Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


Les «surprises d'octobre» qui font basculer l'élection américaine

Publié par MaRichesse.Com sur 31 Octobre 2016, 18:39pm

Catégories : #POLITIQUE, #ETATS-UNIS

Les «surprises d'octobre» qui font basculer l'élection américaine

On se demandait si l'on en aurait bien une. Finalement, on en a eu deux. Deux«surprises d'octobre». Entre la vidéo de Donald Trump qui parlait d'«attraper les femmes par la chatte», et la révélation par le patron du FBI que l'agence fédérale allait prendre de nouvelles mesures dans l'enquête sur les e-mails d'Hillary Clinton, les médias américains s'en sont donnés à cœur joie avec l'expression. Celle-ci désigne un événement qui surgit à quelques jours de l'élection et qui serait en mesure d'en faire changer le résultat.

La «surprise d'octobre», résume USA Today, ce peut être un scandale sexuel, une catastrophe naturelle, des arrestations, une guerre, la paix, une prise d'otages qui tarde à se résoudre... faites votre choix. Le terme, né à la fin du XXe siècle, s'applique à des élections qui remontent jusqu'à l'élection de 1800 qui opposait John Adams à Thomas Jefferson, son ancien vice-président. Alexander Hamilton, l'un des pères fondateurs avait alors flingué John Adams dans une lettre de 54 pages, «dans laquelle ce Fédéraliste [courant auquel appartenait également Adams] avait démoli Adams, l'appelant “l'ennemi” et indiquant qu'il avait un “tempérament ingouvernable”».

Plus proche de nous, l'annonce du président Lyndon Johnson sur l'arrêt des bombardements sur le Nord-Vietnam et le commencement de discussions pour un accord de paix est plus souvent présentée comme la première surprise d'octobre. Comme nous le racontions en 2012, cette décision est «interprétée comme un coup de pouce à son vice-président Hubert Humphrey, qui perdra finalement face à Richard Nixon».

«Même histoire quatre ans plus tard, lors de l’élection qui oppose Nixon au démocrate George McGovern. Le 26 octobre 1972, sept jours avant le scrutin, le conseiller à la Défense nationale Henry Kissinger annonce que “la paix est à portée de main”. Nixon écrase sans surprise McGovern et les accords de Paris, qui mettent fin à la guerre du Vietnam, sont signés le 27 janvier 1973.»

 

La surprise qui n'en est pas une 

 

Huit ans plus tard, c'est une «surprise d'octobre» qui n'arrivera jamais quand Jimmy Carter ne réussit pas à faire libérer les otages américains, en Iran (prisonniers depuis près d'un an), nouvelle preuve de sa«faiblesse». Pendant des mois,rappelle FiveThirtyEight, Reagan avait prévenu que Carter essaierait de faire de leur libération sa surprise d'octobre. Mais finalement, les discussions avec l'Iran ne vont pas au bout, Carter n'a pas sa surprise et Reagan est facilement élu. Le jour de son inauguration, les otages sont libérés.

En 2000, la «surprise d'octobre» a lieu en novembre, et aurait bien pu coûter la présidence à George W. Bush, si l'on en croit son fidèle conseiller Karl Rove, qui estime qu'elle lui a fait perdre deux points. Dans cette élection serrée, on apprend le 2 novembre, à cinq jours de l'élection que George W. Bush (un chrétien born again, largement soutenu par les chrétiens évangéliques) avait été arrêté pour conduite en état d'ivresse en 1976. Bush perdra finalement le vote populaire, mais l'emportera grâce au collège électoral.

Quatre ans plus tard, c'est une vidéo d'Oussama Ben Laden, diffusée par al-Jazeera, le 29 octobre qui coûte à John Kerry la présidence si l'on en croit le candidat démocrate –pas vraiment si l'on en croit les expertsLe chef d'al-Qaïda prévient alors que la sécurité des Américains «n'est pas entre les mains de Kerry, Bush, ou d'al-Qaïda. Elle est entre [leurs] mains»«L'apparition de l'épouvantail du terrorisme» est censé avoir renforcé un peu plus George W. Bush déjà en tête dans les sondages. Le président républicain est confortablement réélu.

Barack Obama et ses deux coups de pouce?

Barack Obama aura lui aussi bénéficié de deux «surprises d'octobre». En 2008, tout d'abord, avec l'effondrement des marchés financiers au début du mois d'octobre, et le fait que l'économie (entre la chute de Lehman Brothers et le renflouement à 700 milliards) a fini de plomber la campagne de John McCain, qui était déjà à la traîne.

En 2012, ensuite, avec l'ouragan Sandy qui a dévasté la côte Est du pays. USA Today souligne que cela a permis à Obama «d'endosser le costume présidentiel pendant qu'il gérait l'urgence, et il a eu un coup de pouce bipartisan de la part du gouverneur républicain du New Jersey, Chris Christie, qui travaillait avec lui, au lendemain du désastre». Reste que si beaucoup assurent qu'Obama doit sa réélection à Sandy, il faut se souvenir que le président américain avait déjà fait son retard et avait également réalisé de meilleurs résultats que prévus lors de l'élection, ce qui indique que les sondages s'était trompés et donnaient alors sans doute trop de voix à Mitt Romney.

Pour vous montrer l'influence que peut avoir cet évènement dans la culture politique populaire, la série The West Wing s'était inventé sa propre «october surprise» dans sa septième et ultime saison.

Peu d'influence

Plus généralement, contrairement à ce que l'on pourrait penser, ces surprises de fin d'élection n'ont qu'une faible influence sur les sondages (de un à deux points en moyenne), et donc sur le résultat d'une élection.

«Ce n'est pas une analyse exhaustive, souligne FiveThirtyEight, qui s'est intéressé à l'influence six de ses «surprises d'octobre» sur les sondages, mais elle montre que ces informations de dernière minute ont un impact limité. Plus un choc externe a lieu tard dans une campagne, plus les électeurs ont déjà fait leur choix, et plus les avis sont déjà faits sur les candidats. En d'autres mots, les surprises d'octobre ont moins d'impact simplement parce qu'elles ont lieu en octobre.»

De là à dire que la course sera forcément promise à Hillary Clinton, le 8 novembre, il y a un gouffre que le site spécialisé dans l'analyse des sondages ne semble vraiment pas décidé à franchir. Si Clinton compte actuellement un peu plus de cinq points d'avance sur le plan national et domine le collège électoral, il y a toujours une chance que les sondages se trompent, ou qu'un autre événement se produise d'ici le 8 novembre.

 Source

Commenter cet article

Archives