoir, les rois, les empereurs ou les républiques anciennes développaient déjà une lecture mythifiée du passé ou de l'actualité », écrit avec justesse Jean Sévillia, dans le prologue de sesÉcrits historiques de combat (éditions Perrin). François Hollande, ou le président des commémorations, ne déroge pas à cette règle ancienne. Mais, depuis 2007, une donnée nouvelle est apparue, qui se révèle en réalité être un drame : on ne croit plus nos présidents. À force de s'abîmer dans les plus petites contingences ou futilités, ils en perdent la tension et le mysticisme nécessaires aux convocations du passé national. Quand Hollande rend hommage, tous les 9 juin, aux 99 pendus de Tulle, la nation ne communie pas. Ça sonne presque faux. Parce que c'est lui, Hollande, dont on peine à voir la cohérence et l'imprégnation historique. Ses discours les plus forts, à Douaumont ou au Mont-Valérien, ne sont pas retenus, n'impriment pas, n'entraînent pas, la faute à des événements politiques ou extra politiques qui font douter de sa capacité à réveiller, comme avant lui le général de Gaulle et François Mitterrand, l'âme des « tombés pour la France ». 

 

« Nos ancêtres les Gaulois ! »

Il en va de même pour Nicolas Sarkozy, dont le goût pour certaines périodes de l'histoire paraît pourtant authentique. Seulement, il ne les évoque que pour en faire l'expression d'un vœu électoraliste ou d'une mesure politique destinée à séduire l'électorat le plus à droite. Et bien souvent avec un ton affirmatif que n'auraient osé emprunter Fernand Braudel ou Jacques Bainville. « Nos ancêtres les Gaulois ! » a-t-il clamé récemment lors d'un meeting – avant de revenir sur ses propos – faisant alors fi du caractère multiethnique du pays, réduisant cette ascendance réelle pour certains, symbolique pour d'autres, à un slogan irréfutable. L'historien Éric Roussel s'est penché sur cette impossibilité pour Nicolas Nicolas d'évoquer l'histoire sans créer de remous. « Depuis la fondation de la Ve République, il est probablement le président qui a entretenu avec le passé national les liens les plus distendus », écrit l'historien dansNicolas Sarkozy, de près, de loin (éditions Robert Laffont), un livre-confession dédié à l'ancien chef de l'État.

Sur un chapitre, Roussel analyse avec lucidité ses rapports au passé. Et c'est peu dire que son exploitation du récit national n'est guère approuvée. En 2007, alors qu'il lançait un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale, il avait voulu que la lettre de Guy Moquet soit lue dans tous les établissements scolaires. La gauche avait hurlé à la récupération. Une partie de la droite a estimé que Moquet, avant d'être un résistant, était d'abord un militant communiste. Des professeurs ont regretté le caractère émotionnel de cette lettre peu adaptée à l'étude de cette période. La même année, afin de lutter « contre tous les racismes », Sarkozy a souhaité que les écoliers « parrainent » un enfant juif mort durant la Shoah. Une mesure jugée par Simone Veil « injuste » et « insoutenable ». Rappelons qu'à cette époque, un débat sur les tests ADN pour les migrants déchirait la classe politique. 

 

Le projet avorté de musée de l'Histoire de France

En janvier 2009, l'ancien président a envisagé la création d'un musée de l'Histoire deFrance, dont la mise en œuvre devait être confiée à l'historien Jean-Pierre Rioux, issu de la gauche rocardienne. « Il me semble que cette initiative renforce aussi l'identité qui est la nôtre, l'identité culturelle », déclare le président lors d'un discours à Nîmes. Une annonce qui précéda de peu le lancement d'un grand débat sur l'identité nationale, qui s'avérera, au même titre que le musée d'Histoire nationale, un échec. Nombre de professeurs au Collège de France et d'historiens, parmi lesquels Pierre Nora, ont vivement critiqué ce projet de musée. « La sagesse est d'en rester à une pluralité des musées, lesquels témoignant, chacun à sa façon, de leur vision de l'époque », estime Pierre Nora dans une tribune publiée dans Le Monde . « Nicolas Sarkozy n'aura pas eu de chance avec son projet de redonner vie à l'histoire nationale », explique Éric Roussel, qui inclut dans ce grand projet le discours de Dakar ou la polémique sur La Princesse de Clèves.

Le problème de Sarkozy, selon l'historien, réside dans « sa manière de concevoir sa fonction ». « Après le général de Gaulle, tous les présidents, chacun à leur manière, comprirent ainsi leur rôle, la dimension obligatoirement symbolique de leur charge. Nicolas Sarkozy, pour sa part, eut un autre comportement. Pour lui, le chef de l'État semblait surtout avoir pour responsabilité essentielle de conduire le pays à la manière d'un chef d'entreprise. » 

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