Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


Libre-échange : l'accord entre l'UE et le Canada est enfin signé

Publié par MaRichesse.Com sur 30 Octobre 2016, 23:58pm

Catégories : #EUROPE, #CANADA, #ECONOMIE

Libre-échange : l'accord entre l'UE et le Canada est enfin signé

Les Belges retardaient sa signature depuis plusieurs semaines, après de nombreuses discordes internes et des dizaines de réunions. Finalement, le CETA a été signé ce dimanche.

L'UE et le Canada ont signé ce dimanche à Bruxelles leur traité de libre-échange (CETA), retardé par de vifs désaccords internes belges, un épisode qui rend incertaine l'étape suivante: sa ratification obligatoire par chacun des différents Parlements des pays de l'Union. «Quelle patience!», a lancé le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker au Premier ministre canadien Justin Trudeau à son arrivée peu après midi au siège du Conseil de l'UE.

«Les choses difficiles sont difficiles, mais on a pu réussir», lui a répondu Trudeau. «Bien joué!», a-t-il aussi dit au président du Conseil Donald Tusk. A l'extérieur du bâtiment, quelques dizaines de manifestants scandaient des slogans hostiles au CETA, et brandissaient des pancartes. La signature aurait pu encore être davantage retardée: ce matin, le vol du Premier ministre canadien a été retardée d'une heure et demi en raison d'un problème d'avion technique au départ d'Ottawa!

Le CETA, qui vise essentiellement à supprimer les droits de douane avec un pays ami, représentant 1,6% de ses importations et 2,0% de ses exportations, a fait face ces derniers jours à un emballement politique et une dramatisation des enjeux entourant sa signature. Tout est parti de Belgique, plus précisément d'une de ses régions, la Wallonie francophone (3,6 millions d'habitants), dont le Parlement a refusé d'approuver le CETA, comme l'y autorise la Constitution. Faute de consensus belge, impossible d'obtenir un accord pour l'UE, qui a vu sa crédibilité entamée. Si «l'Europe est incapable de signer une entente commerciale progressiste avec un pays comme le Canada, avec qui l'Europe pense-t-elle faire affaires dans les années à venir?», a tancé Justin Trudeau.

Des craintes sur le secteur agricole

Devenus porte-voix des opposants au CETA, les Wallons redoutaient les conséquences du traité sur leur agriculture. Ils s'inquiétaient surtout de la possibilité laissée à une multinationale d'attaquer un Etat qui adopterait une politique publique contraire à ses intérêts. Pas question de laisser un tribunal privé arbitrer ces différends, ont répété les anti-CETA wallons, exigeant des garanties, sans quoi ils n'accorderaient pas leur blanc-seing au gouvernement fédéral belge. La lenteur des «concertations» a entraîné l'annulation d'un premier sommet avec le Canada prévu jeudi à Bruxelles.

Un accord de compromis belge est finalement tombé jeudi à la mi-journée, quelques pages, qui seront amendées au traité. Un «CETA corrigé (...) plus juste que l'ancien CETA», s'est targué le chef du gouvernement wallon, le socialiste Paul Magnette. Pas de chamboulement, en réalité: des déclarations réitérant des dispositions déjà incluses dans le traité, des avancées sur le mode de nomination des juges du tribunal d'arbitrage, et l'annonce par la Belgique qu'elle demandera à la Cour de justice de l'UE (CJUE) de vérifier la conformité de ce tribunal avec le droit européen.

«Rien n'est simple en Belgique, mais peu de choses sont impossibles», a résumé samedi avec ironie le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, soulagé. Sitôt l'accord «intrabelge» conclu, il n'a fallu que quelques heures à l'UE vendredi pour obtenir le feu vert des 27 autres Etats membres, puis organiser ce nouveau sommet. Après la cérémonie de signature, le traité devra être ratifié par les Parlements européen et canadien avant d'entrer en application partielle et provisoire. L'UE fera alors face à une autre montagne: sa nécessaire ratification par les différents Parlements nationaux et régionaux de ses Etats membres, afin qu'il devienne définitif. Une tâche qui, à la lumière du psychodrame belge, s'annonce délicate.

La campagne de promotion a déjà débuté: le CETA est «un accord moderne et progressiste, ouvrant la porte à de nouvelles opportunités, tout en protégeant les intérêts importants», a plaidé Robert Fico, le Premier ministre slovaque, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE. «Il a le potentiel de définir la voie à suivre pour les futurs accords commerciaux», a-t-il relevé, alors qu'un autre accord transatlantique, bien plus ambitieux mais encore plus contesté, le TTIP (ou Tafta), est négocié avec les Etats-Unis. Un autre casse-tête. 

 Source

Commenter cet article

Archives